NOUVELLE-CALÉDONIE
La main-d'œuvre de cette colonie est en partie fournie par les condamnés déportés qui sont mis à la disposition des colons en vertu de deux décrets en date des 15 septembre 1891 et 31 décembre 1894. Il a été cependant nécessaire d’organiser un régime spécial pour l'immigration réglementée. Le recrutement des Indiens n’est pas autorisé par l'Angleterre, et les autorités locales ne se soucient pas d'introduire des Chinois sur le territoire. On a donc eu recours à l’immigration de Javanais autorisée par un décret de novembre 1895 et celle d'indigènes des îles de l'Océanie, en particulier des Nouvelles-Hébrides. Le service est institué par l’arrêté local du 26 mars 1874. Le recrutement est dirigé par un «commissaire du gouvernement ». La durée des contrats varie de deux à cinq ans, ils peuvent être renouvelés ou cédés, mais avec le consentement des intéressés. Le port du livret est obligatoire.
Les engagés insubordonnés peuvent être envoyés, par le commissaire de l'immigration, aux ateliers de discipline, pour une durée de huit à soixante jours.
Après un séjour de huit années, l’engagé peut obtenir le droit de rester sur le territoire en qualité de colon libre.
On peut assimiler à ces engagés les naturels de l'ile qui
viennent passer des contrats, leur situation a été réglée par un arrêté du 8 août 1882, ils sont soumis aux conditions imposées aux travailleurs étrangers.
Les frais enfin sont supportés par une caisse d’immigration constituée par l'arrêté du 10 novembre 1865. Elle est alimentée par une subvention de la colonie et une taxe annuelle et fixe payée par les engagistes pour chacun des travailleurs qu'ils emploient.