‹ De L'Iodiforme Et De L'IodiformismeChapitre 11 sur 19 · LOT · texte numérisé non relu

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au contraire, ne surviennent, dans la grande majorité des cas, que dans le courant de la deuxième semaine.

Les éruptions cutanées causées par l'iodoforme et qui sont un des accidents les plus fréquents, peuvent être groupés sous le nom générique de dermatites. On peut les diviser en trois groupes (T'hibierge, Ann. de Dermat.) :

1° Lésions érythématheuses ;

20 Kczémateuses;

3° Purpuriques.

Les érythèmes'se développent avec la plus grande rapidité et peuvent débuter dans le point qui a été mis en contact avec le médicament où en des points nullement irrités. Les variétés en sont très nombreuses. Souvent léger, quelquefois superficiel, de teinte foncée, il peut offrir l’aspect scarlatiniforme, tantôt ressembler à l'érytheme-iris-urticatium; quelquefois, 1l peut être accompagné de bulles, papules, vésicules. L’ensémble constituerait la dénomination de érythème polymorphe.

L’eczéma est grave d'ordinaire. Apparaît en un point de contact ou à distance. La suppression de l’iodoforme amène le plus souvent la guérison. Quelquefois, il peut devenir chronique.

Purpura. — Dermatite moins fréquente que les précédentes (Janosky). |

Signalons pour mémoire les lésions érythémateuses légères qui existent souvent sur les mains des infirmiers et des fabricants, dè gaze iodoformée. Ce sont de simples irritations locales ne présentant rien d'intéressant par ellesmêmes,

L'émaciation des malades est très rapide et très accen-

tuée. Il ne s’agit pas d’un phénomène dü au manque d'appétit qui fait que les malades rejettent toute espèce de nourriture, L’émaciation est très rapide et résulte d’une perturbation de la nutrition générale.

Lésions à l'autopsie. — Les lésions portent sur tous les systèmes en général (exp. de Binz et de Hoegyes sur les animaux empoisonnés) : dégénérescence graisseuse du foie, des reins, du cœur, des muscles et parfois des foyers apoplectiques dans les lobes inférieurs du poumon ; altéraration prononcée de la fibre cardiaque; gastrite avec hypérémie et ecchymoses; ulcération de la muqueuse stomacale; œdème de la pie mère.

Le docteur Fouquet a bien voulu nous communiquer le résultat d’un examen des organes d’un cobaye empoisonné par l’iodoforme, fait au laboratoire d'anatomie pathologique de Bordeaux, et que nous donnons ici.

Tube digestif. — L’œsophage ne présente à considérer qu’une légère tuméfaction de la muqueuse avec quelques taches ecchymotiques sans ulcérations. -

Estomac. — Les parois de l’estomac sont épaissies ; la muqueuse est tuméfiée, présentant quelques ulcérations à bords taillées à pic. A la coupe, on note la dégénérescence graisseuse des glandes de l'estomac et de l'épithélium stomacal, qui est infiltré de granulations granulo-graisseuse. La couche sous-muqueuse est infiltrée d’une quantité notable de cellules lymphatiques. Les tuniques musculaires ne présentent aucune lésion appréciable.

. Intestin. — L'intestin est le siège d'une inflammation très notable. Dans le cœcum, on trouve, outre un épaissis-

sement de la muqueuse, quelques ulcérations qui présen-

tent à peu près les caractères de celles de l’estomac. A Ja l’épitélium est détruit en partie, et les diverses

coupe couches de la muqueuses ont infiltrées de cellules lymphatiques. Les vaisseaux sont volumineux, dilatés, et paraisssent gorgés de globules blancs.

Foie. — Le foie est augmenté de volume; il est pâle, ramolli et présente, microcospiquement, les lésions du foie gras. À la coupe, on note un état de dégénérescence très accusé des cellules hépatiques. Le lobule tout entier par-

ticipe à cette dégénérescence. À peine quelques cellules restent intactes avec leur noyau coloré par le picrocarmin.

Rein. — Les reins sont un peu augmentés de volume.

L’urine renfermait un peu d’albumine. A la coupe, on note une tuméfaction trouble de tous les épithéliums du rein. Glomérules canalicules biliaires. A un plus fort grossissement, on voit une dégénérescence graisseuse très accentuée. Les cellules épithéliales des canaux contournés (droits en anse de Heule) ont perdu leur noyau, leur volume a augmenté en même temps que les canaux se dilataient et elles sont infiltrées de granulations graisseuses. Les capillaires du glomérule de Malpighi ont aussi en partie subi la dégénérescence.

Cœur. — Le cœur présente aussi des lésions de dégénérescence graisseuse du myocarde. Ces lésions, cependant, ne sont pas très accusées et il faut faire plusieurs coupes pour pouvoir constater une lésion bien nette.

Rien à noter dans les poumons et le cerveau.

