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Les rrtlissoircs à gaz, éinafllies, signalées comme dangereuses, le sont I en effet, parce qu'il s'y forme du carbonale de plomb.
Plomb absorbé uccidentellement. — Le plomb absorbé eh nature peut . donner lieu à des phénomènes d'intoxication. M. Ruva a vu, dans un cas, l'ingestion de dix grains de plomb occasionner une colique saturnine bien caractérisée. {Gazette Médicale, 1838.)
Lalouelte, faisant manger à des chiens des poussières métalliques provenant de fours de potiers, détermina des accidents de coliques. {Traité des Scrofules, t. IL)
Trousseau cite le cas d'un homme qui mâchait les grains de plomb contenus dans son encrier et les rejetait ensuite. Il présenta des accidents d'intoxication. {Gazette des Hô-pitaiix, t.^06, t. f, p. 333.)
M. Tuson, vétérinaire, rapporte que trois vaches moururent avec des symptômes obscurs : à l'autopsie, on trouva des fragments de plomb dans leur bonneit. Elles avaient mangé i'hei'be qui avoisinait une cible, et on retrouva, dans le pâturage, des fragments de plomb analogues à ceux qu'on avait trouvés dans leur estomac. {Britisch médical journal, 1864, p. 173.)
Quant aux préparations de plomb absorbées accidentellement par les hommes ou les animaux, elles causent les accidents des intoxications professionnelles.
Empoisonnement par le sous-nitrafe de bisràiith ifnpur. — M. Millard rajiporle le cas d'un homme atteint de diarrhée clironiqile et qui prenait habituellement du sous-nitrate de bismuth. Il en achète un jour dans une pharmacie , l'élève qui le sert se trompe de bocal et lui donrte, probablement, de là céruse k la place du médicament demandé. Le mauvais goût de ce poison fait que le malade en cesse bientôt l'usage ; mais pour ne pas le perdre, il le mélange avec du sous-nitrate de bismuth pur et en prend chaque jour. Au bout de peu de temps, il présente tous les phénomènes de l'intoxication. Ce fait a été l'objet d'une communication à la Société médicale des Hôjjitaux, séance du 23 novembre 1860.
M. Guérard l'ait observer que le sous-nitrate de bismnlli impur contient de l'arsenic, et que, dans le fait rapporté par M. Millard, il devait y avoir empoisonnement par l'arsenib et non pas par le plomb. Ce malade reprit ]ieil à pëu ses occupations, mais il resta sujet à des gastralgies très-pénibles'. Il resta pâle, affaibli, amaigri et fut longtemps à se remettre dès effets dé l'irifoxication saturnine.
Einploid>?s rosmétiqïies, fards, Miitïires. — Tanquerel des Planches, t. l, ]). à 08, nie l'absorption directe à travers la peau. Cependant, mûme àvâh't' rëtHîfsè de Manouvriez (1874)', on avait cité des cas d'iiltbxication directe ayant amené soit la colique, soit, surtout, des phénomènes iki'àlyty4ues et anesthésiques. Les cosmétiques au plomb sont l'un des agents de cette intoxibation directe. Zeller, dkdë sa thèse, rapporte, d'après Mœglih, le cas d'iihe dame noble qtli, se .■5ervïtMt' de lUhar'gb poui- dissijlel:' lès roti''geurs de .sa figure, fut prise tout à coup de dyspttée, dfe lipothymies, de violetites douleurs dans l'abdomen, d'efforts dé vomissements et de nausées. Etaient-ce des âCcidénts saturtliris? Oti pOiirriait le croire;
Mkls d'autres âlitéilrs sont plus exjjUcites : Hrambllla raJpporfe, dàtt.s'lbs
Mémoires de V Académie de Vienne, 1837, un cas d'intoxication par des cosmétiques contenant de la litharge.
Fïévée de Jeumont {Gazette médicale de Paris, i8o!)) assure que le blanc de fard produit l'intoxication; d'après lui, c'est sur les Clets nerveux cutanés qu'il fait ressentir d'abord son action. Il rapporte l'observation d'une actrice atteinte d'empoisonnement général de l'économie par le plomb provenant de l'abus du blanc de fard pendant nombre d'années; toute la surface du cor]is était frappée d'insensilDilité.
On lit dans le Médical Times and Gazette du 10 septembre 1864, p. 279, l'observation d'une jeune 1111e de 20 ans se plaignant de faiblesse dans les poignets. Depuis 18 mois elle se cacbectisait, mais il ne se produisait pas de phénomènes de vraie colique ; un peu de constipation et quelques vomissements. Les chevilles sont gonflées; elle a des taches livides et des ulcérations superficielles sur les jambes; elle ne peut étendre les doigts, ses mains sont pendantes; les muscles des éminences tbénar et hypothénar sont atrophiés. On pensa alors à des accidents saturnins, et on chercha comment le plomb s'était introduit dans l'économie. La malade avoua qu'elle se poudrait avec du « blanc de perles », et un droguiste déclara •Avoir \endn dn carbonate de plomb, iant à la malade qu'à ses sœnrs. Ces dernières ne présentèrent pas d'accidents, ce qui est probablement dû à leur meilleur état de santé habituel.
