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ï Je regarde,....…...,; @t je n’aperçois rien L dans cette enceinte‘’qni indique un sanc- 5 à tuaire,........, je n’y’ vois point d'autel; le 1: siége sur lequel je Bu assis n’est pas la u chaire sacrée, et aucün de ceux qui sont ici ru ne m'a l’air à voulair, s'approcher d’un confessional. re |
Non certes, on n’est point vonu en ce lieu pour accomplir ur acte religieux propre- L ment dit: c’est unie réunion littéraire, une séance tenue dans l'intention de favoriser une association dont le but est le progrès intellectuel... Et cependant l’on ne me dit pas à moi, prêtre: vous n'avez rien à faire ici, restez dans votre église, prèchez là tant que vous voudrez; mais gardezvoùs de fire entendre votre parole hors du temple : le ministre de la religion n’a aucun droit d'élever la voix dans les questions qui s’agitent dans la société.
C'est en effet ce que j'entends répétet en divers endroits par des gens, jeunes et assez âgés, qui s'organissent pour former un corpsde-garde autour de la sacr'istie dans l'intention d'empêcher que le prètre n'en franchisse le seuil.
Messieurs, vous‘avez reçu, de la nature ou de la grâce, uné'plus haute intelligence, une vue plus élevée, : : Vous comprenez que l'ordre naturel est: partout traversé dans son orbite par l'ordre surnaturel ; que toute vérité, objet des: investigations intellectuelles a quelque ‘point de contact avec les dogmes sacrés, et'que la religion a des lois qui s'imposent à toutes les sphères de l'uctivité humaine,
Vous n'êtes pas seuls, Messieurs, de cet avis.
Il y a vingt ans, la solennité littéraire de la distribution des,prix au collége de cette ville avait un éclat tout particulier. C'était la réunion la plus-rémarquable que l’on n’y eut vue encore, par lé nombre de ceux qui la formaient, et surtout par l’'éminence du
rsonnage qui la présidait. Celui-ci, à la
n de la séance, monta sur le théâtre et il prononça une allocution dans laquelle il dit, en propres termes, ces paroles : ‘ C’est dans l'ordre des idées éternelles qu'il faut aller chercher les principes qui doivent nous di-
riger dans la vie du tenips.” Qui s'exprimait ainsi? Sans doute un des vénérables pontifes de l'Eglise du Canada. Non, Messieurs, C'était un laïc, c'était un protestant, c'était ce Gouverneur Général qui, par sa haute intelligence, ses qualités aimables et la sagesse de son administration, a laissé une mémoire si vénérée parmi nous: c'était Lord Elgin. 1
A peu près à lä même époque où ces paroles étaient prohôrisées dans notre pays, M. Guizot disait en Franco: ‘“ La société ne retrouvera l'ordre ct la sécurité que dans les idées chrétiennes, le monde ne sera sauvé que par la foi, l'espérance et la charité.” Et cet autre homme. fminent de notre époque, M. Thiers, disaït en parlant de son constant adversaifé ‘qui lui avait crié quel-
ues années auparavant: ‘Je suis le fils
es croisés, je ne reculerai pas devant le fils de Voltaire,” M. Thiers disait à la tribune nationale: ‘Je ,donne la main à M.
de Montalembert parce qu’il ne m'est plus permis de rien faite:sans l’aide du principe religieux qu'il représente.”
Messieurs, le prêtre est le représentant officiel du principe religieux; c’est lui qui est chargé d'exprimer les lois de l’ordre surnaturel. Si donc la société a besoin de la vérité chrétienne pour ne pas s'égarer
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dans ses voies, si pour être préservée de ces erreurs dont le résultat est toujours un affreux bouleversement des hommes et des choses, elle doit sans cesse marcher, ayant en tête la croix, que Chateaubriand a appelée l’étendard de la civilisation, s’il en est ainsi, l'organe naturel des enseignements religieux peut se fairé entendre au milieu des questions qui 8’agiéent dans le monde, et s’il n'a pas toujours. à donner l'impulsion au mouvement social; il doit au moins le surveiller et au besoiyg lui mettre, au nom de Dieu dont il est‘ le ministre, le frein qui l'arrête à propos ete détourne d’une voice funeste. ee .
Oui, le prêtre peut et doit intervenir dans les débats de l’ordre intellectuel et social. Voilà, Messieurs, la‘thèse que je viens développer pour confirmer en vous la conviction que déjà vous pargissez en avoir.
