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Nous avons montré que l'intervention de l'État se manifestait en général par une administration plus où moins développée, que d’ailleurs, dans sa fonction de protecteur du progrès, l'État pouvait agir par l'intervention d'une administration déjà constituée en vue d'attributions de défense sociale; qu'enfin toutes les fois que cela serait possible l'État devrait s'efforcer d'emprunter les services que l’action individuelle peut lui fournir.
En matière d'hygiène publique, il existe une administration et nous aurons l’occasion de l'étudier plus loin. C'est d'abord l'ädministration générale du pays qui, avec ses multiples rouages, est appelée à exécuter les prescriptions de l'État : ce sont en outre des rouages administratifs spéciaux dont le nombre a été sans cesse croissant durant ce siècle’.
L'État recourt souvent enfin aux bons offices des forces individuelles, soit qu'il groupe des individualités libres en comité comme il l’a fait dans la matière des enfants assistés et dans celle des habitations ouvrières, soit qu'il investisse des associations déjà constituées de l'exercice de certaines attributions déléguées.
Il nous semble résulter de tout ceci la preuve qu'il n'est pas inutile de préciser, comme nous l'avons fait, les principes qui doivent régler les rapports de l'Individu et de l'État. Après avoir posé ces principes dans une première partie générale, on voit comme il est facile de les appliquer ensuite en matière d'hygiène publique, et de déterminer presque automatiquement le rôle de l'État
en cette matière et la facon dont il exercera les attribu-
1. Nous parlions plus haut des bureaux d'hygiène. C'est là un exemple d’une organisation administrative nouvelle, rentrant dans les fonctions de l’État protecteur du progrès.
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tions que nous lui avons reconnu le devoir ou le droit de revendiquer.
L'étude des faits viendra ensuite et, de théorique qu'elle était Jusqu'ici, la question devra être envisagée au point de vue pratique. Étant admis d'une facon générale que l'hygiène publique rentre dans les attributions légitimes de l'État parce qu'elle constitue un moyen puissant de défense et de progrès social, les faits diront si telle intervention rentre dans les attributions essentielles de l'État (comme les mesures de préservation contre les épidémies, par exemple, ou dans ses fonctions facultatives (comme la construction des habitations salubres). À des époques différentes, la réponse pourra n'être pas la mème. Telles mesures qui dans un pays jeune, vigoureux, dont la population croit rapidement, pourront ètre considérées comme constituant de simples progrès dignes d'encouragement, apparaitront, dans tel autre pays, dont la population fatiguée cesse de croître, comme des mesures de défense sociale que l'État doit imposer s’il est nécessaire. Et rien ne nous parait mieux présenter ce double caractère, que les mesures d'hygiène industrielle, telles que la limitation des heures de travail des adultes, des femmes, le repos hebdomadaire, lhygiène des ateliers, utiles partout, nécessaires dans certains pays comme la France.
C'est encore l'étude des faits qui déterminera l'utilité de l'intervention et le mode d'action de l'État. Ici, par exemple, où fonctionnent des comités privés comme il en existe dans les grandes villes d'Angleterre, s’efforçant de rechercher les logements malsains et de mettre fin à cette insalubrité, l'action de l’État pourra paraître superflue ou mème dangereuse si elle ne se borne pas à encou-
rager ces comités et à les aider.
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Ce sont les faits qui nous diront comment l'État doit intervenir en temps normal, actuellement, en France, dans la question de la vaccination. Ils nous diront si l'État doit se borner à encourager le développement de cette pratique et à user des moyens de contrainte indirecte dont il dispose à cet effet ; ou s’il doit édicter d’une façon précise et générale l'obligation de la vaccination et de Ja
revaccination.