‹ De l'Intervention des Pouvoirs publics dans L'Émigration et L'ImmigrationChapitre 74 sur 103 · MOZAMBIQUE · texte numérisé non relu

MOZAMBIQUE

Dans le but de mettre en valeur $es possessions du Mozambique, le gouvernement portugais a établi deux systèmes de concessions de terres (1).

Le premier s'adresse à la petite épargne. Les lots sont au maximum de 1,000 hectares, ils s'obtiennent moyennant le payement de 10 reis par hectare et par an; le colon est tenu de mettre en valeur un tiers de sa concession en cinq ans. A cette condition seule, on l’autorisera à se racheter de la rente par le payement de vingt fois le montant de l’annuité.

Avec ce système, pour une propriété de 1,000 hectares, le versement sera de 1,200 francs.

Les Prazos sont d'immenses territoires domaniaux dont la location est faite pour vingt-cinq ans à des particuliers et constituent le second mode de concession ; mais il faut, pour les obtenir, posséder des ressources que n’ont pas la majorité des émigrants.

Le prix de la location est mis aux enchères, la mise à prix est égale à la moitié du rendement de l'impôt perçu sur les noirs qui habitent le prazo.

L'adjudicataire est investi de droits importants. Il perçoit l'impôt sur les nègres qui habitent sa concession et en est responsable; il doit faire la police. Il est eufin tenu de

(1} V, G, Augerr, L'Afrique du Sud, Flammarion, Paris, 1897

mettre en culture une partie de la concession proportionnelle à son ètendue; ces parcelles cultivées peuvent devenir sa propriété. Ces prazos s'accordent de préférence aux émigrants portugais.

Le Mozambique est en même temps un centre d’émigration. Une convention conclue avec la France et sanctionnée par un décret portugais du 23 juin 1881 autorise l’émigration des noirs à destination de Mayotte et Nossi-Bé ; d'autre part, les indigènes des environs de Lourenço-Marquez forment la plus grande partie de la main-d'œuvre des mines d’or du Transvaal. Le gouvernement portugais, qui perçoit un droit sur chaque indigène recruté, à consenti récemment à abaisser ce droit en faveur du Transvaal.

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Les îles Hawaï étaient habitées lors de leur découverte par une population canaque. Ces indigènes, à la différence des autres races polynésiennes, étaient doux, intelligents et très amis des progrès. Sous l'influence de leurs rois, heureusement conseillés par des missionnaires américains d’abord, puis par un Français, M. de Varigny, qui y fut pendant longtemps ministre des Affaires étrangères, ils atteignirent rapidement une civilisation très avancée. L'industrie agricole, notamment la culture des cannes à sucre, dont le rapport atteignait 50, 60 et même 100 0/0 répandit dans toutes les classes de la société l’aisance et même le luxe; malheureusement encouragés par cette vie facile, ils se laissèrent dominer par le penchant indolent et paresseux de leur caractère. Le recrutement de travailleurs indigènes pour les exploitations agricoles devint impossible et l’on fut obligé de recourir à la main-d'œuvre étrangère. Ce fut leur perte, car dans une race qui déjà périclitait, les Asiatiques introduisirent la lèpre, les blancs la petite vérole et le type canaque, autrefois superbe, n’existera plus aux îles Hawaï dans un délai rapproché.

Le système adopté était celui de l'immigration par contrat

Sources : Revue française de l'étranger et des colonies, juillet 1897, J. Servigny. ; Communication de M. H. de Varigny au Congrès de 1889.

pour un temps déterminé; les frais du transport étaient supportés, en partie par le gouvernement, pour une somme fixe et pour le reste par le planteur.

Les travailleurs furent tirés de quatre sources différentes.

Les premiers en date sont les Chinois. Commencée en 1860, après la conclusion d’un traité avec la Chine, cette immigration ne dura que quelques années, le gouvernement chinois ayant élevé des réclamations sur l’exécution du contrat et les travailleurs ne rendant pas aux planteurs tous les services qu'ils en attendaient. Elle fut même totalement interdite en 1892; mais une loi du 23 avril 1896 a tempéré la rigueur de cette prohibition en autorisant l'entrée des Chinois; qui se spécialiseraient dans la culture ou le service domestique, tout commerce leur étant défendu. On en trouve aujourd'hui un grand nombre, qui descendent pour la plupart des premiers Chinois introduits et qui étaient demeurés dans l’Archipel à l’expiration de leur contrat. De 1,900 en 1872, on en comptait 18,000 en 1884 et plus de 21,000 en 1896.

De 1878 à 1887, on introduisit, sans grand succès d’ailleurs, 2,000 Polynésiens des autres îles de l'Océanie.

L’immigration de travailleurs de race blanche fut ensuite essayée. De 1881 à 1885,1,176 Allemands et 223 Norwégiens furent amenés dans les îles. Mais le plus fort contingent fut fourni par des Portugais habitant Madère et les îles Açores. Ces derniers réussirent fort bien; leur engagement terminé, ils restaient dans le pays et s’'aggloméraient rapidement dans la population. Du 30 septembre 1878 au 23 septembre 1886, il en arriva 10,715 en 16 convois échelonnés. Le prix élevé du transport dut seul faire renoncer à cette immigration; chaque individu revenait en effet à 1,325 francs.

Ils furent remplacés par des Japonais pour lesquels le passage ne coûtait que 350 francs. Ils étaient, en vertu de traités conclus en 1875 et 1886 avec le gouvernement jJaponais, engagés pour trois ans au prix de 15 dollars par mois. Le premier convoi arriva en 1885; il en amenait 943; ils sont aujourd’hui près de 25,000.

Des événements récents, auxquels l'immigration japonaise a servi de prétexte. permettent de supposer que le traité de 1886, qui dispense les Japonais de savoir lire l’anglais pour obtenir le droit de cité, sera bientôt dénoncé; que peut-être même leur immigration sera interdite comme celle des Chinois. |

A la fin du mois de février 1897, les autorités hawaïennes refusèrent l'entrée du territoire à 750 Japonais sous prétexte qu’ils ne possédaient pas en propre les cinquante dollars exigés ou que leurs contrats de travail n'étaient pas réguliers (1). |

Les réclamations du gouvernement japonais auront pour premier effet de hâter l'annexion aux États-Unis, depuis longtemps désirée. Depuis longtemps, les Américains habitant l’archipel ne cessaient de protester contre l'accord du droit de cité aux Japonais; on peut donc prévoir que, lorsqu'ils seront les maîtres, un de leurs premiers actes sera sa suppression.

Le Consular Reports (avril 1897) donne le résultat du recensement de la population des îles Havaï en 1896. Ce tableau indique la situation respective des diverses nationalités.

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