CHAPIERESIV

L'absorption de l'iodoforme peut évidemment se faire

par la peau, puisqu'il est volatil, par les muqueuses, par la surface d’une plaie, par le tissu cellulaire sous-cutané, par les voies digestives et pulmonaires. Mais cette absorption qui produit des effets différents, suivant la nature du sujet et suivant les doses, doit avoir une infiuence différente suivant le tempérament des sujets. C’est cette différence créant l'idiosyncrasie que plusieurs auteurs ont noté comme une des causes principales d'intoxication iodoformique. Les vieillards y sont plus sujets que les enfants, parce que chez eux les fonctions d'élimination sont paresseuses. Une autre cause prédisposante serait, d'après Taylor, une santé délabrée. Cette idiosyncrasie serait encore augmentée par l'absorption plus rapide qui se ferait par la voie stomacale plutôt que par les plaies, et parmi elles celles qui bourgeonnent seraient plus dangereuses que

celles qui sont récentes. Jeannel (Ac. méd. de mars 1880)

ne met pas en doute qu'une tare cérébrale (alcoolisme, méningite chronique, aliénation, etc.) ne soit la cause prédisposante sine qua non du délire iodoformique.

L'idiosyncrasie des sujets, au point de vue des intoxications, ne doit pas être cependant la seule incriminée, et des doses trop fortes de cet agent peuvent provoquer des accidents redoutables. C’est par des expériences nombreuses sur l’homme et les animaux qu'on a cherché à démontrer cette toxicité de l’iodoforme qui reste encore assez mal établie.

Tandis que chez les chiens, des doses variant de o gr. os à ogr.50 à 1 gr. o4 par kilogr. ne provoquent que des phénomènes narcotiques ; chez les lapins, ces phénomènes ne s'observent même pas à dose toxique. Nothnagel et Rossback ont administré 1 gr. 50 à 2 gr. en 24 heures à des hommes sans provoquer de narcose, et pensent qu’on doit considérer comme toxiques des doses supérieures à 10 grammes. D’après Konig, l’intoxication est consecutive à des pansements faits avec plus de 10 grammes d’iodoforme chez les personnes àâgées et cachectisées, surtout chez lés cancéreux. Les cas d’iodoformisme grave ayant entrainé la mort, que nous rapportons dans les observations, étaient consécutifs à des pansements où la dose d’iodoforme employée était supérieure à plus de 10 grammes par pansement, ce qui semblerait démontrer les assertions

des auteurs et de Kœnig en particulier.

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CHAPFERE V

On ne peut mentionner que les vues hypothétiques des différents auteurs sur le mode d'action de l’iodoforme dans l'organisme.

D'après Binz, l'iodoforme dissous par les graisses est absorbé et dégage aussitôt de l’iode naissant pour former des iodures et des iodates dans l’économie.

: Moleschott invoque également la décomposition de l’iodoforme dans le sang. Cet auteur pense que l’iode à l’état naissant qu'il met en liberté, jouit d'une action toxique bien plus élevée que l'iode ingéré en nature et que cette action se prolonge également davantage, l’iodoforme ne se décomposant que graduellement.

Hœægyes, au contraire, croit avec Behring que l'iode entre en combinaison directe avec les matières albunuinoïdes, la réaction des acides de l'économie déterminant ultérieurement sa décomposition.

D’après Choay, sous l'influence des alcalis, l’iodoforme

se transformerait en iodate et en iodure et ne serait jamais éliminé en nature ; il se trouverait dans l'urine soit à l’état de composé organique mal connu, sans action sur l’amidon. Une certaine quantité s'éliminerait par la salive.

Quoi qu'il en soit, les actions éliminatoires de l’iodoforme sont celles de l’iode, car il n’est pas possible d’admettre qu'à ce moment de son action il n’agisse surtout comme composé iodé. On a même l’action de l’iode en un état de pureté plus grande qu'avec l'iodure de potassium lui-même. Un fait certain, c’est que l’iode apparaît dans l’urine dès les premiers pansements à l’iodoforme, et ils’y présente en quantité proportionnelle à l'abondance de la sécrétion urinaire. [1 n’en disparaît qu'’autant qu’il ne reste plus d'iodoforme en aucun point de l’organisme. D'un autre côté, le rein n’est pas le seul émonctoire, on a trouvé constamment de l’iode dans la salive des animaux auxquels on a fait absorber de l’iodoforme ; celui-ci s’éliminerait à l’état d’iodure de sodium.

D'ailleurs, l’urine des iodoformés ne s’altère pas plus rapidement que l'urine normale au contact de l'air, comme le prétendait Righini et comme l’a démontré Falkson.

Harnack a conclu que le mécanisme de l’empoisonnement devrait être recherché dans-la combinaison iodalbumineuse, car l’iode serait contenu dans l'urine sous forme d’iodalbumine, ainsi qu’il en est du mercure et du plomb.

L'empoisonnement aurait pour point de départ la formation dans la plaie elle-même ; par suite de circonstances

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inconnues, cette combinaison iodalbumineuse est nocive Se, pour le système nerveux central. Fu RE 00

Behring a émis une théorie séduisante. L'iodoforme, en | se décomposant, tuerait surtout en privant le sang des E alcalis avec lesquels il se combine. Si on arrive à donner |

au sang une alcalinite suffisante, il s'établit alors une tolérance remarquable pour l’iodoforme,

EST NENSNELE

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