OBSERVATION XIV
Güiimuuiiqiiée par Démosthèxe, de Buchaicst, au Congrès fiançai.s de chirurgie, 1889.
(Résumé).
Péritonite puiiilente tuberculeuse, enkystée dans la légion hypogastrique gauche. — Laparotomie. — Perforation intestinale et fislule stercorale consécutive durant sept jours. — Lavages au sublimé coriosif, à l’acide phénique, au naphtol. — Drainage. - Bacilles de Koch dans les crachats. Inoculation intra péritonéale chez le cobaye suivie de granulie viscérale. — Guérison.
Constantin Alexandrü, soldat du contingent de I88H, entré le Vi mars, pour péritonite purulente.
Père mort de la pelagre, mère d’affection indéterminée. Pas d’antécédents collatéraux. 16 février, douleurs de ventre; jusqu’au 12 mars, T, R. matin entre 36® et 37”; soir, entre 37®, 4 et 38. Le 13 mars, amaigrissement, ballonnement douloureux du ventre. Respiration rude et quelques râles muqueux au sommet droit. Du 14 mars au 3 avril, intermittence des ’oideurs abdominales, exacerbation fébrile vespérale.
4 avril. — T. matin 37® ; soii’,39®. Exagération des douleurs, surtout à gauche. Pnndi<m avec la seringue de Pravaz, du côté gauche de l’iiypogastro, ïamène du pus jaunâtre, peu consistant.
5 avril. — Laparotomie médiane de 9®'" descendant à 3®'" de la symi)hyse; péritoine ti ès vascular isé, épaissi, adhérent aux anses intestinales. Après la [iremicre ouverture, il ne sort rien. Une ponction exploratriceà gauche amène du pus, alors on insinue le doigt enti’e deux anses intestinales, et on donne issue à 200 gr. de pus inodore, jaune- grisâtre. Poche purulente occupe la plus gi’ande partie de l’hjpogastre gauche. Une petite perforatum intestinale s’était produite au cours de l’opération, on ne peut la retrouver ; aussi fait-on des lavages abondants avec l’eau distillée chaude, puis avec du sublimé à 1/2000. Double drain ; points desuture sur le péritoine. lodoforme en poudi’e sur la plaie. Pansement stérilisé. Laveruents d’hydrate de chloral. T. R. soir, 40®. Pouls 94.
1 1 avril, on enlève les sutures qui ont tenu jusqu’au 12 avril ; matièt;es fécales dans le pansement, pas de fièvre. Pansement deux fois par jour. Du 13 au 18 avril, bon état général. Pansement tous les jours. — 23 avril, abcès à l’anus. — Mai et juin. — Le malade va bien, sauf quelques incidents. Une fistule persiste jusqu’au commencement d'aoi'it. Les crachats qui contiennent des bacilles le 14 mai, n’en contiennent plus le 9 avril.
Le 25 août, on congédie le malade guéri, après avoir de nouveau innoculé un cobaye, avec le peu de pus que l’on a pu extraire sur un stylet difficilement introduit dans le très petit pertuis fistuleux, long de 6 millimètres, qui en reste.
Nécroj^sie du premier cobaye inoculé le 21 juin. — 21 juillet, nombreuses granulalions tuberculeuses sur le foie; deux sur le péritoine stomacal ; de nombreuses sur la rate ; ganglions mésentériques tuméfiés. Poumons indemnes.
Nécï'opsie du second cobaye inoculé après la guérison avec du pus pris dans le perluis fistuleux . Poids au moment de l’inoculation (22 août), 380 gr.; le jour où l’animal est sacrifié^ 385 gr. Cobaye bien portant, vif, au poil luisant,
23 septembre (33 jours après inoculation), autopsie. Les deux poumons sont un peu anémiés, quelques granulations et quelques tubercules caséeux. Péritoine légèrement liypérémié; sur la surface convexe du foie, cinq groupes de petites granulations blanc-griscàtres. Rate farcie de granulations miliaires. Reins et ganglions mésentériques indemnes. Ganglions inguinaux gauches tuméfiés.
Au cours de la discussion cfui suivit la communication de Démosthène, Démons rappelle s’es observations personnelles, déjà parues dans la thèse de Maurange; pour lui, dans la majorité des cas de péritonite tuberculeuse, le traitement chirurgical est vraiment efficace, sans qu’il soit nécessaire de faire l’ablation des produits néoplasiques.
Labbé dit qu’il a opéré des péritonites tuberculeuses (Obs. XV, XVI, XVII, XVIII), 3 fois à la suite d'une erreur de diagnostic ; dans deux de ces cas, il croyait à un kyste de l’ovaire ; deux ou trois ans après, ces malades se portaient bien. Chez ses deux autres opérées, il y avait une intlammalion chroni([ue du péritoine, et huit à dix litres de liquide. Chez Tune d’elles, il y avait coïncidence d’un petit kyste avec un épanchement péritonitique purulent; la malade était une jeune fille de 20 ans, dont les
viscères aldominaux étaient l efoiilés on avant, et séparés par un diaphragme de fausses nombranes de l’épanchement purulent profond. Cdiez ces deux dernières malades, dont la surface péritonéale était recouverte de multiples fausses membranes, il fit des lavages étendus, et un tamponnement avec de la charpie, disposée en queue de cerf-volant.
Enfin llrun et Routier communiquent chacun une observation ; mais l’observation do Brun a trait à une péritonite sus-ombilicale aiguë, comme le reconnaît l’auteur lui-même; voici la seconde ;