‹ De l'intoxication saturnine chroniqueChapitre 32 sur 36 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

(Communiquée par M. Pitres, interne des hôpitaux). — Arlhralgies. — Troubles cérébraux. — Troubles de l'ouïe. — Paralysies.

Tison, Alexandre, 50 ans, ornementiste, entré à l'hôpital Beaujon le 21 février 1875, salle Beaujon.

Cet homme est allé travailler pendant quatre mois, de septembre à décembre 1874, dans une fabrique de céruse. Il a quitté la fabrique à Noël, parce qu'il avait une violente attaque de coliques sèches. A ce moment, il n'avait pas de paralysie des extenseurs, pas d'encéphalopathie, pas d'arthralgie. Cela dura pendant cinq semaines. Au sortir de l'hôpital, le malade a repris son état d'ornementiste, dans lequel on ne se sert pas du tout de pj'éparations plombiques. Mais après avoir travaillé pendant quatre ou cinq jours, il commença à ressentir dans les articulations des douleurs assez vives pour le forcer à interrompre ses travaux.

Etat actuel. — 21 février 1875. — Le malade se plaint d'éprouver des douleurs très-vives dans les articulations. Les plus douloureuses sont celles des vertèbres lombaires et celles des épaules; mais toutes les autres articulations sont prises, il est vrai, à un moindre degré. Les petites articulations des doigts, celles des orteils, celles de la mâchoire sont à peu près complètement indolentes. Les douleurs articulaires sont très-peu marquées dans le repos de l'articulation. Le moindre mouvement les exaspère ; la pression des parties voisines de l'articulation est moins douloureuse que les mouvements; quand on presse l'un contre l'autre, les deux os qui forment une articulation (quand, par exemple, on presse l'humérus contre la cavité glénoïde ou le tibia contre les condyles du fémur) les douleurs sont encore plus vives que dans les mouvements. Il n'y a pas de douleurs vives spontanées ; quand le malade ne bouge pas, il ne souffre pas. Les masses musculaires sont tout à fait indolentes.

Aucune rougeur, aucune tuméfaction des articulations douloureuses.

Ces douleurs articulaires ont commencé il y a une quinzaine de jours, c'est-à-dire quatre jours après que le malade était sorti de l'hôpital, guéri de ses coliques.

Le sommeil est assez bon; cependant, le malade est quelquefois réveillé par des soubresauts; il est aussi réveillé, chaque fois qu'il remue, par l'acuité des douleurs; il a des cauchemars presque toutes les nuits. De plus, le malade a, depuis quinze jours, des éblouissements. Voici comment cela se passe: Il sent une faiblesse dans tous ses membres; en même temps ses oreilles lui bourdonnent; il voit des pluies de neige ou des pluies de feu; il perd presque complètement connaissance; il faut qu'il s'appuie, sans cela il tomberait. Cela se reproduit de deux à six fois dans la journée (le plus souvent deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures). Pas de miction involontaire. Après cela le malade éprouve un mal de tôte trèsintense, qui dure longtemps; la céphalalgie est pour ainsi dire continuelle depuis quinze jours.

Le malade a de la faiblesse dans la main droite ; il peut la mettre dans l'extension, mais pas d'une façon absolument complète. Quand il l'étend

autant que possible, on constate que le petit doigt et l'annulaire sont moins étendus que les autres doigts et qu'ils forment encore une courbe à concavité dirigée vers la face palmaire. Le malade sent qu'il est plus faible. Il aurait de la peine à lever une chaise de la main droite. La main gauche est beaucoup moins frappée; le malade éprouve souvent dans les doigts, surtout dans ceux de la main droite, des engourdissements et des fourmillements qui durent quelques instants et sont suivies de sensation de picotements assez pénibles.

Les jambes ne présentent aucun trouble de sensibilité. La jambe droite est un peu plus faible que la gauche; elle se fatigue un peu plus rapidement.

La sensibilité au contact et à la douleur est émoussée dans tout le membre supérieur droit ; il faut le pincer très-fort pour qu'il sente une légère douleur; on peut percer sa peau avec des épingles.

Pupilles égales et contractiles.

Langue large, humide; appétit bien conservé; selles régulières; ventre indolent.

Pouls régulier, 64.

Urines claires, limpides, ne contenant pas du tout d'albumine.

2'2 février. — Le malade n'a pas eu d'éblouissement dans la journée d'hier. La paralysie des extenseurs de la main droite est un peu plus marquée. Dans les plus grands efforts il ne peut mettre les doigts dans la position horizontale.

Pas de troubles des organes des sens.

Pas de tremblement.

Liséré gingival peu marqué.

•23 février. — Un éblouissement dans la journée d'hier. La paralysie des extenseurs n'a pas augmenté. Les douleurs arthralgiques sont aussi fortes; pas de myosalgie.