Je tiens à déclarèt'que je ne veux vraiter que la question dè , principe, de droit: je n’entends nullement entrer dans une discussion de fait. Je n’ai donc point à examiner si, dans les temps passés ou présents, une partie quelconque du clergé aurait ou non pris aux affaires temporelles une part active que ne demandait pas le ministère auquel il a été appelé; j'ai seulement l’intention d'établir que le prêtre peut et doit
faire entendre sa voix dans nombre de questions agitées dans la société, et cela parce qu'elles se rattachent aux intérêts de la religion auxquels il est essentiellement obligé de pourvoir.
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On dit au prêtre: abandonnez- nous le profane, et gardez le sacré; laissez-nous les sciences, les arts, la: politique : tenez-vousen à la théologie. :EÉh’bien! bui, je veux m'en tenir à la théologie. Mais savez-vous quel est l'objet de cetté ksicnce?L'étymologie du mot l'exprime : t’886 la science de Dieu.
La théologie s'occupe de Dieu, de ses grandeurs, de ses œuvres, de ses lois. A l'aide des oracles sacrés contenus dans les écritures, des enseignements de la tradition,des décisions de l'Eglise, des écrits des Pères, des lumières mêmes de la raison éclairée et guidée par la foi, elle acquiert l'intelligence des révélations divines. en admire la sublime coordonnance et voit les devoirs qui en résultent pour l’homme dans ses rapports avec Dieu. Elle pénètre jusqu’à un certain point dans les splendeurs de l'être infini ; elle distingue et contemple ses attributs :
sans comprendre les mystères de l'essence divine, elle en sent en quelque sorte la raison. Puis elle considère Dieu dans ses
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œuvres; elle saisit les desseins de la puissance créatrice dans la formation du monde ; elle apprend à connaître les voies de la Providence dans le gouvernement des êtres auxquels il a donné l'existence ; elle connait les lois qu’il leur a imposées ; elle s'attache surtout à savoir ce‘.qné Dieu a fait pour l’homme, et ce qu'én.rétour l'homme doit faire pour Dieu. Quel est le plan divin, la fin des créatures dounées de raison, et par quels moyens elles doivent atteindre cette fin, tel est en où résultat l’objet des connaissances dues'à ses investigations dans l'ordre surnaturel. ‘ Voilà ce que le pr êtié ‘apprend par la théologie ; mais il ne l'appr end pas pour lui seul. [l'a été dit: Labiæ “sacerdotis custodient scientiam, et legem requirent «x ore ejus.
(Mat.2,7. ) ‘Les lèvres.du prêtre garderont le science, et on dentindera la loià ses lèvres.” Le Christ a, dit aux apôtres et à ceux qui doivent continuer leur mission :
Docete omnes gentes: docete eos servare omnia quæcumque mandavi vobis. (Math.
28.) “ Enseignez toutes les nations ; apprenez leur à garder tout ce que je vous ai commandé.
Partout où Dieu impose des lois, le prétre doit les faire connaître et en prosser l'exécution,
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Maintenant je le demande: y a-t-il un
ordre de choses où Dieu n’intervienne pas
par ses commandements ou ses prescri tions? s’il en est un, alors, je l’avoue, le prêtre comme tel n’a rien à y voir: il n'est que le ministre de Dieu; si son maitre n’a pas parlé, il n’a rien à dire.
Mais existe-t-il cet ordre de choses à l'égard duquel la sagessé suprême n'ait rien déterminé, rien preserié, n’ait imposé aucun devoir? Existe-t-i! cct ordre de choses ou Diou ait laissé les borames agir comme ils le voudraient sans avoir de compte à lui rendre ? Existe-t-il cet ordre de choses où l'on puisse dire au Seigneur: Nous chassons d'ici votre ministre, car ce qui s'y passe n'est pas de vos affaires.
