INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS OPÉRATOIRES
J'ai établi dans un premier chapitre par les données anatomo-pathologiques, qu'il était permis dans un nombre considérable de cas d'entreprendre avec chance de succès l'extirpation des néoplasmes vésicaux ; dans un deuxième chapitre j'ai démontré qu^l était possible d'arriver au diagnostic de semblables lésions; il convient maintenant de faire connaître les résultats généraux des opérations pratiquées jusqu'ici, et de déduire de leur considération les indications et les contre-indice^tions générales de l'intervention chirurgicale dans les néoplasmes de la vessie.
A. Résultats généraux des opérations pratiquées jusqu ici. — Je ne m'occupe pas pour le moment des résultats obtenus par telle ou telle opération ; je ne fais pas non plus de distinction ni de l'âge, ni du sexe des malades, pas plus que de la nature de la tumeur, je juge Tensemble des faits, les détails viendront ensuite.
J'ai rassemblé 35 opérations de néoplasmes vésicaux chez rhomme et 37 opérations chez la femme, soit un total de 72 faits. Sur ces 72 faits, je note 45 guérisons, 27 morts.
Cette proportion est toute en faveur de l'intervention.
mais il convient de s'entendre sur ce mot guérison, qui signifie, dans l'espèce, non pas que le malade a été pour jamais débarrassé de son affection, mais simplement qu'il n'a pas succombé aux suites de l'opération. Il en est ici comme des tumeurs récidivantes des autres régions, les bienfaits de l'intervention se jugent non par la disparition définitive de la maladie, mais par la sui'vie qui en est la conséquence.
Or, en analysant les 45 cas de prétendue guérison, on voit que dans 26 cas cette guérison est simplement mentionnée sans aucune indication de la durée de la survie des opérés, dans les 19 cas qui restent on trouve que la guérison se maintenait parfaite.
3 fois 1 mois après ropération.
2 — 1 an
1 — 15 mois —
4 — 2 ans — 1 — 5 — —
2 fois la guérison sedable définitive.
On peut objecter aux avantages de cette prolongation plus ou moins longue de la vie des opérés, que l'évolution des néoplasmes vésicaux est essentiellement lente et que l'existence des malades n'aurait sans doute pas été abrégée en l'absence de toute intervention ; mais il est facile de voir par la lecture des observations que dans la très grande majorité des cas on n'est intervenu que sous la pression d'accidents graves, menaçant la vie à courte échéance (hématuries abondantes et répétées), en rendant l'existence absolument insupportable (douleurs intolérables, cystal-
giee), A part de très rares exceptions, les diverses opérations mises en usage ont eu toutes pour heureux résultat de faire cesser les hémorrhagies et les douleurs et de rendre supportables les dernières semaines et les derniers mois de la vie des malades. La rectotomie et la colotomie dans U cancer du rectum, conseillées par les membres de la So* ciété de chirurgie, ont-elles d'autres effets?
La part de succès, qui revient à chacune des opérations pratiquées, sera indiquée an chapitre suivant, traitant des diverses méthodes opératoires. Mais je ne veux pas quitter ce qui a trait aux résultats généraux de l'intervention chi-< rurgicale, sans sign£^ler l'influence du sexe et de l'à^e.
Sur 35 opérations pratiquées chez l'homme, je note 19 guérisons et 16 décès; sur 37 opérations faites chez la femme, je relève 26 guérisons et 11 morts. La mortalité est donc bien moins "considérable dans le sexe féminin que dans le sexe masculin. Un autre fait non moins intéressant se dégage du dépouillement des observations. C'est qu'au nombre des 19 malades qui ont été suivis et chez lesquels la guérison s'est maintenue plusieurs mois et même plusieurs années, on trouve une bien plus longue survie chez les femmes que chez les hommes.
C'est ce qu'indique le tableau suivant :
t>wrée de la gu^ison des maladed opérés de néoplasmes v^içctuoti pat les
diverses méthodes^ dans les deux sexes»
Malades hommes. i Malades femmeâ.
1 moisi
1 guérison définitive»
1 mois.
1 an (2 malades).
2 ans (4 malades)^ 5 ^
Tous ceâ malades allaient bien et ne prélseUtAS^t auir
CUQ9 trace de récidive aux époquas aigaalé^S} et il y a tout lieu de croire qu'un certaio nombre ont été définitivement guéris.
On a pratiqué l'extirpation de tumeurs vésicales à tous les âges de la vie» Du dépouillement des observations, il résulte que la mortalité de semblables opérations est bien moindre dans la période moyenne de la vie qu'à ses deux extrémités. En effet, dans 59 cas oti l'âge e$t indiqué, je trouve que sur 5 malades opérés au-dessous de 5 ans aucun n'a guéri ; sur 14 malades opérés au-dessus de 60 ans, 6 se sont rétablis et 8 sont morts ; des 38 malades opérés entre 10 et 50 ans, 24 ont guéri et 14 ont succombé. Dans ce groupe de 38 malades, on voit que la léthalité croît avec Tâgé, puisqu'il n'est pas mentionné un seul décès de 10 â 20 ans ; de 20 à 30 ans on en relève 1; de 30 à 40 ans, 3, Voici, d'ailleurs, un tableau permettant d'embrasser d'un seul coup d'œil ces résultats statistiques :
5 opérés de moins de 5 ans ont donné 5 morts. 3 opérés de 10 à 20 ans 3 guérisons.
uc éé\f a. «jvr CIU9 • •
de 30 à 40 ans . .
de 40 à 50 ans . .
de 50 à 60 ans..
de 60 à 70 ans..
4 guérisons.
1 mort.
5 guérisons»
3 morts.
8 guérisons,
4 morts.
4 guérisons.
6 morts.
6 guérisons.
8 morts.