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Souvent pratiquée dans de mauvaises conditions, cette opé- “ation comporte, d'après les statistiques, une mortalité assez élevée. C’est ainsi que Grisel établit, pour l'enfant:
Mortalité opératoire le 6me jour et plus tard: 100 p. 100.
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La désinvagination une fois réalisée, on fait l’entérotomie suivic de lablation du polype; ce second temps ajout: à la gravité de la désinvagination, les chances d’infection péritonéale. En somme, méthode dangereuse, ne donnant de bons résultats que dans les cas récents, lorsque les adhérences n’ont pas encore eu le temps de s'établir.
Entérectomie. — Elle peut être pratiquée de deux façons: Par le procédé de Barker ou un de ses dérivés; Par la méthode classique.
19 Procédé de Barker. — Il consiste à réséquer le boudin invaginé, à travers une boutonnière faite à l’anse invaginante.
Ce procédé, perfectionné par Paul (1895) Widenham, Rydigier (1895), Maansell (1896), Iersfeld (1896), Delore (1901), permel, par une seule incision, d'enlever le polype et le boudin invaginé. Il paraît donc à priori plus avantageux que lc précédent; mais il expose malheureusement beaucoup à l'infection, exigeant de longues manipulations à travers une boulonnière forcément étroite. D’autres difficultés accroissent encore la gravité de l’opération: hémorragie du coin mésentérique, adhérences maintenant l’anse invaginante et empêchant son extériorisation, impossibilité de supprimer complèlement le coller.
« Cette opération, dit Gernez à l'opinion duquel nous nous
rallions volontiers, est moins bien réglée, aussi longue, plus difficile que la résection pure et simple de l’anse avec entérorraphie.
20 Késection et entérorraphie. — C’est le procédé de choix que lon doit employer chaque fois que le sujet est assez résistant:
Il consiste dans la résection en masse du segment invaginé, avec rétablissement de la lumière intestinale par réunion des deux bouts, c’est-à-dire par entérorraphie.
C'est l'opération classique, très bien réglée, théoriquement parfaite, qui doit naturellement venir à l'esprit de lopérateur, quand les lésions ne sont pas. telles qu'il y ait danger à extirper complètement la partie malade. On lappliquera principalement dans les cas d’invagination chronique, de tumeur sphacélée, où quand on opère en milieu septique.
L'entérectomie présente une supériorité incontestable sur tout autre procédé opératoire, en ce sens que du même coup, sous le couvert d’une antisepsie qu'il est facile de rendre absolue, on enlève tout le segment invaginé, accompagné de la production polypeuse.
Certains lui reprochent d’être longue, délicate, grevée d’une lourde mortalité. Nous pourrions répondre ce que Richelot disait de la laparotomie: « Si l'opération ne donne pas toujours les résultats espérés, c'est qu'on l’a faite trop lard, quand le malade est épuisé algide, presque mort. »
Autres procédés. — Dans les cas extrêmement graves et désespérés, quand le malade est affaibli par ses troubles antérieurs, où lors d’une occlusion aiguë rémontant déjà à plusieurs jours avec lésions de nécrose, on devra se résoudre à pratiquer l'anus artificiel. On ouvre ainsi au-dessus de l'obstacle une voie d'échappement aux matières intestinales.
C’est une opération simple que l’on peut faire avec des moyens de fortune; elle permet, dans une certaine mesure,
SAUT Le
de pallier aux accidents, et parfois de sauver le malade. Quand celui-ci est à peu près rétabli, on fait la résection du segment invaginé suivi de l’entérorraphie, et on guérit l'anus contre nature.
Dans les cas graves, mais non désespérés, où les lésions sont tellement étendues qu’une résection intestinale serait dangereuse, on peut, par entéro-anastomose remédier aux phénomènes d’occlusion tout en permettant d’utiliser pour l'absorption les parties saines de l'intestin.
L’entéro-anastomose, consisté à faire communiquer latéralement deux anses d’intestin sans qu'il y ait eu résection préalable.
Elle peut être pratiquée sur toute l'étendue du tube intestinal. On peut l’établir entre deux anses d’intestin grêle, ou deux anses du gros intestin, ou même entre une anse de l'intestin grêle, avec une anse du gros intestin.
C'est en somme un anus artificiel qui débouche non à la peau, mais bien dans une anse intestinale.
En résumé, nous estimons que le traitement chirurgical de l’invagination intestinale par polype, doit être le suivan:
Si les accidents sont récents, on essayera la désinvagination suivie de l’entérotomie pour l’exérèse de la tumeur:
Si l’on échoue, on pratiquera la résection totale du segment invaginé, et l’entérorraphie.
On ne recourra qu’exceptionnellement et dans les cas très graves à l’anus artificiel ou à l’entéro-anastomosé.