‹ De l'intervention chirurgicale dans les ankyloses du coude consécutives à des traumatismesChapitre 46 sur 47 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L'idée d’une intervention chirurgicale dans l’ankylose du coude à la suite des traumatismes est relativement récente. Les différents procédés employés aujourd’hui sont devenus plus utiles surtout depuis que les progrès de l’antisepsie ont permis aux chirurgiens de devenir plus audacieux.

L’ankylose du coude est souvent rebelleaux méthodes de réduction non sanglante. Lorsqu'on aura constaté l’insuccès de ces moyens, il faudra chercher quelle intervention sanglante sera la plus utile s’il n’existe aucune contre-indication à cette intervention.

Les contre-indications à une intervention sanglante sont : la vieillesse, l’état d’affaiblissement et de cachexie du sujet, la première enfance, les attaques répétées de rkumatisme, la trop grande ancienneté de l’ankylose entrainant l’atrophie musculaire.

Les indications formelles sont : l’âge du sujet, la position de l’ankylose, les ankyloses doubles. L'âge adulte, c’est-à-dire de 15 à 25 ans, est la période la plus favorable pour le succès de l'intervention.

On peut, dans un certain nombre de cas discuter l’utilité de l'intervention sanglante. Ce sera alors au chirur-

gien d'examiner si son malade tirera profit de son intervention ou s’ilvaut mieux pour jui ne pas courir Les risques d’une opération.

On devra toujours tenter, avant toute intervention sanglante, la réduction de la luxation sous chloroforme par les. méthodes ordinaires mais sans insister trop longtemps.

De toutes les interventions sanglantes que nous avons étudiées, deux seulement doivent, à notre avis, être conservées : l’arthrotomie et la résection.

À l’arthrotomie sont réservées les ankyloses récentes produites par le simple déplacement des surfaces articulaires ; lesankyloses produites parla présence d’un ostéophyte ou par un simple jetée osseuse ; les ankyloses dûes à la fracture d’une petite saillie osseuse articulaire ; les ankyloses produites par un encroûtement cartilagineux des surfaces articulaires.

On devra s’adressér à la résection lorsque l’ankylose sera produite par un traumatisme ayant amené un grand désordre de l'articulation, lorsque la luxation très ancienne aura produit une déformation complète des surfaces articulaires, ou lorsqu'il y aura une soudure osseuse complète ; dans tous les cas en un mot dans lesquels les surfaces articulaires primitives ne pourront plus être utilisées.

Dans tous les cas douteux, nous croyons qu’il faut commencer par Parthrotomie mais en faisant une incision telle qu’elle pourra servir à la résection si l'on constate que l’arthrotomie ne peut donner aucun résultat.

Dans tousles cas, ilfaudra toujours se souvenir queles soins consécutifs sont d’une extrême importance et que le succès dépend surtout de plusieurs facteurs importants qui sont : une antisepsie rigoureuse, un pansement bien fait, une mobilisation précoce, plus précoce à la suite de la résection qu'après l’arthrotomie, enfin une médication propre à faire recouvrer à l'articulation toute l'amplitude de ses mouvements et aux muscles toute leur force primitive.

Vu le Doyen :

P. BROUARDEL. Vule président de la thèse, TILLAUX.

Vu et permis d'imprimer, Le Vice-recteur de l'Académie de Paris,

Page 1