‹ De L'Intervention Chirurgicale Dans Les Tumeurs De La Dure-MèreChapitre 15 sur 35 · CR ONE · texte numérisé non relu

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rer l'attention du clinicien. Il en est de même de l'élévation locale de la température qui est très inconstante et ne peut renseigner, tant que les symptômes de compression n'apparaissent pas.

Ceux-ci sont eux-mêmes inconstants et fort variables. Tantôt le sujet éprouvera de la somnolence, fuyant la lumière et le bruit, tantôt il aura des étourdissements, des vertiges ou même des syncopes ; enfin dans certains cas, apparaîtront les vomissements auxquels on a cherché en vain à donner des caractères spéciaux, ce sont des vomissements qui apparaissent sans douleurs ni efforts, comme tous les vomissements ayant pour origine une tumeur cérébrale.

Tout au plus ces symptômes pourront-ils mettre sur la voie du diagnostic, en faisant soupçonner de la compression cérébrale. Mais la lésion cérébrale elle-même ne deviendra probable que lorsque apparaîtront des symptômes de localisation cérébrale : monoplégies, contractures, épilepsie jacksonnienne, etc.

Ce n’est qu’alors qu'on pourra penser à une tumeur intra-crànienne. Les symptômes de localisation observés permettront parfois d'en préciser le siège. |

En un mot, tant que la tumeur reste intra-crànienue, on ne peut être mis sur la voie du diagnostic que si des phénomènes de compression cérébrale et de localisation surviennent simultanément. C'est pourquoi, nous ne croyons pas devoir nous arrêter plus longtemps sur les signes fournis, à cette première période de l’évolution du néoplasme.

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Nous rappellerons toutefois l'importance que peut avoir pour le diagnostie, le signal, symplôme de Seguin.

En effet, c'est au début des accidents que les symptômes sont pour ainsi dire schématisés et que le diagnostic du siège de lalésion peut être fait. Dans la suite, le symplôme dominant peut être obscurci et perdu au milieu des symptômes survenus accessoirement. Enfin, on doit chercher à établir si la lésion est centrale ou corticale, l'intervention n'étant possible que dans ce dernier cas,

D'après Seguin, on peut se baser sur lés règles suivantes sans y attacher une confiance absolue.

Lésion corticale ou épicorticale. — Signes : spasme

clonique localisé, attaques épileptiformes débutant par des convulsions localisées et suivies de paralysies,

présence de douleur locale et de sensibilité à la pres-

sion, température plus élevée.

Lésion subcorticale. — Paralysie locale ou de Ja moitié du corps, suivie de convulsions, prédominance de convulsions toniques, peu de céphalalgie, pas de sensibilité à la pression, température locale normale.

Jusqu'à quel point ces signes peuvent-ils éclairer le diagnostic d'une tumeur perforante du crâne ? C’est ce que nous ne pouvons établir.

Il est un symplôme qui serait exposé à avoir la plus

grande valeur s'il nétait exposé à passer inaperçu."

Je veux parler de la sensation de parchemin froissé

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que l’on peut éprouver en pressant avec le doigt sur l'endroit du crâne qui correspond à la tumeur, lorsque celle-ci a amené la raréfaction du tissu osseux et la disparition de la table interne. Cette sensation serait fournie par la table externe de l'os qui céderait sous la pression du doigt.

C'est du moins l'explication donnée dans les traités classiques de pathologie externe. Nous ferons remarquer qu'elle n'est pas toujours exacte.

« Par exemple chez le malade de M. Delagénière

(obs. n° 19) cette sorte de crépitation. parcheminée « existait tout autour de la partie émergeante de la « tumeur, et cependant l'ouverture crânienne était : « complète, et dans aucun point l'os ne paraissait « réduit à sa table externe. Il était assurément taillé « en biseau aux dépens de la table interne, mais nulle « part, la table externenétait isolée et disposée de « façon à produire le bruit de parchemin mentionné « ci-dessus. Au contraire, les pourtours de l'orifice crà- « nien présentaient une raréfaction considérable du « tissu osseux qui se trouvait réduit à une sorte de « tissu aréolaire à très larges alvéoles. Ces alvéoles « étaient friables, se fracturaient sous la pression du « doigt en donnant une sorte de crépitation analogue à « la crépitation signalée par les auteurs. »

Ce bruitparcheminé, quelle que soit sa nature,devra être recherché avec soin, lorsque des symptômes de

compression cérébrale et des signes de localisation

attireront l'attention du chirurgien. Si on le rencontre on pourra affirmer presque à coup sûr l'existence, d'un néoplasme perforant et poser immédiatement l'indication d'une trépanation.