25 février. — Le malade a eu un vertige le 24 février à 5 heures du soir. Le 25 il n'en a pas eu ; les douleurs n'ont pas varié.

26 février. — Pas d'accès de vertige. La paralysie des extenseurs des doigts de la main droite s'accentue. Quand on dit au malade de relever les doigts et qu'on résiste à ce mouvement, on voit qu'il ne développe aucune énergie. Anesthésie cutanée du membre supérieur di'oit jusqu'au niveau de l'insertion du deltoïde.

Dans le membre inférieur droit, la sensibilité est moins développée que du côté gauche, mais il n'y a pas d'anesthésie.

Sur le tronc la sensibilité est égale des deux côtés.

L'œil droit est plus faible que le gau.che : le malade ne peut pas lire de l'œil droit seul ; pas de diplopie. Il entend mieux de l'oreille gauche que de la droite; il sent mieux de la narine gauche que de la droite. Dans les membres il n'y a pas d'anesthésie absolue, mais simplement diminution de la sensibilité cutanée; quand on pique profondément la peau, ou qu'on la pince fort, le malade le sent, et m&me en éprouve de la douleur.

Pas d'atrophie appréciable des masses musculaires de l'avant-bras.

Lorsqu'on dit au malade de serrer la main, il a beaucoup moins de force du côté droit que du côté gauche.

Les douleurs articulaires sont aussi fortes d'un côti'- que de l'autre. Céphalalgie presque constante.

Les urines sont claires et ne contiennent ni sucre (liq. de Fehling), ni albumine (chaleur, acide nit.).

2 mars 1S75. — Pas de vertige depuis quatre jours. Céphalalgie constante. Le sommeil est assez bon, troublé souvent par des cauchemars : il est poursuivi par des assassins et ne peut pas se sauver, etc.

Les douleurs articulaires sont aussi fortes. Pas de myosalgie.

La paralysie des extenseurs droits est mieux accentuée. Le malade ne peut mettre sa main dans la position horizontale; les doigts sont toujours à moitié fléchis. Cette main droite est le siège d'une sensation d'engourdissement constant. Les doigts semblent au malade gonflés, volumineux, lourds. Les fléchisseurs sont eux-mêmes un peu malades, car si on dit au malade de serrer la main, il déploie incomparablement moins de force avec la droite qu'avec la gauche.

OBSERVATION XXF.

(Communiquée par M. Pitres, interne des hôpitaux). — [Observation résumée.) — Coliques saturnines. — Arttiralgie. — Tremblement. — Paralysie des extenseurs.

Piétrot, Eugène, 27 ans, peintre en bâtiments depuis l'âge de douze ans.

Coliques en 1850; deuxième attaque, 1869; tS71, troisième attaque. La paralysie commence; en même temps que commence l'affaiblissement, se montrent des douleurs arthralgiques.

A partir de cette époque, son sommeil est troublé par des cauchemars. Depuis 1871, sept nouvelles attaques de coliques jjIus violentes à mesure qu'elles se répètent et qui s'accompagnent de douleurs le long des membres, de céphalalgie intense, et d'arthralgies. Pas de délire, pas de paralysie.

En novembre 1874, il cesse de manier des préparations de plomb. Néanmoins, le 6 janvier, sans cause apparente, il est pris de coliques sèches très-intenses.

Il entre à l'hôpital Beaujon le 8 janvier 1875.

Chancre à 19 ans, pas d'autres manifestations syphilitiques ; n'est pas alcoolique.

État actuel. — Sujet vigoureux, teinte subictérique des sclérotiques, liséré.

Les coliques sont très-violentes. Les douleurs naissent au pourtour de l'ombilic, et de là s'irradient vers le bas-ventre.

Depuis un mois, le malade a une paralysie des extenseurs des doigts du côté droit. La main est dans la demi-flexion sur l'avant-bras. Doigts fléchis dans la main. Les fléchisseurs sont légèrement affaiblis. Aucun trouble de sensibilité soit générale, soit spéciale.

Le malade se plaint d'une céphalalgie intense et persistante, étendue à toute la tête, assez forte pour l'empêcher de dormir.

Douleurs assez vives au niveau des grandes articulations, continues et exaspérées par la chaleur du lit. Dans les muscles paralysés le malade éprouve souvent des crampes douloureuses.

Les muscles du côlé droit, muscles extenseurs, ne se contraclent plus sous l'influence de l'électricité; les muscles extenseurs du côté gauchi.' réagissent facilement. Les fléchisseurs sont intacts.

Tremblements généralisés.

Le 7 février, le malade quitte l'hôpital à peu près complètement guéri, sauf la paralysie qui existe encore dans un certain degré du côté droit. Tous les phénomènes morbides ont décru peu à peu, sans présenter rien de particulier dans cette évolution.

