‹ De l'intervention de l'État en matière d'hygiène publiqueChapitre 41 sur 161 · SAME · texte numérisé non relu

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peuple pour les questions d'hygiène et l'insuffisance de son éducation.

L’indifférence du peuple pour l'hygiène est indéniable, et nous faisons allusion ici aussi bien à l'indifférence des collectivités qu'à celle des Individus.

De l'indifférence des Individus, des preuves nombreuses pourraient être apportées. C'est ainsi par exemple que parmi les cours de toute nature, organisés par l’Association Philotechnique, il en existe un certain nombre consacrés à l’enseignement de l’hygiène : ces cours sont pourtant de ceux qui réussissent le moins.

L'indifférence des collectivités se manifeste d’une facon toute particulière dans la question des eaux potables1. Un certain nombre de nos grandes villes ont fait exécuter des travaux importants pour assurer aux habitants une eau de bonne qualité. Cependant certaines municipalités, après avis défavorable du comité consultatif d'hygiène publique de France, persistent à déclarer l’eau qu'elles se proposent d'amener de qualité excellente, et mettent en demeure le suffrage universel de repousser les conelusions scientifiques d’une assemblée dont l'impartialité et la capacité devraient ètre incontestées comme elles sont incontestables.

Ce n'est pas tout. L'alimentation en eau potable de la plupart des communes rurales est abandonnée à la convenance des habitants qui y pourvoient comme ils peuvent, généralement fort mal. On pourrait en citer d'innombrables exemples tirés des pays les mieux dotés par la

1. Voir : Projet de loi réglant les droits des communes sur les sources d’eau potable situées dans leur territoire, Doc. Parl., 1891, n° 1696. — Proposition de loi concernant le captage, l’'adduction et la

distribution des eaux potables dans les communes, Doc. Parl., 1893, n°115.

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nature à ce point de vue, notamment des pays granitiques où les sources sont pures, abondantes, et devraient fournir aux habitants une excellente alimentation. Certains de ces pays sont néanmoins périodiquement dévastés par la fièvre typhoïde, par suite du mauvais aménagement et de la pollution des sources.

Cette indifférence pour l'hygiène provient surtout de l'ignorance des principes hygiéniques et de l'importance que leur application peut avoir. Alors même d’ailleurs que l’Individu serait convaincu de l'utilité de certaines dépenses hygiéniques il ne les fait pas, à moins d’être absolument isolé de ses compatriotes, parce que ces dépenses profiteraient à ses voisins autant qu’à lui même. Nous n'insisterons pas, nous proposant de revenir plus loin sur cette question. Qu'il nous soit permis toutefois de faire observer que cette ignorance peut et doit être combattue, et nous exprimerons le vœu que l'exemple de la lutte entreprise par la voie de l’enseignement contre l'alcoolisme soit généralisée, et que l’enseignement de l'hygiène soit rétabli au rang que son importance lui donne légitimement le droit d'occuper. Comme le disait justement le docteur Napias à la Société d'hygiène professionnelle et de médecine publique : « compléter, fortifier l’en- « seignement de l'hygiène dans nos écoles et facultés, ce « n’est pas seulement une chose utile au point de vue scien- « tifique, c’est encore une chose nécessaire au point de vue « politique et social. »

Loin de nous cependant la pensée d’accuser d’impuissance l'initiative individuelle en cette matière. Mais, d'une facon générale, il est juste de constater son indifférence et d'en déduire cette conséquence que l’action de l'Etat

doit se développer doublement pour remplacer et pour

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