‹ De l'intervention chirurgicale dans les ankyloses du coude consécutives à des traumatismesChapitre 23 sur 47 · DT TRE · texte numérisé non relu

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les tissus fibreux entre l’épitrochlée et l’olécrane. On peut aussi le chercher plus haut et l’isoler de haut en bas par une dissection minutieuse.

Pour mettre à nu l'articulation, j’isolai jusqu’en haut de lincision verticale le tendon du triceps et le muscle lui-même, et je fis unesection très oblique commençanten haut à la partie de la plaie qui se trouve à ma gauche, pour finir en bas à ma droite, sur le côté de l’olécrane. Le lambeau inférieur du tendon du triceps fut détaché et rabattu en bas. Il suffit alors de sectionner latéralement tous les liens fibreux de l'articulation. L'aide qui tient le brasexécute un mouvement de flexion forcée et l'on coupe peu à peu le reste des brides fibreuses. L’articulation se trouve largement ouverte. Les ligaments latéraux sont entièrement sectionnés, moins leur prolongementantérieur vers l’apophyse coronoïde.

La réduction tentée ainsi à ciel ouvert était encore impossible. Je me rendis compte que les tissus fibreux qui se trouvaient en avant des os s’opposaient au rétablissement des rapports normaux. Un épais ligament unissait, au-dessous du bachial antérieur, l’humérus au cubitus, et dut être sectionné à petits coups, et les os mobilisés entièrement, laissèrent voir la totalité des surfaces articulaires.

C’est alors que je remarquai les désordres énormes de cette luxation de quatre mois. La cupule du radius, comme déjà je l'avais entrevu au cours de l’opération, était complètement cachée par une gangue fibreuse qui l’unissait étroitement au cubitus. La grande cavité sigmoïde était oblitérée par ce même tissu fibreux ainsi que les cavités olécranienne et coronoïde de l'humérus. Armé d’un court bistouri et d’une rugine courbe bien affilée, je détachai d'abord, par une incision circulaire, le plateau de tissu fibreux qui voilait la cupule du radius, en ayant soin de ménager le ligament annulaire de l'articulation radio-cubhitale supérieure. Je mis ainsi à nu la cupule radiale dont l'aspect se trouvait normal. Je fis de même, en prenant soin de ménager

lescartilages articulaires, le curage de la grande cavité sigmoïde du cubitus et des parties latérales de l’olécrane. L’extrémité inférieure de l’humérus fut à son tour débarrassée, avec la pince à griffes et les ciseaux courbes, des tissus fibreux exubérents qui nulle part n’adhéraient au cartilage articulaire. Dès lors, la réduction fut aisée. La grande cavité sigmoïde du cubitus embrassait étroitement la trochlée, etleradius reprenaitses rapports avec le condyle huméral.

Mais les mouvements de flexion et d'extension restaient encore limités, Je dus décoller avec la rugine droite les tissus fibreux cicatriciels qui s’inséraient en avant et en arrière sur le pourtour des cavités sigmoïde et olécranienne au point de reflexion de la synoviale. Tous ces tissus fibreux étaient incrustés de petites concrétions osseuses.

‘Les mouvements furent alors aussi satisfaisants que du côté sain. Les ligaments latéraux furent suturés avec soin par de gros fils de catgut. Les deux extrémités du tendon du triceps, obliquement sectionnées, furent réunies. Il n’y avait eu au cours de l’opération, qui fut pratiquée avec le secours de la bande d'Esmarch, aucun écoulement de sang appréciable

L'opération proprement dite avait duré 30 minutes. Trois drains d’os décalcifiés furent placés l’un en avant du cubitus, les deux autres sur les côtés de l’olécrane. Les incisions cutanées furent réunies au crin de Florence. Le pansement fait avec de la poudre d'iodoforme, de la ouate au subliméet une feuille de gutta percha laminée. Le tout était terminé en moins de 45 minutes. J’avais pris soin d’immobiliser le coude en appliquant directement sur la peau une étroite gouttière platrée

entouréede gutta percha et de gaze au sublimé, préparée la veille de l'opération.

Le pansement fut levé 16 jours après. Trois simples bourgeons rouges, exhubérants marquaient lorifice primitif des drains entièrement disparus.

Le vingtième jour, la malade fut endormie. Les mouve-

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ments pratiqués avec précaution écaient très satisfaisants. L'articulation fut peu à peu mobilisée. On électrisa les muscles déjà passablement atrophiés. Malheureusement cette enfant, fort craintive, avait voulu retourner chez elle et je ne poss la voir aussi souvent que je le désirais.

J'ai l'honneur de présenter cette opérée devant MM. lesmembres du Congrès de Chirurgie. La peau est complètement mobile sur les parties sous-jacentes, sans présenter en aucun point la moindre dépression ou adhérence profonde. Les mouvements sont très remarquables, puisqu'ils se font sansle moindre frottement articulaire et que leur étendue est de 100°. Les mouvements du membre sain ont une étendue de 125° à 1300. L'extension à gauche est moins parfaite que la flexion. Et je ne doute pas que ce résultat, définitifaujourd'hui, neuf mois après l’opération, n’eûùt été un peu meilleur encore si la jeune personne, d’un tempérament lymphatique et craintive à l'excès, eùt mis, pour le rétablissement des fonctions du membre, un peu plus du sien. Elle vous avouera, en effet, que dans l'intervalle des jours où je la voyais, parfois durant toute une semaine, elle portait précieusement son bras en écharpe, tout en m us qu’elle le faisait mouvoir sans cesse.

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