OBSERVATION XXIL

(Gommuuiquée par M. Clermont, interne des hôpitaux). — [Observation résumée.) — Saturnisme possible. — Accidents cérébraux. — Goutte.

Brugcon, Jean-Nicolas- Auguste, ;)3 ans, peintre en bâtiments, entré le 20 janvier 1875, salle Saint-Luc, service de M. le professeur Chauffard.

Peintre depuis 12 à 13 ans (la mère est morte avec des signes qui rendent presque certaine une paralysie générale), il ressent depuis 5dO ans des

I roubles cérébraux bizarres revenant par intervalles et caractérisés par une agitation, un besoin incessant de déplacement, de l'amnésie, de l'indécision. Cet élat mental l'a mené bien des fois dans les hôpitaux. Il a fait un séjour de 7 mois à Sainte- Anne. Il ne se rappelle ni les dates ni les durées de ses attiques, ni aucun détail de traitement : c'est cet état mental qui l'amène à l'hôpital Necker.

Etat actuel. — Le sujet a l'aspect cachectique : joues creuses et pâles; le teint est jaunâtre : il n'a pas d'autres manifestations d'intoxication saturnines que des manifestations cérébrales. Encore nous ne sommes pas en présence d'une forme quelconque d'encéphalopathie. C'est un état habituel de trouble mental qu'il faut essayer de dépeindre si on veut le cai'actériser.

Le sujet est absorbé en lui-même, il ne s'occupe pas de ce qui l'entoure.

II ne cause point avec ses voisins ; s'il est interrogé il répond bien, mais brièvement. Quand sa femme et ses enfants viennent le voii", il n'y fait pas attention et continue à s'occuper comme avant leur arrivée; cependant, il dit les aimer beaucoup et parait tenir à leur visite. Jamais il n'a inontré d'irritabilité. Sur son lit, ses mains s'agitent, plient, déplient les couvertures Quelquefois il se lève, alors il se promène sans but dans la salle, parfois en chantant, parfois comme entraîné par une force invincible et accélérant la marche de plus en plus, parfois s'arrêtant brusquement et revenant sur ses pas; la marche se fait sans incertitude, La nuit il se comporte à peu près comme dans la journée.

La parole est lente, la langue est comme empâtée ; les traits sont flxes, la facô est comme liébétée; les pupilles sont inégales, la gauche un peu plus grande.

Pas de tremblements des muscles de la face, ni de la langue, pas de mâchonnement, de mouvements de déglutition, de grincements de dents, de strabisme.

Il ne rit ni ne pleure sans raison.

11 a eu, il y a quelque temps, des hallucinations oh il voyait des châteaux, des palais; ces visions se sont évanouies depuis son entrée à l'hôpital.

Sa mémoire est trè.s-affaiblie, quelquefois il ne reconnaît plus son propre lit.

Il ne présente aucun autre signe de saturnisme, ni liséré, ni coliques, ni aneslhésies, ni paralysies.

Les organes sont sains.

Les fonctions sont normales. L'urine présente une forte proportion d'albumine.

Vers le 15 février l'état général n'est pas changé, à cette époque on voit survenir un gonflement avec douleur et rougeur du gros orteil.

2 février. — Même état. Le gonflement du gros orteil persiste, mais ne s'accompagne plus de rougeur.

Gomment expliquer avec ces troubles cérébraux, en les attribuant à une origine saturnine, l'absence d'autres phénomènes d'intoxicaliou, liséré, coliques, paralysies.

Pour le moment actuel il est facile d'expliquer l'absence de ces phénomènes. Depuis quelques années le sujet ne se sert plus de céruse, mais d'oxyde de zinc. Le liséré et les coliques peuvent donc n'exister plus sans qu'on puisse infirmer l'origine satui'nine.

Antérieurement le malade n'a-t-il pas eu le liséré, les coliques, les paralysies ? 11 le nie, mais peut-on se rapporter à son témoignage?

OBSERVATION XXIIl.

Teste, Augustin, 29 ans, ciseleur, entré le 24 lévrier 187i), salle Saint- Raphaèl, service de M. Vulpian.

Ses parents sont morts dans un âge peu avancé, le père d'une maladie aiguë, la mère de plilhisie pulmonaire. Il n'a eu ni frèi;e ni sœur. Ciseleur et bien jwrtant jusqu'au mois de novembre, il entra, à cette époque dans une fabrique de céruse où il fut employé à tamiser le minium. Dix-huit jours après son entrée il fut pris do frisson, de lièvre, et entra à l'hôpital Cochin. Il avait une pleurésie.

(Si l'on remonte à l'observation VIII, communiquée par M. Vulpian, on voit une péricardite se montrer au début de l'intoxication, ici nous avons une pleurésie.

