‹ De l'Intervention des Pouvoirs publics dans L'Émigration et L'ImmigrationChapitre 63 sur 103 · ANNÉES ARRIVÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES ARRIVÉES

On peut cependant prévoir, que le jour où l'Uruguay jouira d’une paix définitive, il bénéficiera pour une forte part de l'émigration européenne; car sa législation sur l’immigration compte parmi les meilleures de l'Amérique du Sud.

Déjà, en 1855, dans un règlement du 14 mai, le dictateur disait vouloir favoriser l’immigration « pour accélérer le « mouvement de la population, améliorer l’agriculture et « multiplier les riches produits offerts par le climat et le « Sol ».

Dans la période actuelle, une première loi intitulée « Loi « de colonisation et d'immigration », promulguée en 1885 s'occupait spécialement de la formation de colonies officielles ou privées dans le but de mettre en valeur les terres fiscales. La Commission d'agriculture et d'immigration en avait la direction et une somme de 200,000 piastres (1,000,000 de francs) prélevée sur l'impôt des patentes était affectée annuellement à ce service. Les terres ou « chacras » remises aux immigrants ne devenaient leur propriété définitive qu’au bout de quatre ans etaprès justification de l’accomplissement de certains travaux ou améliorations.

La loi d'immigration actuelle est celle du 10 juin 1890 complétée par un règlement du 10 décembre 1894.

Cette loi charge les consuls d’être des agents d’information et de propagande (art. 2).

Elle considère comme immigrants tout étranger de bonne conduite et apte au travail qui vient en Uruguay en 2*° ou 3° classe avec l'intention de s’y fixer (art. 6).

Cette définition permet donc de faire une sélection parmi

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les arrivants, en conséquence, les malades, les mendiants, les sexagénaires (1) et les infirmes, de même que les asiatiques, africains et les individus désignés sous le nom de « bohémiens » sont exclus du territoire et le capitaine qui les amène, puni d'une amende de 100 piastres (500 francs) pour chaque individu indûment cmbarqué (art. 26, 27, 28).

L’inspection des immigrants a lieu sur le navire même.

Cette loi divise, en outre, les immigrants en deux catégories : Ceux qui viennent spontanément et ceux auxquels on accorde l’anticipation du passage.

A l'une et à l’autre de ces classes on accorde des avantages.

Le système adopté pour accorder l'anticipation du passage est analogue au passage «uominated » des colonies anglaises; toute entreprise de colonisation ou toute personne domiciliée dans le pays peut adresser à la direction de l’immigration une demande tendant à faire l’avance du passage à des personnes déterminées dans la requête.

En cas de réponse favorable, on remet au pétitionnaire les bulletins de passage établis au nom des personnes qu'il a indiquées. On lui fait souscrire en même temps, .un billet égal au montant des avances, mais dont la date est en blanc (art. 14).

Le bulletin de passage doit être utilisé dans les six mois; à l’arrivée du paquebot et pendant la visite des immigrants, le bénéficiaire le remet au contrôleur du débarquement; il doit en même temps signer, comme débiteur solidaire, le billet souscrit par le pétitionnaire. On ajoute alors la date qui sert de point de départ au délaide deux ans et demi accordé pour le remboursement (art. 16, 17, 18).

Le gouvernement a fait construire à Montevideo un hôtel spécial aux immigrants où ils peuvent être logés et nourris gratuitement pendant huit jours. Cet hôtel était placé sous la

(1) Le décret de 1894 abaisse cette limite d'âge à 50 ans. — On fait exception pour ceux qui font partie d’une famille comprenant au moins quatre personnes aptes au travail.

direction de la Commission générale d’émigration, qui devait également servir d’intermédiaire entre les employeurs etles immigrants, faire l'office d’une agence de travail (1).

Le gouvernement, d’ailleurs, complète les bonnes dispositions de cette loi en tenant strictement la main à son observation. Le rapport de la Chambre de commerce française de. Montevideo, pour 1896, signale de nombreux renvois de gens « sans profession » que les agences maritimes sont tenues de rapatrier à leurs frais pour les avoir trop imprudemment acceptés.

Bien que le nombre des immigrants soit, ainsi que nous l’avons dit, peu important, nous en donnons la statistique depuis l’année 1867 en indiquant, en outre, le nombre des immigrants qui ont été placés par les soins des commissaires de l'immigration.

PLACÉS PLACÉS ANNÉES ARRIVÉES Le ee ANNÉES ARRIVÉES SORTIES pee saires saires a —— 17.356 1.802 10.116 » 1-493 16.892 2.335 11.086 » 1.022 20.435 1.661 11.954 6.040 1.163 91 .148 1.210 15.679 6.729 1.266 17.912 714 12.991 6.542 1.072

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