‹ De l'Intervention des Pouvoirs publics dans L'Émigration et L'ImmigrationChapitre 92 sur 103 · ANNÉES ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES ANNÉES

1855-1860 moy. 4.530 . 1882 39.579 1890 1.716 1860-1865 » 6.600 1883 8.031 1891 2.836 1865-1870 » 9.310 : 1884 219 ., 1892 2.128 1870-1874 » 13,000 1885 22 1893 2,828 1875 16.437 1886 40 . 1894 4.018 1876 22.572 1887 10 1995 914 1880 5.000 1888 26... ; 1896 1.441 1881 11.890 1889 118

L'immigration, officielle du moins, devint à peu près nulle ;

(1) Dans l’année fiscale 1880-81, les exportations et importations avaient été comme suit :

Importation de la Chine. 11,939,000 thé.

6,015,000 soie brute.

969,000 paillassons.

22,317,000 dollars....... 693,000 opium.

523,000 riz.

470,000 sucre brut.

\ 170,000 divers.

Exportation d'Amérique : 5,477,000 dollars.

à partir de 1884, cependant on découvrit. de. nombreuses fraudes. tx HE

La loi de 1882 ne prévoyait que dati fn par mer; aussi, dans les débuts de l'application du nouveau régime, un assez grand nombre de Chinois pénétrèrent aux États- Unis par Vancouver et surtout par le Mexique. Ilfallut voter, le 5 juillet 1884,une nouvelle loi pour les empêcher de continuer « à inaquet leurs Hlousés;e contre le:manteau de l'Espagnol ». AU N

Ons aperçutd'autre part, en 1888, que certainis inspecteurs des douanes, qui recevaient au débarquement les passeports des Chinois autorisés à immigrer, les revendaient à gros bénéfices, au lieu de les annuler, dans les différents ports de la Chine. On estime que la fraude avait porté de ce chef sur huit à dix mille individus (1). Ar

Le délai d'interdiction a été prorogé et cette Lénine est toujours en vigueur.

La question chinoise n’est d’ailleurs pas limitée à l’Amérique, mais nulle part elle n'a revêtu une semblable acuité.

En Australie, les premières arrivées de Chinois ont lieu en 1848 ; leur augmentation considérable en 1851, lors de la découverte des mines d'or, obligea les gouvernements à faire quelques restrictions à leur libre entrée. R

De 1850. à 1865 les capitaines ne sont autorisés à améner qu'un émigrant de cette race par 40 tonneaux dé jauge. Le Queensland, la colonie de Victoria prirent les premiers des” mesures plus énergiques, Dans.la Nouvelle Galles du Sud, la question chinoise est née subitement le 18 novembre 1878:

Les marins et les ouvriers de la « Australian Steam Navigation Company ».se révoltèrent et s’opposèrent au débarquement d'émigrants chinois amenés par un navire qui venait d'entrer au port (2).

(1) Économiste Français, année 1888, tome I, p. 38. (2) L'Économiste Français, 10 avril 1880,

A la suite de cet incident un billfut présenté aux Chambres le 20 mars 1879.

Il devait ne permettre d'introduire qu'un Chinois par 10 tonneaux de jauge et frapper d’une taxe de 10 livres tout émigrant à son arrivée.

Ce projet ne fut pas adopté ; une loi votée le 17 mai 1888 portait à 100 livres la taxe imposée à tout Chinois.

Le mode de traitement employé motiva par deux fois les réclamations de l'ambassadeur chinois (13 juillet 1886, 12 décembre 1887). Ces réclamations furent examinées par une conférence composée de délégués des diverses colonies.