Y a-t-il une relation de cause à effet, ou s'il n'y a qu'une coïncidence? On ne peut rien juger sur un nombre de faits si restreints.)

Au cour de cette maladie, qui évoluait avec ses caractères normaux, il fut pris de coliques très-vives, évidemment saturnines. Ce sont ces coliques qui, l'ayant repris au sortir de l'hôpital Cochin, l'onl fait entrer à l'hôpital de la Pitié.

Le sujet est assez robuste, son visage n'a point la teinte particulière des saturnins. Comme accidents, il ne présente que des coliques. Les organes sont sains. Pas de tremblements.

Les poumons font entendre, surtout aux deux sommets, quelques râles peut-être simplement de bronchite. Le malade affirme qu'il ne tousse pas ordinairement, qu'il n'a pas de sueurs, qu'il n'a pas maigri.

Le cœur est sain, lo pouls donne un tricrotisme très-visible qui n'a pas été suffisamment rendu dans la reproduction de la page 29. Le sujet

était bien choisi pour nous donner la notion de la déformation du pouls au début de l'intoxication. En effet il n'avait été soumis que quinze jours aux poussières plonibilères.

Intoxication saturnine chronique locale et directe, j)ar absorption cutanée, chez des potiers de terre.

(Note communiquée par I\T. le D'' Manouvriez, de Valencieimes).

Dans les deux observations suivantes, portant sur deux plombmrs de. poteries de terre vernissées dont le travail consiste à saupoudrer les pièces humides avec de l'alquifoux ou sulfure de plomb en poudre, nous avons constaté des troubles de sensibilité seulement, siégeant à la main qui agile le tamis. La main sur la paume de laquelle repose la pièce à saupoudi'er est protégée par cette pièce même contre les particules plombiques; aussi l'avons-nous trouvée indemne. Chez les ouvrières travaillant à la contreoxjdalion du fer, atteintes d'intoxication saturnine par la poussière de crislal dans la composition duquel entre une forte proportion de minium, et qui font le sujet d'un mémoire de Ladreit de la Chai'rière (Archives de médecine, déc. IdoO), les accidents ont prédominé à la main avec laquelle elles tenaient les crochets à saupoudrer. Cette main n'élaut pas protégée par la pièce à vernir comme chez nos potiers, était sans cesse couverte de poudre de verre.

Les deux plombeurs que nous avons observés sur place, travaillant dans une fabrique de poteries de terre vernissées ne se plaignaient d'aucun malaise; ils peuvent nous donner une idée de l'état habituel des plombeurs de poteries, lors môme qu'ils ne réclament pas les soins du médecin. Ils n'avaient jamais souffert de coliques; ils n'étaient mêmes pas constipés. Les crampes et la paralysie motrice n'existaient pas au moindi'e degré. Quant au liséré gingival dont ils étaient porteurs, il peut être considéré comme directement produit par la poussière de sulfure de plomb déposée sur les gencives pendant la saupoudi-ation.

Obs. \. — Plombeur de poteries, gaucher. — Seulemeat liséré ginginal. — Parésie sensitive de la main et de l'avant-bras gauches.

X..., âgé de 22 ans, plombeur d'une fabrique de poteries de terre vernissées, travaille depuis dix années au plombage, de deux jours l'un. Il est gaucher. Sa main gauche qui agite le tamis rempli de poudre de sulfure de plomb est plus souillée que la main droite sur la paume de laquelle est placée la pièce à saupoudrer qui la met ainsi à l'abri des particules plombiques.

14 janvier 1874: liséré gingival, mais jamais ni constipation ni coliques.

Pas de crampes. Intégrité de la force musculaire. Sensibilité tactile normale (l'aesthésiomètre n'a pas été employé); mais diminution des sensibilités à la douleur de la brûlure et du pincement

(hypalgésie) et au chatouilltment {hypopallesthésie) à l'avant-bras et à la main gauches.

Chez l'autre plombeur de la même fabrique, également gaucher, mais lamisant de la main droite, et non de la gauche comme le sujet de cette dernière observation, c'est la main droite qui est paralysée de la sensibilité. Ce fait démontre clairement l'action topique du plomb.

Obs. II. Plombeur de poteries, gaucher, mais droitier professionnel. — Seulement

liséré ginginal. — Parésie sensitive de la main et de l'arant-bras gauches.

Y..., âgé de 30 ans, plombeur depuis six ans dans la même fabrique, eaucher, tient, lui, la pièce de la main gauche, tandis qa'il tamise de la

droite.

M janvier 1874: liséré gingival et carie dentaire; mais ni constipation ni coliques.

Motricité normale. Pas de crampes.

Htjpesthésie et hypalgésie à la main et à l'avant-bras droits. Hypopallesthésie des deux mains.

ÏN'ayant pas d'aesihésiomètre sous la main, nous en avions improvisé un qui nous a permis de constater une diflérence de 10 mill. en moins, à la face antérieure dr l'avant-bras droit comparé an gauche.

