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L’Autriche-Hongrie fut pendant longtemps un pays d’immigration dans lequel on faisait aux immigrants des avantages considérables pour en augmenter le nombre.
Ce système ne prit fin que vers le début du siècle. Il explique la sévérité avec laquelle le gouvernement autrichien a longtemps prohibé l’émigration de ses nationaux. Ceux qui partaient, même après avoir obtenu une autorisation, étaient par le fait même déchus de la qualité de citoyen et ne jouissaient pas à l'étranger de la protection consulaire, et s'ils revenaient, 1ls ne pouvaient recouvrer la nationalité. Ce système était encore en vigueur en 1832, époque à laquelle un règlement vint renouveler la défense d’émigrer sans l'autorisation des autorités.
En Autriche, la loi Constitutionnelle du 21 décembre 1867 est la première qui reconnaisse la faculté d'émigrer aux sujets autrichiens. L'article 4 déclarait que cette liberté n’était limitée qu'à raison des obligations du service militaire. Néanmoins l'obligation du passeport était maintenue et permettait au gouvernement autrichien de modérer l’essor de l’émigration.
Un projet de loi a été déposé devant les Chambres autrichiennes au mois de juin 1896. Il avait pour but d’édicter
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des mesures pénales pour réglementer l'exploitation des entreprises d’é émigration ; il prévoyait également la conclusion de traités spéciaux en vue de l’émigration entre l'Autriche et les principaux pays fréquentés par ses nationaux. Ce projet avait encore un caractère de méfiance très prononcé contre l’émigration. Une loi du 2 janvier 1897 édicte des peines contre les individus qui, sans y être autorisés, s'occupent des affaires d’émigration.
En Hongrie ieslois particulières des différents « comitats » entravaient l’émigration des paysans.
Lorsque ces règlements furent tombés en désuétude, cette émigration commença, accrue par ce fait qu’en lutte avec les seigneurs, propriétaires des terres, les paysans en arrivèrent à refuser le travail qui leur étaitimposé. Les propriétaires reprirent leurs terres et leurs fermiers devinrent de simples journaliers. Le mouvement d'émigration s’accentua à la suite de mauvaises récoltes, de la stagnation des travaux dans les mines, sous l'influence des suggestions des agents d’émigration plus facilement écoutés en raison de la misère régnante et enfin sur l'appel des individus déjà émigrés, appel d'autant plus entendu que ces individus témoignaient du bien-être qu’ils avaient trouvé à l'étranger en multipliant leurs envois d'argent.
Pour toutes ces causes, l’émigration hongroise devint assez considérable de 1875 à 1880. Les autorités hongroises cherchèrent alors à l’atténuer en faisant des démarches à Brême et à Hambourg, principaux ports d'embarquement de ces émigrants, pour obtenir des magistrats de ces villes qu'ils empêchassent de partir les paysans hongrois qui ne seraient pas congédiés (émigrants avec autorisation).
La Hongrie promulgua en outre, au mois de mai 1881, une loi réglementant la profession d’agent d'émigration.
Il est très difficile de se rendre un compte exact de l’émigration austro-hongroise à cause du grand nombre de ports