Conclusions du Comité consultatif d'hygiène
« santé des travailleurs. » Elle ajoutait qu’ « il est du « devoir d’un gouvernement vraiment . populaire de « mettre d'invincibles obstacles à cet immoral mode de « concurrence. Sans parler des raisons d'humanité qui « doivent avant tout guider le Parlement dans cette voie, « il est permis d’invoquer une raison d'intérèt national ; « au point de vue économique, la vie humaine est une « valeur dont la sauvegarde mérite toute la sollicitude « des pouvoirs publics. »
Il n’est pas contestable que linsalubrité des conditions du travail, et d'autre part l'excès de fatigue, entrent pour une large part dans la morbidité et la mortalité spéciales aux milieux industriels, et qu'elles épuisent la race.
Ajoutons qu'il y a une certaine connexité à cet égard entre l'hygiène et la morale. Les Anglais l'avaient bien compris quand, en 1802, sir Robert Peel fit accepter la première loi relative à l'hygiène industrielle, et qu'on appelle « loi de morale et de santé. »
L'intervention de l'Etat en matière d'hygiène industrielle est donc admise par tous, en principe. Elle est juste, car elle a pour but la défense de la liberté de l'Individu. Mais où l'accord cesse, où les difficultés commencent, c'est lorsqu'il s'agit de mettre ce principe en pratique, de déterminer la mesure, le mode, l'étendue de cette intervention de l'Etat.
Désireux de serrer de près la question, nous éxaminerons successivement l'intervention de l'Etat au point de vue des conditions générales et ordinaires du travail, puis
au point de vue des conditions exceptionnelles.