Les troubles de sensibilité plus marqués que dans l'observation I, se sont cependant encore montrés isolément, sans la moindre altération de la force musculaire. Les accidents digestifs, qui ont toujours fait défaut avec le sulfure de plomb, seraient apparus, suivant le directeur de la fabrique, lorsqu'il a fait essai du minium pour saupoudrer les pièces de poteries à vernir.

Chez ces deux plombeurs ([ui n'ont jamais éprouvé ni coliques ni constipation, ni même inappétence, il est impossible d'admettre que la paralysie soit une complication, une dégénérescence de la colique, comme le croyait Mérat (Dict. en 60 vol. Art. Potiers, 1820): « La colique chez les potiers de teiTe, dit-il, est très-violente, et j'ai vu plusieurs fois qu'elle dégénérait chez eux en paralysie des extrémités supérieures. »

D'' Manouvriez ûls, de Valenciennes.

PIËCES JUSTIFICATIVES

l'OLTR SERVIR A l'ÉTIOLOGIE DE l'iNTOXICA'IION SATLRNJNE

Eauplomlcc. — L'eau distillée, chimiquement pure n'a aucune action sm* le jiloml); il n'en esi pas de mf'racde l'eau de source et de l'eau de pluie. L'eau agit sur le plomb, bien moins par elle-même que ])ar l'air f|u'ellc entraîne, ou mieux encore enperiiiettant, parintervalles, à l'air extérieui" d'arriver au contact du métal (iiobierre). L'air cotitenant de l'oxygène et de l'acide carbonique, il se forme alors un oxidé hydraté légèrement sol uHle, on un carbonate se redissolvant dans un excès d'acide carbonique. Les sels que contient l'eau ont quelquefois aussi une influence considérable sur le plomb, surtout les azotates; ce fait est important, puisque l'eau de Paris, l'enferme, selon Boussingault, beaucoup d'azotate de potasse. Cepcîndaut, M. Champouillon, après avoir signalé que dans cette ville, toutes les casernes, tous les hôpitaux militaires reçoivent leurs eaux potables par des tuyaux de ce métal, fit la remarque que, depuis tR45, on n'y a pas signalé un seul cas d'intoxication saturnine. Cette immunité s'explique par la richesse même de ces eaux en principes salins. Elles en contiennent de gr. 0,îîO àO,GO par litre. Or, il seiviit démontré que dès que cette proportion dépasse de gr. 0,15 à 0,20, spécialement en sels de chaux, tout danger d'empoisonnement, par les conduits de plomb, est absolument nul.

Du reste, ce danger, quand il se présente, n'existe qu'au détint. La plus grande quantité de matière vénéneuse du liquide plombifère est en suspension et se dépose dans les tuyaux. On peut donc, en tout temps, enlever à l'eau ses propriétés nuisibles eu l'a filtrant. (Bobierre.)

L'action des eaux de pluie est tout à fait analogue. Les toitures et le? gouttières de plomb sont couvertes d'oxyde et de carbonate plombiques, formés par le contact de l'air. Lors d'une averse, ces sels sont entraînés mécaniquement, et l'eau elle-même agit sur le plomb par l'azotate d'ammoniaque, l'acide carbonique, l'ozone qu'elle contient. La grande aflinité de l'acide carbonique pour le plomb explique le danger de laisser de l'eau de seltz en présence de ce métal. On peut rapprocher ces faits de ceux rapportés par Guérard à la Société médicale des hôpitaux; il a relaté des épidémies de coliques saturnines k bord des vaisseaux où l'on avait placé des appareils distillatoires. Cette communication était faite dans le Ijut de trouver la solution dé la question posée par M. Vigla : La colique des pays chauds n'est-cUe pas identique k la colique saturnine? Cette intoxication plombique, i\ bord des vaisseaux, a été étudiée par le docteur Efalize (Gaz. des hôpitaux, 18b9, uMlfl, p. 473). Cet auteur a constaté que l'empoisonnement se faisait dans un ordre presqu'invariable, en commençant par le cuisinier. Les soudures de ])lomb des boîtes ;\ conserves ont, quelquefois aussi, été le point de déjiart des accidents. On peut consulter, du reste, pour de plus amples détails sur ce sujet, le mémoire de Tronchinsur la colique d'Amsterdam ; celui de Glatigny sur celle

