OBSERVATION Î
(lhibierge, CAnnales de Dermatologie).
Chez un enfant de 11 ans, chez lequel on avait fait un pansement iodoformé sur une ulcération de la paupière supérieure gauche, on constata le lendemain de ce pan-
es) D fe
sement une tuméfaction de toute la partie gauche de la face, qui était rouge depuis l'implantation des cheveux jusqu'aux bords du maxillaire inférieur depuis le nez jusqu'à l'oreille, La peau était violacée, tendue, semèe de place en place de phlyctènes, dont quelques-unes s'étaient rompues et laissaient échapper une sérosité gluante; la limite du mal était tracée par un bourrelet saillant ; un ganglion sous-maxillaire était engorgé. L'enfant n'avait pas dormi de la nuit et n'avait cessé de souffrir. Le lendemain, après un pansement boriqué, l'enfant n'avait plus souffert et tous ces phénomènes avaient disparu comme par enchantement. Au bout de trois semaines, pendant lesquelles on employa divers pansements, on essaya de nouveau le pansement iodoformé, qui causa de nouveau des douleurs vives et amena au bout de quelques heures un gonflement érysipélateux notable des bords et du voi-
sinage de l’ulcère.
OBsERvATIoN Il.
(Frousseau, Union médicale).
Chez un sujet pansé tous les deux jours avec de la poudre d'iodoforme, pour une morsure à l'index gauche, on vit
apparaître, au bout d'un mois environ, sur le doigt blessé,
des lésions semblables à celles d'une brülure du 2e degré (épiderme soulevé et mortifié recouvrant le derme mis à nu, lisse et rouge vif) qui s’étendirent bientôt à toute la main, On continua le même pansement. Le même aspect de brûlure ne tarda pas à se montrer sur l'index et le médius de l’autre main, et là encore on fit un pansement à l’iodoforme. Quelques jours plus tard apparurent sur les avantbras et la moitié inférieure des deux bras des plaques rouges confluentes présentant de larges vésicules plates renfermant un liquide séreux; puis sur la partie antérieure du thorax et de l’abdomen une éruption rappelant à s'y méprendre l’exanthème rubéolique. On remplaça, pour le pansement, la gaze iodoformée par la gaze phéniquée. Dès le lendemain l’éruption rubéolique avait disparu, les vésicules des bras s'étaient affaissées. Les lésions semblables aux brûlures avaient cessé de donner du pus.
La guérison complète des accidents ne se fit pas attendre.
OBsERvATIoN Ill.
(D' Fourquet).
Homme, 37 ans, tonnelier, vient nous consulter pour une plaie simple à la jambe gauche. Pansement à la pommade iodoformée. Trois jours après, de l'eczéma apparaît sur la jambe malade. La pommade iodoformée est remplacée par un autre pansement. La plaie se cicatrise rapidement, mais l'eczéma persiste encore quelques jours,