CONCLUSIONS
1° Le plomb qui a pénétré dans les voies digestives peut être tout aussi dangereux quand il est à l’état métallique que lorsqu'il y pénètre à l’état de combinaison.
2° De même, les projectiles qui ont séjourné un certain temps dans la profondeur des tissus peuvent être attaqués et solubilisés par les liquides humoraux, et constituent un réel danger pour le patient.
3° Quoiqu'étant très rares, ces deux genres d'intoxication n’en sont pas moins réels et méritent d'être signalés.
% Aussi, au point de vue pratique, est-on en droit de se poser la question de l'intervention ?
5° Pour ce qui est du premier genre, c’est-à-dire plomb massif introduit dans l'estomac, on ne doit pas négliger d'intervenir immédiatement et de mettre en œuvre tous les moyens de diagnostic. La radiographie, comme dans le deuxième genre d’ailleurs, sera d'un grand secours.
6° Mais dans le deuxième genre la question est plus complexe.
En général, nous laisserons les projectiles séjourner dans les tissus, il n’en résulte parfois aucun accident ultérieur. Mais on ne saurait affirmer qu'une intoxication saturnine n’en résultera pas tôt ou tard.
7° L'examen du sang en révélant la présence d'hématies à granulations basophiles sera un indice d'intoxication commençante chez les sujets qui ne présenteront aucune autre cause d'apparition dans le sang de cette modalité d'hématie (paludisme, anémie pernicieuse, hémorragie grave, elc.).
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& Si leur présence en grand nombre coexiste avec une polychromatophilie très accentuée, sans anémie marquée, on pensera au saturnisme. On recherchera alors les autres causes d'intoxication par le plomb (professions, eaux plombifères, etc.). Si on ne trouve aucune explication à l'intoxication commençante que la présence des plombs dans les tissus (balles, grenailles, etc.), on sera autorisé à insister pour obtenir une extraction rapide des projectiles.
9° Expérimentalement, introduit-on du plomb métallique dans l'estomac du chien et du cobaye, on assiste à des modifications rapides du sang ; ainsi, chez un chien, nous avons vu, avec M. Sabrazès, une poussée de globules rouges nucléés contenant un grand nombre d’hématies à granulations basophiles, se produire deux jours après l'ingestion de plomb, et cela à deux reprises.
Chez le cobaye, l'examen du sang en série montre que huit jours après l'insertion de grains de plomb sous la peau, les hématies à granulations basophiles sont en grand nombre dans le sang et il existe, de plus, beaucoup d'hématies polychromatiques. Or, les cobayes témoins ayant reçu le même nombre de grains métalliques ne réagissent pas de cette façon. Plus tard, les oscillations se produisent.
Vu, bon à imprimer :
Le Président de la Thèse, Vu : Le Doyen, L. LANDE. A. PITRES.
Vu, et permis d'imprimer :
Bordeaux, le 26 novembre 1907.
Le Recteur de l’Académie, R. THAMIN.