‹ De l'intervention chirurgicale dans les peritonites tuberculeuses generalisees et localiseesChapitre 10 sur 56 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

0’C.\Li,.\GHAN (Traduction inédite).

James G.... 15 ans, entre à l’infirmerie du comté de Carlow le 7 juin 1888. Pas d’antécédents héréditaires ; ses

(1) O'Callaghan. The treatment of Tubercular Peritonitis by abdominal Section and Flushing and without Drainage, in Dublin medical Journal, vol. LXXXVII, 1889.

parents sont tous vivants, sauf sa mère qui mourut d’une fièvre. Aspect du malade : émaciation générale, faciès pâle, cercle noir autour des yeux, avec une rougeur brillante des pommettes. Respiration précipitée. Abdomen très distendu, mais symétrique. Coliques sourdes, avec alternatives de rémission et d’exacerbation, mais continuelles, nuit et jour. Douleur à la pression plus ou moins vive. Appétit nul. Il pouvait seulement prendre une petite quantité de liquide qu’il vomissait fréquemment. Constipation. Ûrine peu abondante. Peau sèche et rude. Début de l’affection : il y a un mois, à la suite d’un coup de tête qu’un enfant lui aurait donné dans la région stomacale, en jouant à foot-ball.

lime fut envoyé comme un cas d’ascite d’origine hépatique et, à ce moment, pensant que cela pouvait être, je le traitai pour une maladie de foie ; badigeonnages iodés matin et soir. Cependant la maladie faisait des progrès, et la diarrhée survint. Tenant compte des particularités du cas, de l’âge du patient, de l’état des principaux organes, je décidai, dans la première semaine de son entrée, que c’était une péritonite tuberculeuse, et que la seule chance de salut était une intervention opératoire. Ace diagnostic, un premier médecin donna son approbation, il eut l’obligeance de faire l’anesthésie (éther).

Le pouls était à 98°, faible, filiforme ; la température variait de 100“ à 101° F.

J’ouvris l’abdomen sur la ligne médiane, à égale distance entre le pubis et l’ombilic, faisant une ouverture suffisante pour admettre mon doigt. 11 s’écoula rapidement un gallon au plus de liquide lactescent, séro-purulent ; péritoine couvert de petits nodules miliaires. En introduisant mon index dans chaque direction, je trouvai le même état des organes. Avec quelques petites difficultés dues aux adhérences, je développai une portion de mésentère qui me parut analogue à du frai de poisson ou à l’intérieur d’une figue. Je lavai la cavité péritonéale avec de l'eau chaude, jusqu’à ce que le liquide, d’abord sanguinolent, ressortit clair. Alors, tournant l’enfant

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sur le côté, j’évacuai ce liquide le mieux possible. Je plaçai deux points de suture. Je couvris l’enfant avec de la laine, et on le mit au lit.

A l’exception d’une légère élévation de température le troisième jour, avec mauvais état général et tympanisme, dont un traitement approprié eut rapidement raison, la guérison a progressé d’une façon ininterrompue. La troisième semaine il était debout, et avait déjà l’énorme appétit qu’il possède encore.

Vous avez vu l’autre soir qu’il n’y avait plus de traces de la maladie passée, et il est maintenant capable d’aller rejoindre son frère en Australie.

En France, plusieurs chirurgiens opèrent des péritonites tuberculeuses, et la thèse de Maurange n’est pas le seul travail d’ensemble sur la question. Au Congrès de chirurgie, tenu à Paris le iO octobre 1889, le traitement chirurgical de la péritonite est à l’ordre du jour, et à la suite de plusieurs communications sur l’intervention dans les péritonites septique, puerpérale, traumatique, etc., la parole est donnée au professeur Démosthène, de Bucharest, qui présente sur ce sujet une étude d’une importance capitale et que nous devons analyser avec quelques détails.

L’identité structurale des séreuses pulmonaire et péritonéale nous impose, d’après Démosthène, à peu près la même conduite dans le traitement des pleurésies et des péritonites purulentes, de nature tuberculeuse ou septique.

Il croit devoir distinguer trois formes de péritonite tuberculeuse purulente, d’après les cas qu’il a observés.

1” Péritonite générale miliaire : granulations miliaires sur tout le péritoine, sans dépôt, ni fausses membranes, sans adhérences, accompagnées seulement d’un exsudât ascitique, séreux, très abondant, devenant facilement séro-purulent, puis purulent, et se reproduisant après évacuation, très i-apidement. Suffocation imminente ; pas de phénomènes pulmonaires. L’amaigrissement, la pâleur, les troubles digestifs, un léger mouvement fébrile persistant, indiquent un état morbide général à marche lente et chronique.

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