ET RE
nous avons obtenu une mobilité presque normale, résultat qu'on doit évidemment considérer comme très favorable, laissant espérer dans la suite un résultat parfait. Dès maintenant, le malade peut se servir de son bras pour accomplir tous les mouvements nécessaires.
ARTHROTOMIE
Les incisions, employées pour ouvrir l'articulation par l’arthrotomie simple, sont en très grand nombre; elles ont été pratiquées, pourrions nous dire, sur tous les points où elles pouvaient l’être, mais nous devons aussi reconnaître que bien souvent c'était la Iuxation ellemême qui commandait la place, la direction et la forme de lincision. M. J. Wolff, à la réunion libre des chirurgiens de Berlin, proposait même, en 1895, un nouveau procédé opératoire consistant essentiellement dans la simple section des brides osseuses ou fibreuses qui s’opposent aux mouvements, sans toucher aux surfaces articulaires proprement dites. Toutes ces sections devaient être faites dans la plaie ouverte, au fur et à mesure que les mouvements imprimés à l’articulation faisaient reconnaitre les obstacles. D’après ce procédé, on devrait donc ouvrir articulation au point où cela semble nécessaire et se donner du jour lorsqu'il est utile. Ce procédé ne peut être employé que pour la simple section des brides fibreuses et non, par exémple, dans des cas comme ceux de M. Doyen, que nous verrons plus loin, cas dans lesquels l'articulation était encroûtée de cartilages qu’il a fallu enlever à la rugine et au bistouri. Oril est souvent bien difficile de dire si l’ankylose est simplment produite
par des brides fibreuses, ou s'ily a encroûtement de cartilages, et par conséquent, en suivant le conseil du chirurgien de Berlin, on s'expose à agir quelque peu aveuglément et à faire des incisions qui pourront être non seulement inutiles mais même nuisibles. Du reste, sur les six cas d’ankylose que relate J. Wolff, il n’a eu que trois succès complets, üne amélioration et dans les deux autres cas l'opération n'eut aucun effet.
Il est cependant des cas où il faudra se laisser quelque peu guider parles phénomènes qui pourront accompagner la luxation, et l'observation de Sprengel, observation que nous reproduisons plus loin, en est un exemple frappant, Dans ce cas l’ankylase du coude était accompagnée d’une parésie des muscles innervés par le radial, et Sprengel put croire, ayec raison, que cette parésie était due à une. lésion du nerf au niveau où il passe en avant de l’articulation. Aussi erut-il hien agir en attaquant lajointure par sa partie antérieure. Pour ce faire, il pratiqua une incision sur le bord antérieur du long supinateur et décou-
vrit le nerf radial en suivant le hord interne du muscle. Le nerf ne présentait aucune lésion apparente, et pour arriver sur l’articulation, Sprengel fit rejeter en dehors le nerf et le muscle, mettant ainsi à découvert la portion: antérieure de la capsule.
Quoiqu'il en soit, nous eroyons qu’il vaut mieux, en régle générale, faire choix d’une incision qu'on pourra à la rigueur modifier si éela semble absolument nécessaire, mais qu’il ne faut pas de partie délibéré s'en remettre aux seuls obstacles qui pourront se présenter pour guider le bistouri dans telle ou telle direction.
La première fois que fut pratiquée l’arthrotomie, Blum-
A pre
hardtattaqua l'articulation par une double incision latérale, pratique qui fut reprise depuis par Nicoladini et M. le professeur Ollier. Dans le cas de Blumhardt, il s’agissaitd’une fracture du condyleexterne qui, une fois enlevé, permit facilement la réduction dela luxation, sans que l’on fut obligé de pratiquer une section tendineuse ou musculaire quelconque. L’articulation que Nicoladini attaqua par cettemême incision sur les deux côtés, était encroutée de tissu fibreux dur et résistant, et on futobligé de sectionner d’un côtéles parties molles et de Pautre les muscles fléchisseurs, pour arriver à extraire ces tissus de néoformation. Ajoutons encore que les incisions avaient chacune une longueur de 16 centimètres. Dans l’autre observation de Nicoladini, l'articulation fut encore ouverte par deux incisions latérales pour extraire des fragments de l’épitrochlée et du condyle externe, et le triceps dût être sectionné par une incision longitudinale pour rompre les adhérences existant entre lolécrane et lhumérus. De même, M. le professeur Ollier, pratiqua au niveau des tubérosités humérales deux incisions de 5 à 6 centimètres et fut obligé de sectionner en partie le tendon du triceps et son aponévrose pour arriver à rompre les adhérences et à réduire la luxation. j
Ce procédé de double incision latérale a, à notre avis, l'inconvénient de ne pas permettre un écartement suffisant de l’articulation rendu souvent nécessaire par l’ancienneté de la lésion, et de plus il est assez difficile de pouvoir, par ces incisions, examiner les surfaces articulaires dans toute leur étendue.
Une incision latérale unique fut pratiquée par von Lesser. Dans le cas particulier, l’incision fut pratiquée