PRÉFACE
On pourra s'étonner de ne pas voir une seule fois le mot de Salpingile dans une étude consacrée au traitement des suppurations pelviennes, le rôle attribué maintenant aux trompes dans la production des collections purulentes enkystées du bassin étant prépondérant.
C'est que nous n'avons pas eu d'autre but que l'étude des avantages de la voie sacrée pour aborder les abcès de la cavité pelvienne, quels qu'ils soient. Nous n'avons pas à distinquer différentes variétés de pus suivant que ce dernier provient de tel ou tel organe. Nous n'avons même pas à rechercher si l'abcès siège dans le péritoine ou le tissu cellulaire peliien Le problème, dans tous les cas, reste pour nous le même : aborder une poche de pus enclavée dans le petit bassin.
Dans un premier chapitre nous élablissons combien ces foyers sont difficiles à découvrir, à désinfecter, à drainer.
Dans notre second chapitre, nous montrons que, parmi les méthodes autres que la méthode sacrée, aucune ne peut, d'une
façon générale et absolue, remédier à cette difficulté.
Nous établissons, ensuite, dans notre chapitre IT, que, par contre, les procédés sacrés présentent cel avantage.
Enfin, nous trouvons, parmi cette catégorie de procédés, un mode opératoire qui, avec tous les avantages de la méthode sacrée, ne mérile aucun des reproches qu'on a pu lui faire: c'est le procédé de Morestin.
Nous fixons, en terminant, les cas où le drainage sacré nous semble être particulièrement indiqué.
Nous n'avons pu appuyer notre argumentation sur des comparaisons statistiques pour plusieurs raisons. Nous n'avons pu trouver, dans la science, qu'un très petit nombre d'intervenlions sacrées pour abcès et les statistiques que nous avons trouvées concernant les autres méthodes ne semblent pas comparables entre elles.
Nous n'avons pas non plus parlé de l'hystérectomie vaginale comme moyen de drainage pelvien. Cette intervention récente étant encore très discutée, il est difficile de se rendre un compte exact de sa valeur. Elle semble d'ailleurs convenir à des cas très particuliers (suppurations diffuses du tissu cellulaire pelvien ayant transformé ce dernier en une véritable éponge purulente). De l'aveu même des auteurs cette méthode ne doit étre employée que dans les cas où la chirurgie actuelle pratique l'ablation des annexes. C'est donc avec cette dernière opération qu'elle doit être comparée (Segond. — Rev. Chir., 10 avril 1891, p. 350).
Avant d'aborder cette étude qu'il nous soit permis d'offrir l'assurance de notre vive gratitude à nos maîtres des hôpitaux civils et militaires qui, en nous présentant les études médi-
EN rE cales sous un jour plein d'altraits, en nous en faisant comprendre la haute portée, ont su nous faire aimer la médecine à la fois comme science et comme art.
Nous avons à acquitter une dette de reconnaissance toute particulière envers M. le professeur Pollosson qui nous fait le grand honneur de présider notre thèse.
M. le professeur Testut nous a admis dans son laboratoire ; qu'il veuille bien croire au prix que nous avons attaché à cette faveur toute spéciale.
Que M. le médecin-major Sieur, nous permette de le remercer, lui aussi, pour les marques d’intérél qu'iln'a cessé de nous témoigner pendant nos trois années d'EÉcole. C’est l'observation de deux malades de son service qui a inspiré cette étude, pour la rédaction de laquelle ses conseils nous ont été d'un grand secours.
Nous remercions également nos chefs de l'Ecole du Service de Santé Militaire, pour la bienveillance qu'ils nous ont témoignée.
Îos camarades de promotion, enfin, par leur franche cordialité et leur bonne humeur, ont été pour nous d'aimables compagnons. Qu'ils veuillent bien croire au bon souvenir que
nous garderons toujours d'eux.
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Collections purulentes du petit Bassin