Si la tumeur s'est déjà fait jour au dehors du crâne, le bruit parcheminé devra se rechercher encore à la base de la tumeur, et dans ce cas, il deviendra un indice précieux pour le diagnostic de la tumeur observée, Celle-ci présentera de son côté quelques particularités importantes. Elle évoluera peu à peu au dehors, mais paraîtra augmenter rapidement de volume; sa forme, sa consistance, sont variables.

Tantôt arrondie, ovale, ou bosselée, elle peut paraitre dure, ou au contraire molle, ou même presque fluctuante. Elle adhère aux os du crâne et aux téguments ; on peut parfois la réduire en la comprimant lorsque l'orifice crânien par où elle est sortie est suffisamment large. Cette réduction de la tumeur peut amener des accidents de compression cérébrale, ou bien passer inaperçue ; parfois mêmé, elle peut faire cesser immédiatement des douleurs névralgiques dont la tumeur peut être le siège.

Cette tumeur présente deux ordres de battements, les uns isochromes aux battements du cœur, les autres aux mouvements respiratoires ; ces phénomènes n'ont rien de fixe, ils peuvent manquer l'un ou l’autre, ou même la tumeur peut ne présenter aucun battement,

. sans doute quand elle est peu volumineuse et fait

saillie hors du crâne par un orifice très étroit. Chez le malade de M. Delagénière atteint de sarcome angiolithique les deux ordres de battements existaient ; mais les battements artériels l'emportaient sur les battements respiratoires. |

Ceux-ci se présentaient sous forme d'expansion de la tumeur, très manifeste lorsqu'on appliquait dessus la paume de la main. Quant aux battements artériels, ils étaient très appréciables à la vue aussi bien qu'au toucher, La tumeur ressemblait à un anévrysme doué de pulsations intrinsèques et de pulsations communiquées par les artères du cuir chevelu. En effet, en appliquant une bande d'Esmarch autour de la tête et passant au-dessus de la tumeur, les battements de celle-ci se trouvaient diminués, mais ne disparaissaient pas complètement. Enfin dans ce cas, l'auscultation permit de reconnaître un souffle continu comme dans les anévrysmes artério-veineux.

On a noté des observations dans lesquelles les battements de fongus de la dure-mère ont été entièrément méconnus. Des faits de cette nature prouvent que tout est difficile dans l'étude de l’art, que pour savoir toucher et regarder, il est nécessaire de posséder des connaissances étendues, d'avoir une longue habitude et des sens bien exercés, ils démontrent en même temps combien nous devons être réservés quand il s'agit de porter un jugement sur nos devanciers. Ce n'est pas à nous, en effet, qu'il convient d'être exi-

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geants envers les premiers auteurs de noire fortune scientifique, 1l nous suffit pour citer honorablement leurs travaux, de retrouver chez eux, quelques titres authentiques qui nous les montrent dignes aïeux des hommes qui ont solidement établi les bases du diagnostie et de l'anatomie pathologique.

Les tumeurs de la dure-mère sont rarement douloureuses, mais cependant, elles peuvent être le siège de douleurs variables, la plupart du temps névralgiques.

Les fongus de la dure-mère peuvent faire saillie dans l'orbite et produire dé l'exophtalmie, les yeux sont brillants, sortis de la tête, comme dans la maladie de Basedon.

Ces tumeurs peuvent faire irruption également dans les cavités nasales, et être prises pour des polypes dans le conduit auditif externe, elles peuvent amener par compression l'amaurose, des troubles de l'olfaction et de l'audition.

Quand le fongus occupe un siège anormal on est fort exposé à commettre une erreur de diagnostic ; comme exemple , je citerai un fait rapporté par Mackenzie de Glasgow, dans lequel le fongus traversa la grande aile du sphénoïde et se montrant à l'extérieur fut pris pour un ganglion hypertrophié.

Ces tumeurs marchent généralement avec lenteur et: ét n'amènent la mort des sujets qu'au bout d'un temps quelquefois très long. Lorsqu'elles s'ulcèrent, elles se

comportent comme des tumeurs malignes et Îles

malades succombent soit à des hémorragies répétées, surtout si croyant avoir affaire à une loupe on s'avise d'inciser la tumeur, soit enfin de cachexie et d'épuisement. J'ai vu un médecin inciser un sarcome de la dure-mère, qu'il avait pris pour une loupe, une hémorragie considérable survint, elle fut arrêtée avec peine.

Pronostic. — Comme on le voit, le pronostic est mauvais, car l'affection abandonnée à elle-même entraine invariablement une terminaison fatale.

La mort est due d'ordinaire à l'épuisement croissant et au marasme ou aux lésions des méninges molles et du cerveau. La durée de la maladie est très variable, elle peut embrasser des années et en somme témoigne d’un développement moins rapide que celui de la majorité des sarcomes. Louis rapporte un fait où le fongus existait depuis sept ans, et un autre dans lequel la tumeur demeura en repos pendant douze ans et prit

ensuite un développement très rapide.

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