Cas d'intoxication observé chez un homme qui maniait le linge appartenant aux ouvriers d'une fabrique de cérusc. (Depuis, Mémoire de la Soc. de Biologie, t. IV, 4e série, p. 1?3, 186fi.)
Biberons en caoutchouc. — Eulenberg rejette l'emploi des biberons en caoutchouc. Il en tît examiner plusieurs provenant d'une fabrique de Berlin ; ils contenaient des traces d'oxyde de zinc, 25 % de craie, et 13 1/2 "/ de carbonate de plomb. Monatsschrift fur Sanitdtspolizeî, II. 8 et 9, p. 1861, et Schmidt's Jahrbûch, 18( 2 t. 114.
Intoxications professionnelles. — Le tableau n° 2 est presqu'entièrement tiré de Tanquerel des Planches (t. I, p. 92 et 93.) On peut donc, si l'on veut de plus amples détails, consulter l'ouvrage original. Pour les autres, voici quelques indications sur les causes de leur intoxication et sur les auteurs qui les ont mentionnés :
Fabricants de verre mousseline. — M. Hillairet communique, le" mars 1865, les résultats de ses recherches sur cette branche de l'industrie. Il conclut que l'estomac est le seul organe où la poudre d'émail, emplo)'ée dans cette fabrication, puisse être convertie en partie en un sel soluble et être absorbé. M. Gallard s'est aussi occupé de cette question, {Annales d'hygiène et de médecine légale, 186')).
Les dessinateurs en broderies se servent d'un poncif composé de cérusc et de résine. (Duputel, Thèse de Paris, 1873.)
Les ouvrières en dentelle pour conserver aux dentelles leur blancheur, les mettent entre deux feuilles de papier de céruse, dit blancd'argent.puis, par frappage, on force mécaniquement le blanc de céruse à imprégner les dentelles. Leur maniement devient alors dangereux. (Duputel, loc. cit.)
Les tisseuses de coton sont intoxiquées, parce que, dans le but de donner plus de poids à leur marchandise, on ajoute de lacéruse aux apprêts qu'on fait .subir au coton. Ce fait a été signalé à M. Duputel par le docteur Aubé.
Cette cause d'intoxication est rare aujourd'hui, car au lieu de céruse on se sert actuellement de sulfate de baryte.
Les ouvriers en soie sont soumis à plusieurs' causes : autrefois l'usage des métiers Jacquart était pernicieux. (Dalmenèche, 1842). Cette cause a disparu aujourd'hui, mais il y en a bieu d'antres. On ajoute aux apprêts de la soie, soit de la litharge, soit de l'acétate de plomb. On a eu des accidents d'intoxication, et mêmes des accidents mortels, à la suite du maniement de ces soies. (Duputel, lac. cit.)
La même cause rend compte des intoxications chez des couturières. {Gaz. des hôpitaux, 1856, p. 32o.)
Dévideuse de laine colorée en orange. — Un cas de mort avec autopsie dans le Médical Times and Gasefie (24 déc. 1864, p. 692). Cette laine avait été colorée à l'aide de « lead Suger, » c'est probablement un cbromate de plomb di\ à une double décomposition de l'acétate de plomb.
La cause de l'intoxication plombique chez les ouvriers travaillant à la ' ontre oxydation du fer, a fait l'objet d'un mémoire de M. Archambault. Selon cet auteur, la pLa&e dangereuse des manifestations est celle dans laquelle l'ouvrier agite, au-dessus de la pièce à contre-oxyder, un tamis chargé de cristal plombique réduit eu poudre. Dans ce mémoire, l'auteur cite trois cas de mort avec convulsions épileptifoi'mes. Un rapport de M. Potain sur ce travail a été fait à la Soc. méd. des hôpitaux, le 22 juin 1861. Voir aussi l'JJjii'on médicale, 1869, n» 24.
Trousseau rapporte, dans la Gazette des hôpitaux, 1856, p. 323, un cas d'intoxication chez une femme qui travaillait dans une fabrique de bâches. Pour les rendre inaltérables, on se sert, en effet, de préparations de cuivre l't de plomb.
Les cardeurs de crin sont aussi quelque fois atteints d'intoxication plojubique, car on colore le crin avec du sulfure de plomb. Voir : Studien uber Blei Venjiftung von Eduard Hitzig, Berlin, 1868.