‹ De l'intervention chirurgicale dans les peritonites tuberculeuses generalisees et localiseesChapitre 1 sur 56 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Il y a quatre ans environ qu’un ancien élève de l’Ecole lyonnaise, M. le docteur Truc, aujourd’hui agrégé à la Faculté de Montpellier, consacrait dans sa thèse d’agrégation, sur le traitement chirurgical des 'péritonites, quelques pages à l’étude de l’intervention dans les péritonites tuberculeuses ; c’était pour ainsi dire la première fois que la question était abordée de front.

Les quelques observations qu’il rapporte étaient en effet dues au hasard, et c’est à peine si leurs auteurs avaient d’aborà songé à les publier, dans la conviction qu’ils étaient d’avoir fait, en même temps qu’une erreur de diagnostic, une faute chirurgicale. Et cependant dans quelques cas, l’évènement vint détruire leurs appréhensions en apparence légitimes. Le cas de Spencer Wells, désormais historique, est le premier en date, puis viennent diverses observations de Naumann, Schmidt, Wade, Launois,

Kœnig, Jacobi, Létiévant ; bref, onze opérations, dont neuf suivies de succès, constituent le bilan de la thèse de Truc ; c’est à la connaissance de cette statistique minuscule que se réduisait l’état de la science, en 1886. Si peu nombreux fussent-ils, ces faits n’en étaient pas moins fort encourageants ; et en eflet, dès lors, les observations se sont multipliées avec une rapidité surprenante, nous allions dire effrayante. C’est dans les revues médicales d’Allemagne, d’Angleterre et d’Amérique qu’il faut chercher l’histoire de la vogue toujours croissante de la laparotomie dans la péritonite tuberculeuse. En France, on attendit de connaître quelques résultats éloignés; MM. Tèdenat, Démons, Monod, Terrillon, les premiers, se lancèrent dans la voie tracée par leurs confrères d’Outre-Rhin. Cependant, aucun travail d’ensemble n’avait paru en France avant l’excellente thèse de Maurange (Paris, 1889), à laquelle nous renvoyons pour la plus grande partie de la bibliographie antérieure à cette date. Cette thèse contient l’analyse des soixante-et-onze observations connues en juillet 1889, et fournit tous les éléments d’une discussion approfondie. Depuis un an, toutefois, la question a fait plus de progrès qu’elle n’en avait fait dans les trois années précédentes ; et n’y eût-il même rien eu de nouveau à l’étranger et dans le reste de la France, que notre travail ne serait pas inutile, s’il n’avait d’autre résultat que de faire connaître ce qui a été fait à Lyon.

Nous nous proposons donc, dans cette étude, après avoir rappelé sommairement ce qui a été publié

avant nous, de rapporter les faits dont nous avons été , témoin, de comparer les résultats obtenus avec ceux que l’on a déjà fait connaître, et de voir s’ils concordent en tous points. Et ici, pour le dire immédiatement, le chapitre du manuel opératoire n’aura pour nous qu’une importance secondaire ; celui des indications et des contre-indications de l’intervention dominera toute cette étude.

S’il nous est permis d’aboutir à des conclusions nettes, ce n’est certes pas à notre faible expérience que nous en sommes redevable, mais aux conseils éclairés de notre maître, M. le professeur Poncet, qui nous a fait l’honneur d’accepter la présidence de notre thèse. C’est à lui que revient l’idée première de ce travail, c’est à lui qu’appartiennent la plupart des observations originales que nous publions; qu’il nous permette de lui dédier ce modeste travail, comme faible témoignage de notre reconnaissance pour la bienveillance qu’il nous a prodiguée pendant tout le cours de nos études, soit à l’hôpital, pendant l’année où nous avons eu l’honneur d’être sou interne, soit à la Faculté, au laboratoire de médecine opératoire, où il a bien voulu que nous remplissions les fonctions de préparateur.

M. le professeur agrégé Ghandelux, à propos de notre chapitre relatif aux pelvipéritonites tuberculeuses, a mis à notre disposition ses importants documents ; il nous a communiqué les résultats de son expérience journalière, et nous a aidé de ses indications et de ses <ionseils ; qu’il veuille bien recevoir ici tous nos remerciements.

M. le professeur Bondet, duraut tout le cours de nos études, nous a aidé de ses conseils, nous a accueilli toujours avec la plus grande bienveillance ; il nous a permis de rechercher, parmi ses observations, celles qui nous intéressaient pour ce travail; enfin, il nous a fait l’honneur de vouloir bien faire partie du jury de notre thèse; nous le prions d’agréer l’expression de notre respectueuse reconnaissance.

M, le docteur Bard, agrégé, médecin des hôpitaux, en nous permettant d’utiliser les nombreux documents anatomiques et cliniques de sa superbe collection d’observations recueillies à l’hôpital Saint- Pothin, a témoigné une fois de plus son obligeance à notre égard; il nous avait admis autrefois à l’honneur de signer avec lui un mémoire fait dans le laboratoire d’anatomie pathologique, dont M. le professeur R. Tripier et lui nous avaient généreusement ouvert les portes. Tous deux ont droit à notre gratitude.

M. le professeur Lépine, M. le professeur Teissier, M. le docteur Bouveret ; nos anciens maîtres, MM. les docteurs Perret et Vinay ; notre ancien collègue d’internat, M. Mouisset, médecin des hôpitaux ; M. le docteur Rabot, médecin des hôpitaux, ont bien voulu, soit nous faire part de leur haute expérience clinique, soit nous communiquer des observations intéressantes ; nous les en remercions sincèrement.

Nous avons mis largement à contribution l’inépuisable obligeance de nos collègues d’internat,

MM. Rivière, Audry, Doyen, Giirtillet, en demandant aux uns des observations intéressantes, aux autres, des relations d’autopsie. MM. Gourmont et Dor, par leurs connaissances bactériologiques ; MM. Dor et Fayard, par leur science des langues vivantes ; M. Bret, par sa compétence en histologie, nous ont rendu de précieux services. La dette de reconnaissance que nous avons ainsi contractée envers tous ces anciens collègues n’a fait qu’accroître à leur égard notre amitié et notre estime.

it/'’-;'

Page 1