de Falaise, en Normandie, décrite plus tard parLepecq etForgct; le Traité des maladies de plomb de Tanqucrel des Planches, Paris, 1839; le bulletin de la Société médicale des hôpitaux, séance du 10 octobre \8o'6; la relation de M. Guencau de Mussy sur l'intoxication de la famille d'Orléans' au château de Claremont; la thèse de Duputel : Considérations chimiques sur l'étiologie de l'intoxication plombique, Paris lfS73. Les Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1*=" décembre 1873, sur l'emploi des tuyaux de plomb pour la conduite et la distribution des eaux destinées aux usages alimentaires, note de M. Charapouillon, La Revue des sciences médicales d'Hayem, tS74, sur les diverses conditions dans lesquelles le plomb est attaqué par l'eau. T. III, p. 51 7, 703. Le rapport de Boudct an Conseil de salubrité de la Seine, sur l'emploi des tuyaux de plomb pour la distribution des eaux de Paris, dans le Bulletin de l'Académie, séance du 3 mars 1874. Van Swielen, édition latine, année 1769, t. III; Wandsrostwijk. De l'électricité médicale ai^'pliquée à la médecine. Wall trans. of coll. Phys. Lond T. IL Alphonse Devergie. itférfecme légale. T. III. Parent Dû Châtelet, Annales d'hygiéiie et de médecine légale. Périnet, Journal de pharviacie. T. IV. Rochoux, Thèse de concours d'hygiène.

Boissons fermentées. — l es boissons fermentées, le vin, le cidre, la bière, pro duisent fi-équemment des intoxications saturnines dues aux sophistications qu'on leur fait subir, ou aux mauvais procédés employés dans leur fabrication et leur transport. Cependant ces accidents ne se reproduisent plus aujourd'hui que comme des faits isolés ; mais dans l'antiquité, au moyen àgc, et même dans le siècle dernier, on vit régner, k différentes époques, des coliques épidémiques très-sembhibles les unes aux autres, malgré la diversité des temps et des lieux oh elles se sont produites. On peut, depuis la connaissance plus exacte que l'on possède de la coliqiie de plomb, les ranger désormais dans les phénomènes de l'intoxication saturnine.

Dans l'antiquité, les Grecs et les Romains avaient l'habitude de faire bouillir le moût dans des vases de plomb. Ils obtenaient un sirop, appelé suivant le degré de concentration auquel il était parvenu, carœnuni, sapa, defratum. On mêlait ce vin cuit à l'autre vin pour le conserver et le rendre agréable.

Un autre usage analogue était celui du plat de plomb, que les fermiers mettaient dans chaque tonneau pour empêcher la fermentation acide. Dans ce cas comme dans l'autre, il se formait de l'acétate de plomb qui se mélangeait au vin et donnait lieu à ces coliques mystérieuses dont les médecins de l'antiquité nous ont transmis la description.

Plus tard, on apprit à frelater le vin avec de la litharge, et cette pratique donne lieu à des accidents nombreux. Parmi ceux-ci on peut citer ceux qui motivèrent les ordonnances publiées à ce sujet pai' l'empereur d'Allemagne en 1487. La colique de Poitou décrite par Citois, et une (juantité d'autres faits relatés par Tanquerel Desplanches dans son traité des maladies de plomb, volume I, page 74 et suivantes. EnQn on cite des cas de coliques causées par le mélange involontaire du vin avec le plomb. Les anciens pressoirs par exemple contenaient dn plomb. D'autres fois, c'est pendant le mesurage sur les comptoirs des marchands de vin, qu'un peu de ce liquide se répand, entre en contact avec l'étain pauvre dont ils sont formés et qui contient du plomb. Il se forme de l'oxyde et de l'ricélate

de plomb, nt les gens qui achètent les r'j^onttnres rln comptoir sont souvent malades, comme le fait remarquer Leroux.

Les mêmes considérations peuvent Être faites h propos du cidre qui, dans certaines contrées oîi il est la boisson habituelle, donne lieu aux mômes accidents de coliques épidémiqiips ou ?poradiques. On peut signaler en particulier l'épidémie de Devonshire décrite par Huxham, en 174;j; celle de Normandie, signalée par I.epecq et beaucoup d'autres observations rapportées par Bouté, Glatigny, Baker, Tanquercl des Planches. Duputcl attribue à l'usage du cidre la prépondérance des accidents arthralgiques et paralytiques dans les intoxications saturnines soignées à Rouen par M. Leudet {'>).

Quant à la bière, elle est parfois falsiflée avec de la litharge (Hourmann), d'autres fois ses qualités nuisibles viennent de ce qu'elle est pompée avec des tuyaux de plomb. (Gosselet.)

Bibliographie : Calo; De re rustica, (cap. c. vi). — Pline; Nat. Ilist., lib. VIX, cap. XX. — Palladius, octoher, tit. XVIIL — CoUumella, De rc rustica, lib. XII, cap. xx. — Êphémérides germaniques, 1487. Citois, De novo et populari apud pictones chlore colico biliosa diatriba, Poitiers, 161(i. — Weissmann et Zeller, Ilocimasm, signa cuusx, et noxa vitiilithargirio mangonidate, etc. — Haller, Disput., t. III. — Warreu, Tram. of. coll. London, Phys., t. II. — Observation de Maigne, 1810. — Leroux, Cours de médecine, t. II.

