OBSERVATION XIII
Communiquée par Démosthène au Congrès français de Chirurgie (18S9)
(Résumé)
Péritonite purulente tuberc uleuse, primitivement enkystée dans la région ombilicale droite. — Laparotomie. — Lavages antiseptiques (au sublimé, à l’acide phonique, au naphtol) - Drainage. — Pansement à riodoforiTu'. - Bacilles de Koch dans les crachats. — Inoculation du pus chez L; cobaye, suivie de résultats positifs. — Persistance d’un trajet fistuleux . - Marche progressive de l'infection générale et apparition d’autres foyers purulents dans le j)éritoine. — Mort 75 jours après l’opération.
Stan Dumitru, soldat du contingent de 1887, entré à l’hôpital central de l’armée de Bucharosl, le 4 mai 1880.
Pas d’antécédents héréditaires. A lui-même des antécédents paludéens. Trompette dans l’armée ; attribue à ce service le mal de poitrine avec hémoptysies pour lequel il a fait un séjour de doux mois à l’hôpital. En mars 1889, frissons, chaleur, douleurs abdominales; entré le 21 avril (en médecine), traité par des compresses froides et la décoction de Sydenham. T. R. 37°5, 38*9, sauf le soir du 27 avril, où elle a atteint 40*.
Etat présent. — Le 4 mai, passe en chirurgie. Voussure et empâtement douloureux du côté droit du ventre. Inappétence,
submatité et respiration rude au sommet gauche ; craquements au sommet droit. T. R. matin 37"3, soir 38°5. Pouls faible, 82 matin, 90 soir.
5 mai. — T. R. matin 37" 5, soir 39“ 3. Pouls, matin 84 ; soir 93..
6 mai. — Ponction exploratrice, au-dessus et à droite de l’ombilic, ramène pus blanc, jaunâtre et consistant.
7 mai. — Laparotomie : Extraction d’une demi-seringue de pus que I on injecte immédiatement dans la cavité péritonéale d’un lapin. — Incision de 8 centimètres à deux Iraversde doigt à droite de l’ombilic et parallèlement à la ligne blanche. Péritoine épais, rougeâtre; adhérence des anses intestinales, sans granulations. Après avoir introduit le doigt entre deux anses, issue de 500 grammes de pus, d'une poche contenant des flocons et des détr itus que l’on évacue par un lavage à l’eau distillée tiède, puis â l’acide phénique chaud à 2 pour
Drain de la grosseur de l’index. Sutures profondes et superficielles. On saupoudre la plaie d’iodoforme. Pansement ouaté stérilisé.
T. R. 38". Pouls petit 80. Douleurs abdominales.
8 mai. — T. R. matin 37" 5, soir, 37*9.
Du 9 au 13 mai, fréquentes élévations vespérales de la température. On change le pansement presque tous les jours. Toux, expectoration bacilaire, sueurs nocturnes.
9 juin. — Etat fébrile, plaie fongueuse.
21 juin. — On inocule du pus de la fistule à un cobaye.
Du 22 juin au 13 juillet. — Diarrhée, sueurs nocturnes, amaigrissement, consomption fébrile, vomissements, abdomen météorisé et douloureux du côté gauche. Le malade meurt dans le marasme le 20 juillet.
Nècropsie du sujet. Liquide séro-purulent jaune verdâtre dans le péritoine qui est épaissi; une couche de pus crémeux recouvre les intestins. Circonvolutions intestinales englobées en une seule masse avec le péritoine, le foie et la rate. Au dessus de la rate, loge fermée contenant 500 grammes d’un
|ius épais. Les anses intestinales restent béantes après leur incision. Quelques exulcérations intestinales. Fistule fongueuse. Ganglions mésentériques caséeux. Granulations miliaires dans le foie, les reins et à la surface de la rate. Nombreux tubercules pulmonaires.
JSècropsie du lapin. — Un mois après l’inoculation, l’animal, qui s’était toujours bien porté, ne présente aucune lésion tuberculeuse.
Nécropsie du cobaye. — Un mois après l’inoculation, l'affimal se portait bien et avait même engraissé. En le sacrifiant, trente-un jours après l’inoculation, nous trouvons des granulations miliaires dans la rate et le foie. Les ganglions mésentériques sont un peu grossis. Les poumons paraissent indemnes.
Il s'agit d’une forme ulcéreuse suppurée, à point de départ probablement intestinal ; nous savons que c’est dans cette forme que s’observent le plus souvent les lésions de l’intestin. Iln’j^ avait pas de granulations, les inoculations ont néanmoins été positives.
3“ Péritonite purulente enkystée, simple variété de la précédente, ainsi que le montre l’observation.