Voir l’Hygiène publique ches les Romains, par H. Mono
En créant les amenées d'eau, les Romains avaient un autre but hygiénique que celui de l'alimentation en eau potable. Les bains d’eau froide et d’eau chaude étaient à l'usage gratuit de tous.
La construction des égouts ne fut pas non plus négligée, et Denys d'Halicarnasse! nous dit à quel point cette entreprise devait être estimée : « Tarquin commença à creuser «les égouts au moyen desquels toutes les eaux des rues « sont dirigées vers le Tibre; on peut les qualifier d'ou- « vrage admirable. » Et il ajoute : « Je vois trois grandes « magnificences qui font surtout apparaitre la grandeur de « l'empire romain : les aqueducs, les routes pavées et ces « égouts. »
M. de Freycinet” pense que, chez les Romains, il existait déjà des communications directes entre les maisons et les égouts. « Il est assez remarquable que le dernier « progrès de l’assainissement consiste précisément à revenir «au passé. Une fois de plus en croyant innover, on ne fait « qu'imiter. »
Partout où s’étendait la domination romaine, des amenées d’eau pure furent établies. On peut citer en France l’aqueduc qui conduisait à Nimes les eaux des sources d’Airan et de l'Eure, aqueduc dont il reste un magnifique vestige, le pont du Gard; les aquedues de Lyon; celui d'Arcueil; ceux de Vienne, de Saintes, de Coutances, etc.
On sait la belle réponse d'Auguste au Sénat qui proposait de lui élever des statues. L'empereur refusa, et profitant de l’occasion pour montrer où devaient aller les
hommages et les vœux, il érigea lui-même, à ses frais,
dALVreNTE 2. Principes de l'assainissement des villes, p. 76.
RTS
des statues aux trois divinités bienfaisantes : à la Paix, à la Concorde et à la Santé publique.
L'avènement du Christianisme marque pour l'hygiène le commencement d’une période de décadence qui s’accentue et se prolonge pendant tout le moyen âge : c'est le règne de l'ascétisme et du mysticisme; partout l’on enseigne et l’on sanctifie le mépris du corps, le dédain de la vie actuelle, les joies de la vie future.
Les quelques mesures de salubrité édictées à dater de cette époque paraissent avoir été imposées beaucoup plus dans un but de satisfaction à procurer à l’odorat, que d'une sauvegarde à la santé.
Telle fut l’origine de la première ordonnance de Philippe Auguste en 1148, prescrivant au prévôt de Paris, d'avoir à faire paver les rues pour en faciliter le nettoiement et remédier à la puanteur des immondices qui pénétraient jusque dans son Palais et le rendaient inhabitable. Ca a été Le fond de cette grande révolution de la Renaissance de réagir contre le stérile mysticisme du moyen âge, de restitucr à la vie réelle et aux choses terrestres leur importance et leur dignité. Dans toutes les branches de l'esprit humain, &’est la même réhabilitation des aspirations et des besoins réels de l'humanité. La satire achève l’œuvre des penseurs et des réformateurs. C'est Cervantès qui oppose la maigre et triste figure du chevalier de la Manche au gros bon sens bien nourri de Sancho. Et Rabelais, dans son plan de l’abbaye de Thélème, dans son récit de l'éducation de Pantagruel trace
tout un programme de pédagogie et d'entrainement où