‹ De L'Intervention Chirurgicale Dans Les Tumeurs De La Dure-MèreChapitre 16 sur 35 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement médical dans la plupart des cas n'est que palliatif et symptômatique ; on ne peut guère espérer arrêter le développement de ces tumeurs ou amener leur disparition. On appliquait autrefois dans ce but des sétons, des moxas, des cautères, à la nuque, mais on a reconnu que ces divers moyens n'avaient aucune action sur la tumeur ; qu'ils faisaient souffrir inutilement le malade, et que de plus ils pouvaient devenir le point de départ d’érysipèles capables d'amener la mort.

Aussi, ce mode de traitement est-il à peu près tombé en désuétude et abandonné. Mais s'il n'est pas possible d'amener la guérison, on peut néanmoins produire des rémissions temporaires, même de longue durée. Prévenir les complications, faire disparaître les douleurs si atroces qui rendent la vie insupportable, ce sont déjà là des avantages considérables. On doit surtout prévenir et combattre les congestions céré-

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brales, qui le plus souvent déterminent un accroissement subit des tumeurs et aggravent les accidents. Dans ce but, on recommandera au malade une vie calme, l'abstinence de boissons excitantes, on aura recours suivant les cas: aux purgatifs drastiques: surtout à l'eau-de-vie allemande associée au sirop de nerprun, aux saignées générales et principalement aux saignées locales : sangsues dérrière les oreilles, ventouses scarifiées à la nuque, aux révulsions passagères, vésicatoires volants répétés, sinapismes.

La céphalalgie si rebelle, si tenace sera combattue par des applications glacées sur la tête, ou la belladone à. doses croissantes, depuis un centigramme par jour, si la douleur de tête persiste, on aura alors recours aux narcoliques, et surtout à la morphine, que l'on fera prendre à l’intérieur ou bier par injection souscutanée de cinq milligrammes. On a préconisé aussi

contre les maux de têle, les compresses imbibées d'une

solution de cyanure de potassium (10 à 20 centigrammes pour 30 grammes d'eau).

Le bromure de potassium, à la dose de 2 à 5 grammes par Jour amènera quelquefois de l'amélioration dans les cas où ce sont les phénomènes convulsifs, les accès épileptiformes qui prédominent.

Le calomel administré jusqu'à salivation peut aussi donner de bons résultats.

Enfin, si le diagnostic n'est pas assuré d'une façon certaine et qu'on ait lieu de soupconner une tumeur

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d'origine syphilitique, on fera prendre au malade l'iodure de potassium à doses croissantes, jusqu'à 5 et 6 grammes par jour, on continuera le traitement pendant un certain temps et s'il ne se manifeste aucune amélioration, on diminuera progressivement la dose et on cessera l'usage du médicament. Généralement les moyens médicaux échouent, c'est pourquoi la nature des tumeurs de la dure-mère, leur marche, leur évolution fatale, nous amènent à considérer l'intervention comme la seule règle logique à suivre. M. le professeur Terrier l'approuvait dès 1878 alors que la chirurgie cérébrale n’était encore qu'à ses débuts, et depuis un grand nombre d'opérations ont été tentées avec succès.

Est-ce à dire que l'intervention dans ces tumeurs perforantes soit absolument béuigne ? Non, certainement. M. Pousson dans un mémoire présenté en 1889 à la société de chirurgie réunit 49 interventions faites sur ces tumeurs, dont 30 extirpations de la tumeur avec 8 morts; ce qui ferait une mortalité de près de 27 o/,. Cette mortalité nous paraît excessive étant donné que sur 9 cas que nous avons pu réunir depuis 1887, nous n'avons pas trouvé une seule mort opératoire ainsi qu'en atteste le tableau de la page ci-jointe (Voir : p. 32).

Cette constatation nous amène à un pronostic beaucoup moins sombre, surtout étant donné que d’une part, la tumeur n'est pas toujours fatalement maligne, et que d'autre part, son extirpation peut être faite en

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