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diriger vers les colonies un courant déjà existant, cette action sera à la fois utile et légitime. |
L'armée seule ne peut parfaire l’œuvre de la conquête; il faut l’action du colon qui, apportant sur un sol nouveau les procédés de culture ou de commerce de la métropole, et répandant peu à peu la civilisation, opère une prise de possession plus intime.
L'introduction d’un contingent de population tiré de la mère-pairie est en même temps une garantie du respect el de la soumission dus à la souveraineté de l'Etat conquérant ; un État qui laisserait opérer le peuplement de ses propres colonies par des nations étrangères courrait le risque de donner corps, àses dépens, à la théorie « que les meilleures colonies sont celles des autres ».
L'histoire des siècles précédents est remplie des efforts faits par les puissances européennes pour asservir à leur domination des contrées d’outre-mer. La France, l’Angleterre, le Danemark, la Hollande, l'Espagne et le Portugal avaient des colonies dans les diverses parties du monde. L'Espagne et le Portugal étaient à la tête du mouvement. Ces deux puissances sont aujourd’hui passées au second plan: d’autres, comme l'Allemagne, pour laquelle, durant une longue période, « la meilleure des colonies ne valait pas les os du dernier des Poméraniens », sont entrées dance la lice.
La première place revient aujourd’hui à l'Angleterre qui peut servir de prototype dans le groupe que nous étudions.
Cette nation n’a pas craint, dès le début du siècle, de favoriser ouvertement et de provoquer l’émigration à destination de ses colonies.
Elle doit notamment à ce système le développement rapide de l'Australie. Ce n’est pas qu’elle ait été toujours bien inspirée dans le choix des moyens, spécialement lorsqu'elle expédiait aux colonies, pour les transformer en agriculteurs, des indigents et des vagabonds ou des ouvriers que le développement de l’outillage mécanique privait de travail dans les usines qui les employaient. Plusieurs fois la métropole a pu se repentir de trop de précipitation; il n’en faut pas moins
Non
reconnaître que l’ensemble des résultats obtenus la place à la tête des nations colonisatrices actuelles. Les principes du « Self Government » largement appliqués dans les colonies anglaises ont également contribué puissamment à assurer la prospérité de ces colonies.
La France vient au second rang. Après une longue période d'indifférence quant aux choses coloniales, l'opinion publique s’est heureusement modifiée et veut tirer parti du grand développement récemment donné à notre domaine colonial. L’avenir est plein d’espérances, s’il doit voir se réaliser les programmes que nous aurons l’occasion de développer.
L'œuvre de l'Allemagne est trop récente pour que lon puisse préjuger ses résultats. L’on peut craindre toutefois une rivalité dangereuse; à la différence de la France, que l’on accuse d’avoir « des colonies sans colons », l'Allemagne possède relativement peu de colonies, mais une émigration abondante et parfaitement appropriée à la colonisation.
Nous rattachons la Russie à ce groupe. La presque totatité de l’émigration russe est absorbée par les possessions russes en Asie; mais la liberté des émigrants dans le choix d’une destination est si réduite, qu’il leur est bien difficile de prendre une autre direction.