OBSERVATION IT
Ankylose à angle droit ducoude droit datant de 9 semaines. Luæation latérale ducoude avec fracture de l'épitrachlée
interposée entre lolécrane et la trochlée. — Impotence fonctionnelle complète. - Résection temporaire de l'olé-
crane. — Guérison. — (SPRENGEL, — Centralblait fur Chirurgie 1883).
Bruno Albani, 11 ans, tomba, 9 semaines avant son entrée dans notre hôpital (11 avril 1883), d’une marche assez élevée, et fut trouvé sans connaissance, couché sur le bras droit. Donc rien de connu sur la façon dont s’est produite la lésion. Le bras fut mis dans un appareil à angle droit, attitude qu’il a gardé depuis ce temps. Impotence fonctionnelle complète.
A l'examen, chez cet enfant en excellente santé d'ailleurs, on constate ce qui suit. Le bras droit est dans une immobilité eomplète et dans une position intermédiaire à la pronation et à la supination. Toute recherche de mobilisation est extrêmement douloureuse ; toute la région articulaire est légèrement tuméfiée, aucun épanchement. Sous le chloroforme que je donnai pour faire un examen plus approfondi, je trouvai la supination possible dans presque toute son étendue ; on sentait également la rotation de la tête du radius se faire en bonne place, de même l’épicondyle paraît être à sa place. L'épitrochlée semble manquer complètement. |
La fixation de l'articulation à angle droit esten partie dépendante d’adhérences articulaires. Si on les rompt par une extension forcée, on constate les deux faits suivants :
1°) l'olécrâne est mobile latéralement au niveau de la surface articulaire de l’humérus ; .
2) l’olécrane dans une flexion exagérée se couche dans la trochlée. Dans l’extension forcée au contraire il se relève et larticulation est tellement écartée qu’on peut introduire la pulpe du doigt entre l’olécrane et le condyle interne. Dans cette position on trouve entre l’olécrane et la trochlée une partie osseuse qui n'existe pas normalement.
D'après tout ceci, je coneluais que j'avais à faire à une luxation latérale primitive du coude et qu'il y avait, en même temps, interposition de l’épitrochlée entre l’olécrâne et la trochlée.
. Gomme il yavait impotence fonctionnelle totale, il me parut justifié d'ouvrir l'articulation pour chércher à extraire ce fragment osseux. Le cas me parut fait idéalement pour l'opération de Trendelenburg-Volker puisque d’un côté il s’agit d’une articulation saine et que d’autre part.cette opération me parut être la meilleure pour pernrettre un examen détaillé de l’articulation sans danger aucun pour son fonctionnement ultérieur.
Pour l’opération, je me conformais sciupuleusement aux indications de Volker. Je fis au milieu du bras une incision en forme d’L partant du côté externe, presque de la pointe de l’olécrane et descendant jusqu'à la tête du radius, allantde là, en- biais, par dessus l’olécrane pour remonter ensuite jusqu’au niveau du point de départ. L’incision de chaque côté pénètre dans l'articulation le long de l’olécrane.
Après avoir fait tirer légèrementà moïieten dehors l’olécrane, je trouvai entre lui et latrochlée, et fortement adhérent à cette dernière, le fragment de l’épitrochlée. (Je pus constater plus tard qu’il s'agissaiten effet de l’épitrochlée en trouvant ultérieurement le point rugueux de fracture.) Je libérai les adhérences ayec‘des ciseaux et une pince et je pus l’extraire non sans quelques difficultés. Si tous les mouvements articulaires étaient redevenus possibles, je me fus contenté de ce résultat, et j'eus considéré l'opération comme terminée, mais je me ren-
dis compte que les mouvements articulaires, bien quesensiblement améliorés, n'étaient pas encore tout à fait normaux. Je dus donc achever l’opération typique ce qui n'offre plus du reste aucune difficulté.
Après avoir scié en travers l’olécrane, je pus voir toute la surface articulaire et je trouvai aussitôt qu'il s'était introduit entre la trochlée et l’apophyse coronoïde des portions de la partie antérieure de la capsule et que d’autres petites portions de cette capsule, qui avaientsuivi l’épitrochlée arrachée, descendaient sur la trochlée. J’extirpai totalement les premières, en en grande partie après avoir fait fortement écarter les surfaces articulaires avec des écarteurset je repoussailesautres portions à leur place. Les mouvements articulaires furent dès lors parfaits. Je suturai les deux parties de l’olécrane avec deux forts catguts, je fermaila plaie cutanée après drainage, et fixai le bras dans la rectitude.
Les suites furent simples ; pansement au sublimé ; pas de température. On fit le premier pansement au 7° jour pour enlever les fils et les drains, le deuxième au 25 juin. À part une petite granulation située à la place d’un drain et qui se cicatrisa rapidement, la plaie était complètement fermée. Le bras fut mis en supination dans un appareil, et neuf jours après dans un appareil silicaté articulé dans lequel, aussitôt sec ,on ammença les mouvements passifs, possibles dans une assez grande étendue.
Six jours après, le malade quitte l'hôpital, tout en restant en surveillance à la policlinique, avec recommandation de faire fréquemment des mouvements actifs et passifs, et de s’exercer à faire l'extension forcée, encore assez difficile, à l’aide de poids. Quatre semaines après, l'appareil futenlevé et on recommanda a u malade de se servir de son bras autant que possible. :
À notre dernier examen (95 juillet), je trouvai une supination et une pronation parfaites, la flexion et l’extension actives de 750 à 1400, la passive de 60 à 1600. Donc, déjà maintenant