STUART-MILL, Princip. d’'Ec, p., 1. V, ch. x1, p
ront l'influence la plus grande, et nous en verrons des exemples frappants en étudiant les diverses branches de l'hygiène publique.
De ce que les attributions de l'État sont variables, il s'ensuit que le total des fonctions de l'État ne restera pas stationnaire. Le nombre de ces fonctions peut diminuer avec l’évolution économique; il peut au contraire s’accroitre de jour en jour. Et l'économie politique enseigne que cette dernière hypothèse correspond à la réalité des faits.
L'État moderne est socialiste ; c’est un de ses caractères essentiels. Dans tous les pays où la forme statique moderne s’est établie, l'existence de cette loi peut être contrôlée. Il n’est pas besoin d'entrer dans de longs . développements pour prouver l’exactitude de cette constatation. L'intervention de PÉtat, avons-nous dit plus haut, se manifeste par l'augmentation des dépenses publiques. Il est facile de constater partout le développement incessant des budgets publies'. En France, notamment, le budget de i État qui s'élevait en 1789 à 531 540 000 francs, passe en 1815 à 931 441 404 francs. En 1832, il arrive par une augmentation constante à 1174350 000 de francs. | En 1860, le second milliard est dépassé. En 1877, un tioisième milliard est atteint. En 1898, le budget de l'Etat s'élève à 3 438 000 000 de
francs.
Les dépenses locales ont suivi le mème développement
dans tous les pays’. M. Leroy-Beaulieu, réunissant les
4. Voir LEROY-BEAULIEU, Traité de la science des finances, tome II,
2, Voir LEROY-BEAULIEU, lrailé de la science des finances, tome I, p. 746.
ME Ces
dépenses de l'État, des départements et des communes, estime qu'elles s'élèvent à plus de 5 milliards”.
La loi de l'augmentation des fonctions de l'État ainsi démontrée? par l’une de ses conséquences les plus directes et les moins agréables à constater, il resterait à en rechercher les causes. Si nous voulions être complet, nous devrions entrer dans des développements sans utilité pour l'objet propre de cette étude.
On peut dire d’une façon générale que cette loi résulte de deux causes principales combinées : les progrès de la civilisation, et la forme plus ou moins démocratique de l'État moderne. La civilisation crée des situations économiques complexes, qui appellent la règlementation. Elle tend à faire passer de plus en plus la morale dans le droit en démontrant l'utilité pratique de ses règles, et en amenant la disparition d'organes qui les sanctionnaient jusque-là d'une façon efficace. Elle provoque le développement des libertés ; mais toute liberté nouvelle doit être protégée par une sage règlementation. D'autre part, l'avènement au pouvoir de couches nouvelles s’efforçant d'améliorer leur situation, force l'État à intervenir pour les aider dans leur œuvre.
C'est ainsi que l’État moderne à été amené soit à développer des services déjà anciens, soit à en organiser de nouveaux*. L'instruction publique qui reposait autrefois presque entièrement sur des associations privées, tend de