Cidre : Huxham, Trahie des fièvres, 1745. — Baker, Trans., of Lond. phys. coll., t. I. — Fothergill, Trans. of Lond. phys. coll., t. I, — Hunier, (idem). — Tanquerel des Planches, t. I. — Soc. méd. des hôpitaux, séance du 16 février 1852. — Duputel, Tb. Paris, 1S7;î.

Bière : Traité des mal. de plomb, Tanquerel des Planches, Paris, 1830. — Gosselet, Dict. d'hygiène. — ■ Duputel, Des conditions chimiques de l'étiologie de V intoxication saturnine. Paris, 1 873.

Sirop de miel. — M. Cadet Gassicourt a observé iilusieurs cas d'intoxication saturnine par le sirop de miel clarifié avec de l'acétate de plomb.

y/ié, — Un cas de M. Potain, observé chez un marchand de thé de la place Vendôme, qui se servait pour son usage de la poussière de thé qui restait au fond des boites et qui contenait aussi des parcelles provenant du revêtement plombique de ces boîtes.

Pain. — Le pain peut être intoxiqué de diverses façons; tantôt dans un but de fraude, on mélange de la céruse à la farine. Tel est le cas rapporté par Gmélin dans VApparatus médicaminum, t. I, 1760; tantôt, l'intoxication est toute accidentelle. Maunoury et Salmon ont publié dans la Gazette médicale de 1865 le récit d'une épidémie qui régna dans la commune de Saint-Georges-pur-Eure, près de Chartres, cl duc au fait suivant : le meunier du moulin d'Andrcvilliers bouche les éveillures de sa meule avec du plomb métallique qui, dépassant le niveau général de la pierre, fut enlevé par parcelles impalpables et mélangé avec la farine. Les accidents furent nombreux : 350 personnes furent atteintes de coliques, quelques-unes eurent des paralysies très-rebelles, 15 à 20 moururent.

On peut rapprocher cette épidémie de celle qui fut observée, en 1858, A Fresnay-le-Gilbeï-t, el qui fut due aux mômes causes.

Des cas d'erapoisonneraents aaalogues eurent lieu dans les environs de Laval.

Dans le Médical Times, 1864, t, II, page 2."0, on rapporte que Brillai- Savarin vit 50 cas de coliques dues au pain. Le mcuTiier avait comblé les cavités de ses meules avec du plomb, pour rendre leur mouvement plus régulier.

Le mode de cuisson du pain cause quelquefois des accidents : Comba- Insier rapporte le cas de 9 jardiniers de Montrouge qui furent empoisonnes par du pain cuit dans un four chauffé avec de vieux treillages peints en vert par un mélange de céruse et de vert de gris.

Les mêmes accidents survinrent pour la même cause à Marly.

Beinre. — Gaubius prétend qu'eu Belgique on mêle de la céruse au beurre pour augmenter son poids et lui donner une belle couleur blanche. (Hamb. Magazin. t., XVI.)

Poggiale a trouvé du chj'omate de plomb dans du beurre que l'on cherchait ainsi à colorer. {Médical Times, l.S6i, t. I, p. 48.)

Empoisonnemetit par les feuilles d'étain employées comme enveloppes. — ■ Ilion de si commun que la coutume d'entourer de papier métallique une foule d'objet destinés à l'usage journalier. Quand ce papier est fait, comme il doit l'être, d'étain laminé, il ne présente aucun danger. Mais dans un but d'économie on y incorpore quelquefois du plomb, ce qui eu diminue le prix de revient d'environ 12 à d5 0/0. (Duputel). Dès lors il peut devenir dangereux suivan* les corps avec lesquels il se trouve en coutact. Si le chocolat, la charcuterie ne présentent guère de chances d'inloxication,. il peut y en avoir avec d'autres substances qui agissent plus ou moins puissamment sur le plomb, tels sont, par exemple, les fruits. — (Dnputel, Considéi'ations chimiques sur Vétiolocjie de V intoxication saturnine. Thèse de Paris, 1873.)

Mais l'une des substances les plus dangereuses sous ce rapport, c'est le tabac à priser. Le mécanisme de ces empoisonnements a été discuté en sou lieu; en voici du reste quelques exemples : Le docteur Maurice Meyer, de Berlin, rapporte quatre cas d'intoxication saturnine avec coliques et ictère accompagnés de paralysie, produits par du tabac à priser conservé dans un emballnge de plomb. (V. Gaz. deshôp., 1856, ch. 4, p. 13). Roth décrit quatre antres cas dus aux mêmes causes. Bteyer, Mrtzlich. Intelligenzblatt, 44, 1858.)

