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CHAPITRE I

L'idée d'appliquer l'iodoforme aux pansements des plaies appartient à Righini (d'Oleggio) qui, le premier, annonça ses propriétés antiseptiques et le recommanda surtout comme topique dans les ulcères atoniques et, quelques années plus tard, il insista de nouveau sur l’action antiputride en même temps qu’analgésiante que ce corps exerçait principalement sur la surface ulcérée des cancers. — Easlake, Greenhalg en 1866, à la Société obstétricale de Londres, Demarquay en France se louèrent de son emploi dans les cancers ulcérés du col utérin.

Kennedy, Boyer en 1870, Isard en 1872, Strowsky en 1877 confirmérent son efficacité, et différents essais sont tentés pour introduire ce médicament en thérapeutique des maladies des femmes dans les ulcérations des fosses nasales du pharynx. En 1880, il passe de la pratique de la petite à la grande chirurgie. Les cas où le pansement à

l'iodoforme a été pratiqué peuvent, suivant la nature de la

plaie, se répartir en un certain nombre de catégories correspondant à des indications et à un mode différent. C'est la base de la classification de Mikuliez, que nous donnons

19 Plaes ordinaires.

a) celles qui doivent être réunies par première intention. ) celles que l’on ne cherche pas à réunir,

c) septiques.

20 Plaies cavitaires.

a) cavités muqueuses.

b) celles qui intéressent les grandes cavités séreuses.

Quelles que soient les classifications, nous le voyons,

l'iodoforme est employé dans le traitement des affections scrofuleuses et tuberculeuses en général. Mais il a encore d’autres applications aussi importantes et que nous pourrions qualifier de spéciales :

En gynécologie) cancers du col, affections utérines et ‘périutérines ;

En obstétrique) à la suite des couches ;

En dermatologie) lupus, etc. ;

En oculistique) granulations, kératites panus invétérées avec trachomes, kératite interstitielle, dacryocystite, ophtalmie.

Dans les maladies du nez) ozène, etc.; à

Dans les maladies vénériennes) chancres mou, induré ; syphilides ulcéreuses, etc. ;

Dans l’art dentaire,

L'iodoforme est donc un des agents thérapeutiques les plus employés en chirurgie etses modes d’application sont très nombreux, soit qu’on l'étende simplement en poudre sur les plaies, soit qu'on l’applique en pommade ou qu’on fasse des injections interstitielles. D’autres qualités viennent encore s'ajouter et, il faut bien le reconnaitre, ont encore augmenté la vogue de l'iodoforme. Il est d’une application facile et permet à volonté le traitement de la plaie. Il ne nécessite aucun matériel spécial et n'exige pas de renouvellement fréquent dans le pansement. Il est applicable encore, grâce à la propriété.qu'il a d'agir par contact, en certaines régions où le passage continuel de gaz et de liquides rend le pansement de Lister inapplicable. ‘lels sont, en résumé, lies avantages de l'iodoforme dans son emploi à l'extérieur, Mais à côté de ces avantages se placent des inconvénients non moins sérieux, et cet agent thérapeutique arrive aujourd’hui à être considéré comme une substance toxique.

D'abord elle est coûteuse, et ensuite, malgré les précautions que l’on prend pour en masquer l'odeur, celle-ci, persistante et pénétrante, est une cause d’ennui pour le chirurgien et le malade. Ces inconvénients seraient cependant minimes, si nous n'avions à y ajouter la crainte d’accidents redoutables pour l'organisme entier.

Mais l'intoxication produite par l'emploi de l'iodoforme a haute dose et sur des plaies considérables n'est pas la seule à craindre et, à côté d’elle, il faut placer des accidents d'une moindre importance se localisant sur la place ellemme et tout autour sans avoir de retentissement sur les

différents tissus et systèmes qui composent l'organisme. P

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