‹ De l'intervention chirurgicale dans les peritonites tuberculeuses generalisees et localiseesChapitre 16 sur 56 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

(Schmidt)

(Traduction inédite.)

A. R..., 16 ans, fille de paysans. Un frère mort de méningite tuberculeuse. En été 1887, entérite chronique, amaigrissement, coliques, syncopes.

A la fin d’octobre, apparition d’ascite.

Opération le 13 novembre ; il s’écoule un liquide clair, libre dans la cavité péritonéale; quelques noyaux caséeux du volume d’un haricot dans l’épiploon. Du côté du cœur, quelques exsudais fibrineux.

Le péritoine pariétal est rugueux, inégal, et renferme d’innombrables petites granulations.

Après l’opération, bronchite. Au mois de décembre seulement, elle peut se relever.

Au mois de janvier, la malade n’allait ni mieux ni plus mal qu’avant l’opération.

Huile de ricin. Créosote.

A la fin de février, grande faiblesse.

A la fin de mars, hydropisie des jambes ; mort le 31 mars.

La conclusion à tirer de ces faits, d’après Schmidt, c'est que « nous ne sommes pas encore capables de (( guérir la péritonite tuberculeuse, et qu’on ne peut « établir aucune comparaison entre un chirurgien « qui résèque une articulation tuberculeuse et enlève « du mémo coup tous les foyers malades, et celui « qui ouvre un ventre, ofne peut rien enlever d.

Vierordt (1) comme conclusion d’une intéressante

(1) Vierordt, Tuberculose der Seroseii Haüten, in Zeitschrift für klin. Med. 1889.

étude sur la tuberculose des séreuses, dit, à propos du pronostic et du traitement de ces affections que « dans la plus grande partie des cas opérés, im- « rnédiatement après la laparotomie suivie d’évacua- « tion de la plus grande partie de l’exsudât, il s’est « produit une amélioration, voire même un rétablis- « sement complet, que la fièvre préexistante dispa- (( rut aussitôt, et que même fréquemment la conva- « lescence et la guérison suivirent sans être trou-

<( blées Puisque la laparotomie avec évacuation

« simple de l’ascito, est connue pour être, avec les (( précautions nécessaires, une opération excessive- « ment peu dangereuse, je crois qu’il peut être bien (( réellement indiqué de traiter par l’intervention (( chirurgicale les cas correspondants, où l’on admet K une tuberculose du péritoine ou éventuellement « dos membranes séreuses. »

Dans une discussion à la Société médicale de Berlin, le même auteur (1) affirme de nouveau son opinion, en déclarant que « la laparotomie donne sou- « vent de l’amélioration, rarement de la récidive,

« presque jamais elle n’occasionne par elle-même la

« mort Une tuberculose légère des poumons ou

« dos appareils génitaux ne contre-indique pas l’o- « pération, mais c’est le contraire pour celle des « intestins. Des épancbements enkj^stés ou des cas « avec occlusion intestinale exigent l’opération,

« autrement il faut préférer une méthode expecta- « tive. »

(1) ViERORDT, in Berliner hlinische Wochenschrift, p. 905, 14 octobre 89.

Au cours de la discussion qui suit cette communication. Pribram conseille vivement puisque les cas indiqués peuvent guérir d’eux-mèmes, de différer le plus possible l’opération.

Kiissmaul se rallie à cette opinion, en s’appuyant sur quelques cas qu’il a personnellement observés, dans lesquels la maladie, bien que parvenue déjà à un degré très avancé, s’est complètement résolue. Pour cela, il faut un repos absolu au lit, un air pur, une alimentation convenable.

Vierordt répond que les résolutions franches dont il vient d’être parlé, n’ontgénéralement qu’une durée de trois ans environ, tandis que l’on sait que les gynécologistes ont obtenu des guérisons maintenues pendant dix ans après la laparotomie ....

Nous espérions trouverdans Baginsky(l)une étude de la question, exprimant sur ce point l’opinion des (( cliniciens internes » ; malheureusement ce chapitre est fort écourté ; après quelques mots sur le régime et la diététique, cet auteur dit simplement que les cas paraissent évoluer assez favorablement après la laparotomie et le lavage.

Si nous revenons aux publications chirurgicales, nous trouvons dans la Deufscher meclic. Wochenschrift, un travail de Lohlein, de Giessen ; ses résultats sont inférieurs à ceux des chirurgiens précédents, ainsi qu’on en jugera à la lecture des observations.

,1) Bagixsry, Lehrbnch fur Kinderkraiihheiteri, BetVin, 1889.

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