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un jeune homme ayant reçu depuis deux jours seulement une balle dans l’épaisseur de la joue ; le second, sur un malade du service de M. le Professeur Lanelongue, auquel, l’avant-veille, on avait extrait des grains de plomb d’un membre (coup de fusil six mois auparavant) n’ont montré que de rares hématies polychromatophiles, sans granulations.
Or, la polychromalophilie à divers degrés, signalée dans les quatre cas précédents, est, à notre avis, une particularité constante du sang chez les saturnins ; elle n’est certainement pas considérée comme pathognomonique; elle apparait chez l'homme au cours des anémies, quelle qu’en soit la nature ; les hématies polychromatophiles existent normalement dans la moelle osseuse ; ce sont des éléments jeunes ; on les trouve en grand nombre dans le sang physiologique de beaucoup d’espèces animales (muridés, cobaye, etc.). Il ressort de ces faits que chez un sujet ayant une balle ou une charge de grains de plomb dansles tissus indemne de toute autre affection susceptible d'amener dans le sang l'apparition de polychromatophilie et d'hématies à granulations basophiles (paludisme, anémie grave, etc.), la présence de telles hématies en assez grand nombre est l'indice d’un saturnisme jusqu'alors latent qui commence à se manifester el va devenir justiciable de l'extraction des projectiles. On pensera surtout à un début de saturnisme, si ces constatations hématologiques, {rès accusées, ne coexistent cependant pas avec une perte sensible en globules rouges et avec un abaissement notable du taux de l’hémoglobine.
Or, ces deux particularités — polychromatophilie très marquée, surabondance d’hématies à granulations basophiles (associées ou non à la présence de globules rouges nucléés) — ne s’observent guère, en dehors de l’intoxication par le plomb, que dans les anémies avancées, quelle qu’en soit la cause. C'est ce contraste que nous tenons à relever : il est spécial au saturnisme. Les phénomènes de régénération du sang sont déjà au premier plan et sautent aux yeux, alors que l'anémie commence à peine à se révéler ou ne se manifeste pas encore nettement.
Nous n'avons pas besoin de faire ressortir la valeur séméiolo-
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gique d'une semblable constatation el son importance médicolégale dans la médecine des accidents.
Elle mérite d'être rapprochée des résultats analogues que MM. Sabrazès et Bourrelt avaient obtenus, en 1901, par les examens en série du sang dans un cas d’empoisonnement par l'extrait de saturne.
Chez les animaux, en outre des hématies polychromatophiles qui se rencontrent dans le sang normal, on peut trouver aussi de rares hématies à granulations basophiles. Cela s'observe surtout, ainsi que MM. Bourret, Sabrazès et Leger l'avaient déjà fait observer dans leur travail de 1900, chez des cobayes neuls, vivant en cage et se trouvant plus ou moins en état de misère physiologique. Il faut donc, quand on opère chez ce dernier animal, faire des examens en série et avoir toujours des témoins. C’est ainsi que nous avons procédé.