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En bas, l’arcade sourcilière est épaissie, et empiète sur Ja portion orbitaire de la paupière, de là un certain degré de ptosis.
Cette tuméfaction fait une saillie de deux travers de doigt environ. Les bords externe et interne à peu près verticaux se continuent à angles mousses avec les bords supérieur et inférieur si bien que le contour de la tumeur est arrondi. Sa surface est légèrement bosselée et présente à l'angle supérieur et interne une saillie très accentuée des dimensions d'un marron d'Inde. as
La peau qui recouvre la tumeur est normale avec quelques varicosités, sauf au centre où se trouve une cicatrice blanchâtre, déprimée, adhérente aux parties profondes et occupant la surface d’une pièce d'un franc. Les cheveux recouvrent le tiers supérieur de latumeur. À la palpation, on sent que la tumeur est généralement fluctuante, mais par places, il existe des noyaux plus durs, mobiles sous le doigt, et qui semblent être des fragments osseux. A la partie inférieure, la tumeur est assez dure, quoique se déprimant sous le doigt ; en haut et notamment vers l’angle supéro-interne, il y a une fluctuation très manifeste, :
La tumeur reste entourée d'un bourrelet osseux qui est surtout saillant à droite et en bas ; à ce point, la pression est douloureuse, dans le reste de son étendue la néoformation est indolore.
L'état général est bon, aucun symptôme cérébral : quelques maux de tête d'intensité médiocre ; aucun symptôme de syphilis. Notons en passant que la ma-
lade a de l’eczéma de l’oreille gauche et des commis-
sures labiales, et un petit lipome sur le flanc droit.
8 juin.— Pour éclairer le diagnostic hésitant surtout entre une nécrose syphilitique et une tumeur maligne du frontal, on fit avec une seringue de Pravaz une ponction exploratrice dans une partie fluctuante et kystique de la tumeur. On retira un liquide séreux, transparent, légèrement coloré, et qui fut examiné au
microscope. Ce liquide a l'aspect de sérosité sanguine
renferme d'abondants globules rouges non altérés et de rares cellules épithéliales petites et irrégulières.
Opération. — Le 10 juin par MM. F. Terrier et A. Broca, anesthésie avec le chloroforme,
M. Broca fait une incision dans le sens vertical allant d'un bout à l'autre de la tumeur ; sous la peau on entre dans une masse d'apparence sarcomateuse et on constate que l'os est entièrement détruit ; sans rencontrer d'obstacle, le bistouri puis le doigt vont jusqu'à la face externe du cerveau. Les loges kystiques sont indépendantes les unes des autres.
M. Terrier qui assistait M. Broca, se décide à pratiquer l'extirpation de la tumeur. Incision cruciale de 10 centimètres dans le sens transversal et de 12 dans le sens vertical ; puis dissection des quatre lambeaux cutanés, que la tumeur n’a pas envahis ; ablation en quatre quadrants semblables de la tumeur, faciles à couper aux ciseaux. La brèche osseuse a la même étendue que les incisions cutanées et comprend aussi presque toute la voûte orbitaire.
On voit alors que la dure-mère est enlevée, envahie qu'elle était par le néoplasme et la pointe du lobe frontal est à nu, recouverte de la pie-mère non intéressée. Il ne se produit pas d'écoulement du liquide céphalo- rachidien, l’espace arachnoïdien n'ayant pas été ouvert,
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© En bas, le sinus frontal estouvert. Les bords de cétte brèche osseuse sont certainement malades, mais l'os y est consistant ; aussi sur tout leur pourtour ces bords sont réséqués encore à la pince-gouge. En dedans, la ligne médiane est franchie et l'on doit réséquer le sinus longitudinal supérieur et la faux du cerveau sur une éteudue de 7 à 8 centimètres et placer une pince à pression sur chacune des extrémités de celte résection.
La seclion osseuse saigne beaucoup, elle est hémostasiée par de la cire vierge phéniquée et stérilisée à la chaleur. Curage de la portion visible du sinus frontal, puis ligalure avec un fil de soie sur chaque bout du sinus longitudinal et l'hémostase est ainsi fort bien assurée.
Une grosse mèche de gaze iodoformée tamponne l'orifice du sinus frontal et ressort par la branche inférieure de l'incision cruciale, dont tout le reste est suturé, la peau étant directement au contact de la piemère. Pansement iodoformé avec de la gaze et de la poudre. La malade à la fin de l'opération, qui a donné beaucoup de sang, à le faciès pale et le pouls petit. On fait quelques injections d’éther sous la peau.
Le chloroforme bien administré a élé supporté sans alerte. |
Les suites opératoires furent bonnes, la malade se leva le 15° jour. à
Le 24 juillet l'état était excellent ; la malade mangeait de bon appétit et ne souffrait pas.
Au niveau de la perte de substance osseuse la peau est déprimée, soulevée par des battements, mais moins forts qu'au début. L'os qui l'entoure n’est pas douloureux à la pression, sauf en deux points, à la racine du nez