Vous sentez qu'il y a là quelque chose de blasphématoire..…...Êt c’est cependant ce que vous avez lu e£ entendu, non pas sans doute en termes ausi explicites, mais dans des assertions ayant absolument ce sens pour quiconque sait raisonner, |
L'unité est le caractère essentiel des œuvres de Dieu, parce que l'unité est Dieu même, La création entière doit avoir un but unique. En créant le monde, le Tout- Puissant n’a pu avoir d’autre terme de sa pensée que lui-même, c’est-à-dire sa gloire par la manifestation de ses attributs ct
l'hommage qu'il devait recevoir de ses créâtures. Principe de tout ce qui existe, il en doit être la fin. Tout descend de lui, tout doit remonter vers lui. Voilà ce que la suprême justice, la loi générale de l’ordre découvrent à la raison, et ce que la religion proclame en faisant un devoir à l’homme de tout rapporter à Dieu. :, |
Supposons un oxüré, de connaissances, un ensemble de rappoïts de l'homme avec les êtres créés, qui, À’stn dernier terme, arriverait à une autré fii.que Dieu. Quelle pourrait être cette fn:?: Comment dans le système général deg ‘lois dela création, pourrait se trouver get ordre de choses, qui aurait un résultat particulier, dérogeant au but qu’à dû se proposer le Créateur? Cela répugne à la foi et à la raison.
outes les sphères.oï s’exercent l’intelligence humaine relèvent donc de la religion. Chacune d'elles’ doit rendre hommage au Seignour qui est le Dieu des sciences. Deus scientiarum Dominus est (1: Reg. 23.) LEA
Pour cela elles ont besoin d’être dirigées par les enseignements théologiques qui les maintiendront dans le cours qu’elles doivent suivre pour aller à Dieu. Les sciences diverses doivent donc obéir aux ordres de la science sacrée, dont, selon la parole
reçue aux âges de la foi, elles né sont que les servantes.
Pour emprunter une comparaison à l'ordre physique qui n'est que le reflet de l'ordre intellectuel, voyez ces astres de notre système planétaire roulant avec une si belle harmonie dans les régions célestes.
Poussés par une force particulière, iis tendent à s'échapper dans les espaces sans fins ; mais ils sont attirés par le soleil qui les maintient dans les limites prescrites à leurs évolutions, et ils accomplissent leur course majestueuse chacun dans son orbite spécial.
C'est l'image du mouvement des divers ordres des connaissances humaines. (Chaque science à son activité distincte qui la porte à son but particulier ; elle a sa liberté d'action, son influence spéciale sur le bonheur de l’humanité, et pour cela élle a des lois propres qui ne doivent pas être violées. Mais le soleil de la religion est là qui fait sentir sa puissance d'attraction à chaque sphère où s'exerce l'intelligence humaine, lui fait réfléter quelques rayons de sa vive lumière, et la maintient dans un mouvement régulier où elle est toujours sous l'influence de l’immuable vérité.
D’après ces considérations, Dieu est donc intéressé, si je puis ainsi parler, dans toutes
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les œuvres de ses créatures. Il ax droit d'y intervenir pour faire connaître ses volontés, les desseins de sa providence et les lois dont l'observation est nécessaire pour le maintient de l’ordre qu'il a établi.
Mais où Dieu intervient le prêtre doit intervenir, Car ilest son organe. ÎIla droit de dire en tout ordre de choses :
Voici ce qu’enseigne la théologie, voici ce que Dieu commande ou ce quil défend.
Il suit de là que l'exclusion du prêtre, c'est l’exclusion de Dieu.
Aussi ceux qui crient si fort contre la parole du prêtre ne le font que parce que la doctrine qu'il enseigne contredit leurs idées, gène leur liberté” ou plutôt leur licence, et s'oppose à leur action. Ils veulent secouer le joug de la loi divine et voilà pourquoi ils repoussent la main du prètre qui le présente. Ils ne veulent pas, disent-ils, être endoctrinés ; cela répugne à l'indépendance de leur raison,
Eh bien, ilsont beau faire : il faut qu'ils subissent la soumission de leur intelligence à celle d'un autre. ‘“ L'homme, 4 disait le P. Lacordaire, à l'élite de la “ France, l'écoutant à Notre-Dame de # Paris, l’homme est un être nécessaire-
‘ment enseigné. Il ne s’affranchit de “ l'enseignement qui lui a été donné, qu'en
‘acceptant de nouveaux enseignements : i: dohé il se croira peut-être le juge, mais “ dont il ne sera au fond que lé serviteur.” On ne veut pas entendre la parole du prêtre; on ira écouter une autre parole qu'on adoptera sans la discuter parce qu’elle flatte une passion, et qui cependant imposera à l'esprit des idées propres à l’humilier, à ‘aison de leur opposition à la raison et à la vérité. Ceux qui profèrent cette parole ne sont pas les ministres de Dieu : leur ministère vient d’un autre maître, do celui qui est uppelé le Père du mensonge. Peutêtre serait-il aussi honorable d'écouter la doctrine que Dieu a révélée et dont la théologie déduit et applique des conséquences, que fait connaître le prêtre.