Elle déclara : « qu’une nouvelle restriction de l’immigra-

« tion chinoise était nécessaire au bien-être de la AE de l'Australie ; « Que le meilleur moyen d'arriver à cette restriction était la mise en œuvre de l'intervention diplomatique du gouvernement de la métropole et la communauté de mesures « législatives de 12. part des colonies australiennes ;

« Que la législation à intervenir devait portersur les points « suivants :

ÀR A

« 1° Elle s'appliquerait à tous les Chinois, sauf exceptions « spécialement désignées (diplomates, voyageurs, étudiants) ;

« 2° Que la restriction s’opérerait par voie de limitation, « imposée à tout navire entrant dans les ports australiens, « d'un passager chinois par 500 tonneaux de jauge ;

-8° Il serait interdit à tout Chinois de passer d’une colonic: « à l’autre sans une autorisation spéciale. »

En cas d'acceptation diplomatique de ces conditions, on consentirait à abolir la taxe de 100 livres, que la Nouvelle Galles du Sud imposait à tout Chinois.

Dans l'Amérique du Sud, les gouvernements, à l'exception du Brésil, après avoir pendant un certain temps accepté et favorisé letravail de la main-d'œuvre chinoise, ontdû, malgré le grand besoin qu’ils ont de travailleurs, prohiber cette immigration.

Les Chinois ne sont pas soumis à un régime aussi Peas dans les colonies françaises (1).

On ne les rencontre d’ailleurs en nombre considérable que dans l’Indo-Chine.

En Cochinchine, tous les asiatiques non citoyens français sont astreints à faire partie d’une congrégation, réunion d’individus de la même origine et soumis à un chef nommé par le gouverneur.

Le livret, qui leur avait été imposé par arrêté local du 8 novembre 1880, approuvé par décret du 6 mai 1881, a été remplacé par une simple carte dont ils doivent être toujours porteurs (Arrêtés locaux : 93 janvier 1885 et 25 janvier 1890).

Au Tonkin, ils doivent, aux termes d’arrêtés des27 décembre 1888, 15 décembre 1893 et 23 novembre 1895, être porteurs de cartes de circulation. |

En résumé, les Chinois n’ont plus aujourd’hui la possibilité d'émigrer que dans un nombre très restreint de pays.

Nous donnons ci-après l’énumération des divers pays qui, à notre connaissance, prohibent ou restreignent l’immigration chinoise :

Canada, 1885-1887, un Chinois par 50 tonneaux de jauge.

Colombie anglaise : 18 février 1884.

Équateur : décret du 14 novembre {889, qui les exclutcomplètement.

Pérou : 14 octobre 1893 (2).

Vénézuéla : 20 juillet 1891.

Brésil : la loi du 28 juin 1890 prohibait leur entrée ; mais, à cause du besoin absolu d’émigrants, cette disposition a été abolie en 1894.

Iles Hawaï, 1892 : un amendement du 22 avril 1896 autorise cependant l'entrée des agriculteurs et des domestiques.

(1) Disere, Traité de légistationcoloniale,2?° édit., P. Dupont, n°1172. (2) Voir page 251.

Lis

Queensland : 1867, 1877, 1884, 1888, la propriété immobilière est interdite ; droits très élevés sur le riz et l’opium..

Nouvelle-Galles du Sud : 1881, 17 mai 1888.

Australie méridionale : 1881, 1882.

Victoria : 1861, 1867, 1881, 1888.

Australie occidentale :’ Bien que cette colonie manque de travailleurs, elle donna son adhésion à la ligue anti-chinoise de 1889 (Act de 1893).

Nouvelle-Zélande : 1881, 1888, 1896.

Tasmanie: 1887.

Thibet et Birmanie: Ils sont interdits par les institutions politiques.

Slam.

. Transvaal. ;

Natal: 5 mai 1897, tout au moins implicitement.

Russie : Juin 1887, rescrit du tzar qui interdit pour trois ans aux Chinois habitant les frontières est-asiatiques le bénéfice du Domisil-Immobilier.

22 novembre 1887 : Défense aux indigènes coréens et chinois d’émigrer vers la Russie (1).

({) V. Die Antichinesen bewegung in America., Sociologish-6konomische Skizze, D'Otto VON FREIHERRN, VON BŒNIGK (F.-B.). Breslau, 1896. :

ARPARAPIAPRAPS SPAIN

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