‹ De l'intervention chirurgicale dans les ankyloses du coude consécutives à des traumatismesChapitre 9 sur 47 · OBSERVATION Î · texte numérisé non relu

OBSERVATION Î

Ankylose à angle obtus du coude gauche datant de 8 semaines. — Luæation enarrière des os de l'avantbras avec fracture d'une partie du condyle interne. — Impotence fonclionnelle presque Complète. — Résection temporaire de l’'olécrane. — Guérison: — (TRENDELENBURG. -— Centralbialt fur chirurgie, 1880) (1).

Louise Range, âgée de 15 ans, s'était fait, huit semaines avant son admission à la clinique, uné luxation complète des os de l’avant-bras consécutive à une chute sur la main gauche l'avant bras allongé. Malgré quatre essais de réduction (trois fois sous le chloroforme), la réduction n’eut pas lieu. Il s’agissait d’une luxätion en arrière, mais, en outre, ôn constatait derrière et sur la tête duradius, au niveau &e l’interligne articulaire, une protubérancé osseuse anormale, de la grosseur d’un pois ou d'un haricot. L’articulation était fixée dans uné position intermédiaire à l'extension complète et à la flexion à angle droit, sans aucun mouvement actif et avec des mouvements passifs extrêmement restreints. Les mouvements actifs - de la main et des doigts étaient peu marqués, et la sensation tactile diminuée sans doute par suite de la pression de l’épiphyse humérale sur le nerf médiau. Comme plusieurs téntatives énergiques de réduction avaientété faites et comme jé n’a- Vais jamais vu réduire de semblables luxations trois semäines après l'accident, jé né fis aucune tentative de réduction qui ñe pouvait être que nocive par l'opération ultérieure.

(1) Nous devons la traduction de ces observations à notre bon ami M. le Docteur Hauser ; nous lui en adressons ici tous nos remmerciements,

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Voici quel fut mon procédéopératoire. A la partie postérieure de l'articulation, je fis une incision convexe allant de l’épicondyle à l’épitrochlée à travers la peau et le tissu adipeux ; je détachai mon lambeau du triceps et de l’olécrane et je le rabattis. Je séparai les parties molles à la partie interne de l’olécrane ainsi que le périoste, et j'incisai la capsule articulaire. En deux ou trois coups de ciseau, je détachai l’olécrane du cubitus et je fendis toute la capsule. [articulation était ainsi entièrement ouverte dans toute son étendue, et après avoir encore mobilisé latéralement l’olécrane et l’avoir attiré en haut, je pus, en pliant l’avant-bras, voir très facilement la cupule radiale, l’apophyse coronoïde avec la partie antérieure de la cavité sigmoïde, et plus en arrière l'extrémité articulaire de lhumérus. Les cartilages interarticulaires étaient intacts. Au niveau de l'articulation de la tête radiale, je trouvai le petit fragment osseux provenant du condyle interne et j'en fis l’extraction. En tirant légèrement sur la main, l’avant-bras fortement fléchi, on put, sans grande difficulté, ramener l’apophyse coronoïde et la tête radiale en avant de la tête bumérale, de telle sorte que la luxation était réduite. Il ne me restait plus, après avoir enlevé la bande d'Esmarch, qu’à faire trois ligatures pour arrêter l’hémorrhagie, à suturer l’olécrane ramené en bas et à fermer l'articulation. Comme la suture de l’olécrâne n’était possible, à cause de la rigidité du triceps, que le bras étendu, mon assistant ramena: doucement le bras dans l’extension en ayant bien soin que la luxation ne se reproduise.Je fis ensuite, aumoyen du perforateur, deux trous à travers l’olécrane et le cubitus et deux sutures osseuses. Je me servis de fil d'acier car les fils d'argent que je voulais employer me parurent trop fragiles. Je rabattis mon lambeau par dessus l’olécrane et fis une suture avec la soie. Au niveau de l’épicondyle et de l’épitrochlée je plaçai un petit drain. Nous primes naturellement toutes les mesures antiseptiques. Je ne fis pas usage du pulvérisateur, mais avant et après la réduction et enfin avant

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