L. — Hisrorique
Un rapide historique de l’évolution de l'hygiène publique à travers les siècles nous prouvera que l'intervention de l'État s’est toujours exercée en cette matière’.
Dans les âges préhistoriques, l'Hygiène, naturellement rudimentaire, fut toute instinctive et presque inconsciente d’elle-mème. Un peu plus tard, au berceau des sociétés, l'hygiène s'affirme, et il est aisé de lui reconnaitre une première période où elle s'inspire d'idées et de tendances sacerdotales chez certains peuples, civiles et législatives ailleurs. Moïse d’une part, Lycurgue de l'autre, persounifient avec le plus de puissance cette première phase. « Quoi de « plus ferme, dit Proust, de plus technique, de plus con- « forme au temps et au climat, que les règles hygiéniques « formulées par Moïse, règles empruntées du reste à la « vieille civilisation égyptienne ? » Les mèmes réflexions s'appliquent aux lois antiques de Sparte. La société grec-
que notamment pousse l'intervention de l'État à ses limi-
1. PROUST, Traité d'hygiène, Préface. — DECHAMBRE, Dictionnaire, v° Iyg. Historique.
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tes les plus extrêmes. Les individualités débiles sont éliminées sans pitié. Dès l’âge de sept ans, arrachés à la direction paternelle, les jeunes gens sont dressés par l'État à cette existence virile et guerrière dont son propre salut dépend.
Une seconde période apparait au moment où les sociétés ,parvenues à un développement plus complet, éprouvent de nouveaux sentiments. Nous en trouvons le type dans cette civilisation athénienne si admirable à tous égards et qui peut se caractériser en un mot : « la grâce dans la force intelligente ». Ce résultat ne pouvait être obtenu que par une hygiène appropriée où tout était pondéré, équilibré, où les luttes du gymnase alternaient avec les discussions du portique et la harangue de la tribune.
L'hygiène publique a toujours occupé une place considérable dans les préoccupations du peuple romain".
Les deux conditions de la salubrité des villes, reconnues essentielles par la science moderne, l'une de fournir aux habitants de l’eau pure pour la boisson, l’autre d’éloigner rapidement des agglomérations les résidus de la vie, le peuple romain les avait pleinement réalisées il y a plus de deux mille ans.
Le premier aqueduc fut construit en l'an 312 avant Jésus-Christ par les Censeurs Appius et Plautius. Sous le règne de Justinien les aqueducs de Rome, qui étaient au nombre de quatorze, avaient une longueur totale de 600 kilomètres et fournissarent 1 500 000 mètres cubes d'eau par 24 heures, soit, — s'il est exact que Rome comptàt alors un million environ d'habitants, — 1 500 litres
par tète et par jour.