RISQUE
en vint à correspondre au rein gauche, variant de volume et de forme. Certains jours, forme de rein ; en tout cas, incurvée dans le sens de la longueur à concavité tournée vers l’ombilic.
Le 11 mai 1885, Goodhart la voit. Un accès de vomissements ayant été plus fort et plus continu que de coutume. Pâle et maigre, n’était guère plus d’une semaine sans vomir (l'accès durant généralement de 24 à 36 heures). Dans ces derniers temps, l'intervalle entre les accès n'était guère de plus d’un jour, A l'inspection, estomac dilaté, essayant d’expulser son contenu, contractions péristaltiques tout à fait visibles siégeant dans la partie sus-ombilicale de l'abdomen.
En bas, dans la région inguinale gauche, seconde tumeur partant du flanc et se dirigeant obliquement en bas vers le pubis. C'était une tumeur allongée qui subissait des changements rythmiques s'effectuant lentement. Alternativement, dure et bien limitée, puis molle et mal délimitée : ne pouvant être que l'intestin en activité. Rien au toucher rectal ni au toucher vaginal.
Jamais de selles sanglantes. Selles toujours légèrement brunâtres et, quoiqu'elle souffrit de la constipation, celle-ci n'avait jamais résisté à l’action d'un purgatif. Elle mourut avant d'entrer à l'hôpital, les vomissements ayant continué, elle mourut d’épuisement.
Autopsie. — Estomac dilaté occupant la plus grande partie de la loge intérieure de l'abdomen, sous lui un côlon transverse très étroitement rétracté, le grand épiploon s'étendant sur les deux ou trois anses intestinales visibles en bas. Ces anses étaient petites mais proéminentes comme si quelque chose siégeait derrière elles. En les écartant, on découvrit une invagination considérable de l'intestin grêle. Une anse intestinale ressemblant plutôt au rectum en Jargeur et en épaisseur, s’étendait de la colonne vertébrale dans le petit bassin. Un examen plus attentif montra que le collet de l’invagination siégeait au sommet du jejunum. La longueur de la tumeur était de près de 18 pouces. Les tuniques étaient affaissées, mais pas sensiblement enflammées. Il y avait deux autres invaginations du grêle, mais paraissant tout à fait récentes.
Dilatation de l’estomac et du duodénum. En plusieurs places, polypes pédiculés, l’un d'eux dans la partie supérieure du jejunum avait causé l’invagination. Bien qu'il ne parut pas y avoir d’obstacle matériel à la réduction en tant qu’adhérences, le collet de l’invagination était si étroit, et l’anse invaginée si épaissie, que l’auteur ne pense pas qu’elle fût possible.