‹ De l'intervention de l'État en matière d'hygiène publiqueChapitre 2 sur 161 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'intervention de l'État en matière d'hygiène publique ne constitue pas un phénomène économique propre à notre époque. Mais depuis environ trente années, les pays civilisés ont senti le besoin de protéger la santé publique par des mesures législatives et réglementaires plus rigoureuses, plus centralisatrices que celles dont ils s'étaient contentés jusque-là.

S'appuyant sur les progrès continus et les découvertes récentes de la science, les Gouvernements et les Parlements, soucieux d'assurer aux citoyens le bien-être maté- riel, et à la nation la force morale, fruits d’une bonne organisation sanitaire, ont développé considérablement l'action jusqu'alors timide de l'État en matière d'hygiène. La France, cependant, vient à peine d'entrer dans ce mouvement.

Un de nos derniers ministères! annoncçait aux Chambres le dépôt à brève échéance de propositions de lois desti-

nées à améliorer notre hygiène publique.

1. Le deuxième ministère Dupuy. J. Of. Déb. parl. du 1er Juin 1894.

Sp e

Divers projets de loi d'initiative parlementaire ou gouvernementale ont été élaborés. Certains ont été déjà discutés. Actuellement il importe d'aboutir.

Notre Parlement ne peut rester plus longtemps indifférent aux questions sanitaires. Les raisons générales qui ont amené les nations voisines à légiférer sur cette matière ont toutes leur force et leur valeur en France. Si notre démocratie ne s'était pas laissé souvent séduire par les formules sonores et la surenchère des programmes au point de se désintéresser des progrès matériels, peutêtre moins trompeurs', elle aurait tenu à s'assurer, avant d'autres pays, les avantages résultant d’une meilleure hygiène publique. |

“Au reste l'impulsion a été donnée. La France a commencé à suivre le mouvement. Elle ne saurait tarder à entrer plus résolument dans la voie da progrès sanitaire et à -démander à l'État l'appui qu'il doit légitimement préter à cette œuvre de défense et de progrès social.

Il y va, en effet, de son existence mème.

Depuis plusieurs années déjà fous ceux qui s'intéressent à l'avenir de notre pays se préoccupent, à juste titre, de la dépopulation de la France. Le cri d'alarme a été poussé. Le péril national résultant de l'excédent des

décès sur les naissances à été maintes fois signalé.

Comment enrayer ce mal? De deux facons. Par

1. On se souvient des sarcasmes décochés par une certaine partie de la presse à l'adresse de ce passage de la déclaration ministérielle du second ministère Dupuy, jugée un peu trop terre à terre.

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