Après avoir montré que la religion doit contrôler les divers ordres des connaissances humaines, et, que, par conséquent, le prêtre, qui est son organe, a le droit d’intervenia pour empêcher qu'on ne porte atteinte aux vérités de la foi dont il est le gardien et le propagateur, j'entrerai dans “des ap:
plications toutes pratiques de ce principe que je viens d'établir.
Voici, je le suppose, que s'élèvent des chaires dans lesquelles nn hant enseigne-
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ment est offert à la jeunesse. Ou s’y occupe do questions qui sont l’objet de la Philosophie. Est-ce que l’on va soutenir que la religion n’a point à prendre connaissance des matières que l'on y traite,sous prétexte que c'est avec les seules lumières de la raison qu'on prétend les discuter ?
Mais cette raison même, la révélation a le droit de Jui assigner les limites dans lesquelles elle doit se contenir, et de veiller à ce qu'elle ne tombe pas dans ces égarements auxquels, sous l'influence des passions, des préjugés, d’une fausse éducation ou de la faiblesse de l'esprit propre, elle n’est que trop souvent sujette? Et d’ailleurs la phNosophie se trouve nécessairement dans le domaine de la foi, dès lors qu’elle aborde une question tant soit peu importante de la métu-physique et de la morale,et qu’elleveut remonter aux principes des choses dans quelque ordre que ce soit.
Quelle est l’origine du genre humain ?
Sommes-nous les descendants d’un premier homme formé immédiatement de Dieu dans la plénitude des plus nobles facultés de l'esprit ou du cœur,comme l’enseignent les livres sacrés, —ou devons-nous humblement remonter, ou plutôt descendre, à je ne sais quel animal hideux pour saluer en lui notre premier père : ce qui est le système en hon-
heur aujourd’hui parmi les adversaires de la révélation et du prêtre ?
N'y at-il qu'une race humaine, et en ce cas l'Eglise a-t-elle raison d’intéresser le zèle de ses apôtres, et en général de tous les fideles, au bien spirituel de ceux qui, sous le rapport de la nature ou de la grâce, sont le moins favorisés parmi les peuples qui habitent la terre,—ou la diversité des espèces nous permet-elle, en repoussant à leur égard tout sentiment de fraternité, de n'avoir pou’ le Caffre et le Hottentot, guère d’autre syrapathie que pour telle espèce de brute dont, on prétend qu'il se rapproche ?
L'inteliigence humaine vit-elle d’un fond de vérités primitivement enseignées et propagées par la tradition,sur lesquelles la raison, sans doute, peut et doit exercer son activité, et dont elle peut développer certaines conséquences sans sortir des bornes qui semblent déterminer sa puissance actuelle ; —ou cette intelligence s’est-elle dégagée insensiblement, par son énergie propre, de ténèbres plus ou moins épaisses pour s’élever à des régions plus ou moins lumineuses, et doit-elle, par un progrès continu, entrer dans une sphère où ses facultés s’agrandissent indéfiniment et réalisent pour l'avenir bien au delà de ce qu'on prétend qu’elle a accoinpli par le passé ?
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L'âme est-elle une substance purement spirituelle, douée de l’immortalité, —ou ne participe-t-elle pas à la nature du corps dont elle suivrait la déstinée périssable ?
En la suposant parfaitement distincte du corps, les rapports qui l’unissent à celui-ci sont ils si étroits que son activité ne soit que la servante de la sensation, et que l'organisation à laquelle elle est assujétie rende sa liberté une chimère ?
En. admettant la réalité de la morale, celle-ci est elle indépendante, selon l’expression reçue, c’est-à-dire, trouve-t elle sa raison d'être absolument en dehors des principes religieux ?
Quels sont les devoirs que les hommes ont à remplir les uns envers les autres dans les relations si multipliées des individus, de ceux qui forment une même famille, des membres de la société civile et politique, et des divers peuples dans lesquels se partage l'humanité ?
Je le demande, ces questions si graves entrent elles dans les recherches de la Philosophie ? Apparemment, puisqu'on les trouve discutées dans tous les traités qui ont cette science pour objet. Sont-ellles aussi des questions religieuses ? Oui, puisqu'on y trouve une réponse dans le catéchisme.
