‹ De l'intoxication saturnine chroniqueChapitre 19 sur 36 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Communiquée par M. Vulpian). — Paralysie des extenseurs. — Coliques

saturnines.

Dubet, François, 26 ans, peintre, entré le 14 février 1872, salle Saint- Raphaël, service de M. Vulpian.

Le sujet jouit d'une bonne santé habituelle; il n*a pas eu de maladie antérieure grave; il emploie depuis huit ans des couletirs qui renferment des préparations de plomb.

Les premières coliques de plomb datent de 1 889 ; elles furent trèS'Vlolentes, persistèrent quinze jours environ, s'accompagnant de frissons, de lièvre.

Les extenseurs présentèrent une pavalysie qui alla croissant pendant tout le temps que durèrent les coliques. L'électricité, les bains sulfureux eurent raison de ces accidents. Après six mois, la paralysie avait cessé complètement.

Au plus fort de ses Coliques, à deux reprises différentes, le malade s'êtant levé, eut une sorte d'ébloulssement, perdit connaissance, tomba et resta dans Un état de somnolence qui dura cinq minutes environ. Il n'avait aucun souvenir de ce qui s'était passé après l'attaque, mais ceux qui l'entouraient lui dirent qu'il avait écumé beaucoup.

îl y a un mois environ, pour la seconde fols, coliques moins fortes et de durée moins longue, s'accompagnant également de paralysie. EnQn, depuis trois jours, le sujet est en proie à de nouvelles coliques. La douleur

s'est d'abord fait sentir au creux de l'estomac et s'est ensuite peu à peu étendue à tout le ventre. Avant-hier et hier, les coliques se sont déclarées avec tous leurs caractères : frisson, fièvre, nausées, vomissements pénibles d'une matière verte, amère, etc.

La paralysie des extenseurs qui n'avait pas cessé complètement depuis la dernière attaque a pris une nouvelle intensité. Le malade était dans l'impossiliilité d'étendre les trois derniers doigts même quand on lui tenait le poignet.

État actuel. — Les coliques sont moins intenses que les jours précédents. La fièvre persiste, pouls 130. La langue est blanche, l'appétit nul, lascif vive.

Liséré des gencives; respiration difficile. L'examen du poumon ne présente rien de particulier.

Le cœur est intact; on entend un souffle fort dans les vaisseaux du cou; pas de céphalalgie.

Électricité. — Pas de contraction des extenseurs; fléchissures intacts; les interosseux se contractent, amènent flexion des premières phalanges, extension des deuxièmes.

Le radial électrisé dans la gouttière de torsion de l'humérus n'amène aucune contraction.

L'électrisation des faisceaux antérieurs du deltoïde n'amène pas de contraction bien manifeste de3 fibres musculaires.

16 février. — Temp. anale matin 36°4, pouls H 6.

19 février. — Temp. 36% pouls 120.

La sensibilité à la piqûre est généralement affaiblie, mais il n'y a point d'endroits où elle soii: complètement éteinte. On constate cette diminution de la sensibilité cutanée surtout à la racine du membre supérieur, au niveau du pectoral et du deltoïde.

Le malade est très-affaibli.

21 février. Temp. 36°, pouls 116.

Épistaxis peu abondante.

22 février. — Temp. SôH, pouls 116.

Pendant les jours suivants môme état, même température du matin.

20 mars. — Depuis quelques jours le malade sent mieux le courant électrique. Des contractions se montrent, faibles il est vrai, dans les extenseurs; on continue l'électrisation.

3 juin. — Le mieux continu, il se manifeste surtout dans le bras droit qui du reste a été moins atteint; l'anémie persévère; au dynamomètre 1 5 à gauche, 20 à droite.

3 juillet. — Au dynamomètre le membre gauche donne 30 kil., le droit 45.

30 décembre 1872. — Le malade ne présente plus aucune trace de l'affection saturnine sauf dans les membres supérieurs, il peut lever son bras ; la flexion se fait bien dans toutes les articulations de la main, mais les poignets ne peuvent être redressés; les bras ont repris leur embonpoint.

Le sujet sortie 19 mai 1 873. — Il ne reste qu'un peu de faiblesse dans les poignets; lorsqu'il laisse ses bras élevés, il survient vite de la fatigue.

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