Link, pharmacien à Berlin, signale le danger de l'enveloppe métallique du tabac, quand elle contient du plomb. — [SchmidVs Jahrbuch, 103, p. 230.) — Rintcl cite un cas d'empoisonnement saturnin chronique par du tabac à priser : Zur Kasuistik der Nerven krankheiten. (Med. centr. Zeitung, XXÏX, 7o-77, 18fi0, et Schmidt' s Jahrbuch, 18fi1, p. lii.)

Zeimsen communique l'observation d'un cas intense de paralysie saturnine, dû à l'usage du tabac à priser. Le malade prisait depuis treize ans un tabac qui contenait, d'après l'analyse chimique, jusqu'à 74 0/0 de plomb. L'observation fut prise en 1864, la maladie datait de 1 859. {Greifswnld Medicin Bcitrage, t. II, p. 234, tSfi4; et Schmidt's Jahrbuch, vol. t2o, p. I74.)Ces considérations ont fait interdire dans certaines parties de l'Allemagne la vente du tabac entouré de feuilles de plomb.

Il en est de même dans le canton de Thurgovie en Suisse (Heer).

Intoxication par le papier entourant certains produits alimentaires. — Indépendamment des cas d'intoxication causés par le papier de couleur cnvelo|ipant des bonbons (Tanquerel des Planches), on a signalé d'autres accidents dus à une cause analogue. A la suite d'une enquête faite, en 1858, en Prusse et en Saxe, on trouva du plomb dans les enveloppes de couleur jaune qui entouraient le chocolal et le café de santé. Ce papier contenait de l'oxyde de plomb. — Schmidfs Jahrbuch, S03, p. 230.

Vases destinés à rusage domestique. — Cette cause d'intoxication est extrêmement fréquente ; en effet, dans l'économie domestique, on se sert journellement soit d'ustensiles recouverts à l'intérieur d'un étamage dans la composition duquel entré du ploihb, soit de vaisselle de terre vernissée au plomb. Dans le premier cas, l'usage n'oCFre aucun danger tant que l'étamage est neuf, mais s'il est déjà vieux et usé, quelques parcelles de l'alliage d'étain et de plomb peuvent se détacher et donner lieu à un empoisonnement. Tel est lé cas rapporté par Barruel. (Ann. d'Hygiène et de Médecine légale, t. X.)

L'étamage neuf fait aussi causer des accidents quand il contient une trop grande quantité dé plomb, dès lors les fruits, les légumes, le vinaigre surtout l'attaquent. Il se forme des sels de plomb, surtout des acétates qui se mélangent aux aliments. La colique qui régna à la Rochelle, en 177o, celle de Madrid, n'eurent pas d'autre cause. Aujourd'hui elle est rare; les lois lixent la quantité maximum de plomb qui peut entrer dans un alliage, et tout danger a presque disparu.

Cependant, l'autre source d'accidents, celle qui résulte des poteries vernissées, subsiste encore. Elles sont enduites d'un composé de litharge, de minium et de sulfure de plomb délayé dans l'eau avec d'autres substances. Ce composé est facilement attaqué par les aliments, et spécialement par les aliments vinaigrés, soit à chaud, soit môme à froid. Une commission, nommée poiir s'occuper des défectuosités dans les jDrocédés de fabrication de ces poteries, a conclu que, par économie, lesfours n'étaient passuffisamment chauffés, que l'oxyde de plomb ne subissait souvent qu'une vitrification incomplète, et ne se combinait pas entièrement avec l'acide siiicique. {Annales d'Hygiène et de Médecine légale, 1872, p. 209.)

On peut se faire une idée du danger de ces poteries par l'observation publiée par le D"' Schonbrod, dans Bayer Aertztlich. Intell. BL, t. XX; p. 20, 1873, et Schmidt's Juhrbuch, 158, p. 24t. Un frère et une sœur qui furent alteints, pendant quatre mois, de coliques atroces pour avoir renfermé leur vinaigre dans un pot de cette espèce. On y mit une chopine de vinaigre frais pendant 10 heures, et on y trouva 0,09 de plomb métallique. Le pot contenail 20 chopiiies ; en lO heures, il devait dissoudre le^R de plomb et 30é',27 en uiie semaine. Les deux malades avaient consommé erisemble environ cinq mesures de vinaigre.

Cet exemple a une sigriiQcation d'autant plus grande, que les poteries malsaines sont répandues en grande aliondance dans le commerce. Meurer, à Dresde, examinant, en iSi^i, 60 poteries, en trouva 10 contenant une grande quantité de plomb. Une autre statistique est encore plus effrayante, c'est colle de PleischI, à Vienne, qui, on 184-8, sur 32 ustonsilos, n'en trouva que 10 exempts de plomb. {Sclimicit's Jahrh., t. i'dS, p. 230.

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