Eh bien! maintenant va-t-on dire que les professeurs de philosophie vont les traiter toujours avec la même orthodoxie que ceux qui sont chargés de l'instruction dogmatique ? Ce serait fort heureux ; maïs ontre que de soi, à moins d’une foi bien ferme, éclairée par de fortes études religieuses, il n’est guère possible de ne pas tomber dans quelque erreur sur ces points divers, l'expérience est là pour attester que partout où la religion n’a pas présidé à l’enseignement sur ces importantes matières, ses dogmes en ont reçu de graves atteintes.
Dira-t-on : Mais dans les chaires profanes on fera abstraction de la révélation, sans intention de la combattre ; on considérera les questions avec la seule lumière de la raison. Vous, prêtre, servez-vous, si vous le voulez, des procédés théologiques ; citez l'Ecriture et les Pères ; nous vous laisserons faire ; de même laissez-nous traiter les choses du point de vue purement rationnel.
Mais si vos arguments amènent une conclusion différente de celle que produisent les données de la foi, croyez-vous que ces deux convictions opposées vont vivre ensemble dans le même esprit, et qu'il ne s'élevera pas entre elles une guerre où nécessairement l’une tombera sous les coups de l'autre ? Tl y a là une absurdité d’une
telle énormité qu'il est inconcevable de comprendre qu'on ait jamais pu en faire entendre l'expression.
Soit, répondra-t-on, il est possible qu’on contredise l’enseignement religieux. Eh bien ! vous avez la chaire à votre disposition : là vous êtes dans votre sphère.
Attaquez nos doctrines, si vous le voulez, etconvainquez les d'erreurs, si vous le pouvez. Mais en dehors de la tribune du temple, silence ; ne venez pas nous faire une guerre importune sur les journaux, par des lectures publiques, dans des entretiens de salon où vous censuriez ceux qui ne pensent pas comme vous.—Je consens à ce que vous exigez, à une condition toutefois, mais condition sine qua non, c'est que vous-mêmes qui enseignez des doctrines hétérodoxes, puis tous ceux qui vous ont entendus parler, tous ceux qui ont appris des autres ce que vous avez dit, et tous ceux qui ont lu dans les journaux, les revues, les publications diverses qui ont rendu compte de vos leçons, que vous tous, vous venez dans l'Eglise, vous mettre au pied de la chaire, et écouter la réfutation que nous pourrions faire des enseignements que vous avez donnés ou reçus, en vous
engagennt à ne faire contre elle aucune protestation.
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Vous trouvez la condition un peu difficile; vous ne voulez pas vous engager à l'accepter. ‘ Attendez-vous alors à notre intervention dans la société pour vous combattre par tous les moyens ep notre pouvoir, par toutes les voies de la publicité qui seront à notre disposition, Vous ne pouvez done avoir la satisfaction que vou: vous promettez, celle d’endoctriner le peuple à votre guise,—sans roncontrer le prêtre, élevant partout la voix pour signaler lo danger de vos enseignements.
Ce que je viens d’énoncer n’est que la doctrine de l’encyclique du 8 Décembre, 1864, qui a condamné les propositions suivantes du Syllabus.
100. Il n’est aucune autorité à laquelle le philosophe doive se soumettre, ou puisse même le faire.
110. Non seulemeut l'Eglise ne doit, dans aucun Cas, sévir contre la philosophie, mais elle doit tolérer ses erreurs, et lui abandonner le soin” de se corriger ellemême.
140. On doit étudier la philosophie sans tenir aucun compte de la révélation sur-
naturelle.
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Ce n’est pas seulement pour les questions philosophiques que l’enseignement doit être surveillé par le prêtre. Voyez l'histoire. Vous avez souvent entendu répéter le mot du comte de Maistre : “ L’histoire depuis trois siècles n’est qu'une conspiration contre la vérité.” L'Eglise ne saurait être indifférente à la manière dont on l'enseigne ; ses ennemis l'ont travestic pour s’en faire une arme contre elle.
Quand dans l’enseignement historique on remonte aux origines des nations, le défenseur de la vérité religieuse doit voir si l’on donne comme certaines, contrairement à la chronologie des livres sacrés, les antiquités fabuleuses attribuées à quelques peuples par la fausse science du dernier siècle. N’a-t-on pas aussi cherché sans cesse à combattre la vérité des livres historiques du peuple de Dieu, en leur opposant les récits erronés ou mal entendus des historiens profanes de l’antiquité ? Et puis l'histoire du catholicisme est essentiellement liée à tous les grands événements de la vie des peuples qui ont apparu depuis le Christ, L'Eglise a son rôle dans toutes les transformations sociales. Elle en jouit ou elle en souffre ; on la voit intervenir en