‹ De l'Intervention des Pouvoirs publics dans L'Émigration et L'ImmigrationChapitre 73 sur 103 · SAINT-DOMINGUE · texte numérisé non relu

SAINT-DOMINGUE

Une loi du 8 juillet 1876, dans le but d'étendre la production des:denrées d'exportation, affectait les terres appartenant au gouvernement, à la culture de la canne à sucre, du café, du cacao, du tabac et du coton.

Les nationaux et les immigrants étrangers pouvaient, au même titre, occuper ces terres incultes ; après en avoir fait la demande au sous-délégué de Hacienda (finances) et en acquérir la propriété, en faisant la preuve qu’au bout d'un an ils avaient mis en culture, avec l’un des produits indiqués, la plus grande partie du terrain.

Cette faveur fut retirée aux immigrants par l’article 2 de la loi du 3 juin 1879 qui régit aujourd’hui encore l’immigration.

Aux termes de cette loi, le gouvernement dominicain fait des avantages assez considérables aux immigrants, sans toutefois chercher à augmenter leur nombre d’uñe facon artificielle.

Il accorde la franchise douanière pour tous les meubles et outils, et, en outre, pour les matériaux, queles immigrants pourraient apporter pour la construction de leur habitation;

Sources : The Monthly Bulletin of the bureau of the American Republics, Washington, numéros de juillet et août 1896.

les navires qui les amènent sont eux-mêmes exemptés de droit de port.

Ils jouissent aussi de l’exemption de toute taxe publique, et s'ils se font naturaliser, de celle du service militaire pendant six ans.

Les immigrants qui viennent pour s'établir à leur compte, reçoivent un titre de propriété de 30 acres de terre, qu'ils ne peuvent vendre avant l'obtention du titre définitif, qui s’acquiert par résidence ininterrompue d’un an.

Ceux, au contraire, qui arrivent porteurs d'un contrat de iravail, sont entretenus aux frais du gouvernement jusqu’au moment de leur transport au lieu où ils doivent travailler. Le prix de leur passage est remboursé, du moins en partie, à ceux qui les auront fait venir ; mais ne leur sera définitivement acquis que si le colon n’a pas abandonné la plantation durant la première année de son séjour.

L'émigration ne peut d’ailleurs acquérir une bien grande : importance à Saint-Domingue, étant donnée la situation climatérique. L'insurrection de Cuba a cependant été la cause d’une certaine recrudescence dans l'immigration, et le gouvernement dominicain à tout fait pour l’attirer.

Vers le mois de mai 1896, le secrétaire de l'Intérieur avait chargé les gouverneurs de province de faire procéder à une enquête, pour connaître quels étaient les habitants qui consentiraient à employer des Cubains ou à leur vendre des terres. Ces gouverneurs étaient également requis de trouver un moyen quelconque de fournir du travail à ces immigranis.

L'absence de documents statistiques ne nous permet pas de donner le résultat de cette intervention.

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