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On a nolé aussi parfois des selles diarrhéiques, sanguinolentes, du météorisme, du ballonnement du ventre, des troubles gastriques accompagnés de vomissements.
Il semble que les polypes soient incapables par leur présence seule de provoquer de pareils accidents. Cependant dans deux de nos observations, les symptômes étaient d’une violence telle, qu'on dut se décider à pratiquer une laparolomie exploratrice. Dans l’un et l'autre cas, l’opération ne donna aucun résultat, car on ne constata rien d'anormal. Et ce ne fut que plus fard, qu'éclatèrent les SY M ptômes vrais de l’invagination, pour laquelle on pratiqua une seconde intervention.
20 Période d'invagination. — On observe deux formes cliniques d’invagination intestinale par polype: l’'invagination aigué Cl linvagination chronique, celle-ci la plus fréquente,
Etudions d’abord l'invagination aigué.
a) Invagination aiguë. — Rarement, mais cependant quelquefois l’invagination intestinale provoquée par un polype, se révèle brusquement et soudainement amenant avec elle des accidents d’occlusion aiguë, Un individu, se croyant jusque là en bonne santé, ressent tout à COUP, sans en soupconner la cause, des coliques intestinales d’une violence extrême. Il éprouve comme un liraillement, comme une torsion de l'intestin. Le lendemain son ventre se ballonne et présente en un cerlain endroit, une tumeur assez dure, ayant la forme d’un boudin rectiligne ou incurvé. La palpation est extrêmement douloureuse et détermine une crise de spasme qu'on apprécie par l'augmentation de dureté de ia tuméfaction. Cependant la fièvre est à peu près nulle,
Les jours suivants, les douleurs sexagèrent, de violents mouvements péristaltiques se dessinent sous la paroi abdominale, le malade est épuisé par des vomissements répétés, d’abord alimentaires, puis bilieux, et rapidement fécaloïdes. La fièvre ne dépasse pas 38 degrés. Le pouls est à
120-130. Les selles sont parfois nulles, souvent séreuses, sanguinolentes; le ténesme reclal, les épreuves douloureuses, la dysurie augmentent l'angoisse du malade.
Si le diagnostic d’occlusion n’est pas porté, et si le chirurgien n'intervient pas dans le plus bref délai pour rélablir le cours des matières intestinales, l’état général du malade devient très vite désespéré. Tourmenté par un hoquel incessant, poursuivi par une soif dévorante, absolument incapable de supporter une nourriture pour minime qu’en Soil la quantité, il assiste en pleine connaissance à la déchéance précipitée de son organisme. Les yeux s’excavent, les joues se creusent, le nez s’effile, les lèvres se Cyanosent, les extrémités se refroidissent, le pouls est incomplable, le malade tombe dans l’'hypothermie, le coljapsus, c’est la mort, la mort fatale par stercorémie, ou phénomènes péritonéaux.
Telle est rapidement décrite, l’évolution clinique de l'invagination aiguë abandonnée à elle-même.
Il est exceptionnel que les accidents s’amendent, où passent à l'état chronique. On cite des cas, où le boudin invaginé, nécrosé, a été expulsé par l’anus comme un véritable corps étranger; c’est une terminaison relativement favorable à condition que des adhérences solides se soient établies entre le collet et le cylindre interne, assurant ainsi la continuité du tube intestinal.
Avant de terminer ce paragraphe nous devons ajouter que les accidents généraux n'offrent pas toujours un tableau clinique aussi complet et aussi caractéristique que ci-dessus. Nous n'analvserons pas d'une façon détaillée les formes que revêtent parfois les principaux symptômes; cette étude a déjà plusieurs fois été faite de façon magistrale. Il suffira de lire nos observations pour se rendre compte de la grande diversité des cas et de la physionomie changeante des accidents.
b) Invagination chronique. — Dans ce cas, outre les phé-