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CHAPITRE IT

Tous les accidents possibles de l’iodisme peuvent se rencontrer avec l'iodoforme, cependant à un degré beaucoup plus faible; mais à l’iodoforme appartiennent certains phénomènes graves se présentant plus particulièrement du côté du système nerveux. Disons d’abord que ce qui caractérise l’intoxication, c’est l'irrégularité de son apparition et de sa marche qui défie toute règle et toute prévision.

On a voulu décrire une intoxication aiguë et une intoxication chronique, la première survenant peu d’heures ou peu de jours apräs l'introduction de quantités notables de médicaments, la seconde ne s’observerait que plusieurs jours après. On lui a donné le nom de psychose iodoformique. L'analyse des observations ne paraît pas bien justifier cette distinction.

D'après Duret (Soc. anat. clin., 1887), il existerait trois

formes distinctes d'intoxication :

1é Éruptive ;

2° Cérébrale ou délirante;

3° Syncopale ou hypothermique.

La première, la plus fréquente, caractérisée par une éruption rubéolique se manifestant sur diverses parties du corps et loin du siège d'application.

La cérébrale, caractérisée par des accidents épileptiformes ou de l’insomnie avec délire.

La syncopale, la plus grave, suivie d'hypothermie et d’algidité.

On a encore divisé l’intoxication en légère, moyenne, grave. Nous préférons, avec Kœnig, une classification plus simple et diviser l’'empoisonnement en léger et grave.

Quoi qu'il en soit, que l'on adopte l'une ou l’autre des classifications, examinons les accidents de. l'intoxication

dans les différents systèmes de l'organisme.

A. — Système nerveux.

Ces accidents ont été très bien décrits par-plusieurs auteurs.

Il y a d’abord agitation qui s'accompagne de privation de sommeil ou, si le malade s'endort, il se réveille en sursaut, se tourné et se retourne dans son lit, tire ses couvertures avec les mains, mouvement automatique que l’on retrouve dans les cas les plus graves.

Cette agitation s'accompagne de troubles: psychiques considérables d’abord, sensibilité exagérée des opérés qu'un

rien affecte, tristesse, inquiétudes vagues, faiblesse de la

mémoire. l'ous les troubles nerveux peuvent se borner à cet état mental qui persiste parfois même après la cessation du traitement.

Dans les cas les plus graves, soit d'emblée, soit après quelques jours de mélancolie, le sujet est pris de délire nocturne avec hallucinations. 11 se lève, cherche à quitter son lit, se croit poursuivi par des êtres imaginaires. Dans certains cas, un véritable délire maniaque s’est déclaré et la cause de cet accident imprévu ne peut être déterminée qu'après la guérison qu’amène la cessation du traitement à l’indoforme.

Ces accès nocturnes sont séparés par des journées plus calmes, mais où le malade éprouve souvent des troubles de la parole, de la faiblesse d'esprit, une céphalée persistante et parfois de l’aphasie. Quelquefois, il y a apparition d’un état d’aliénation mentale ou de démence passagère.

Enfin, quand la terminaison doit être fatale, le collapsus vient succéder à l'excitation des malades plongés dans l’insensibilité complète et laissant échapper leurs matières involontairement.

Chez les enfants, les symptômes nerveux prennent la

forme d’une encéphalite aiguë.

B. — Apparël circulatoire.

-La petitesse et la fréquence du pouls sont les plus importants, en ce sens qu’elles peuvent nous mettre en éveil.

Sans cause appréciable, la fréquence du pouls s'élève dans

des proportions énormes, 130 et 140 pulsations par mi-

nute. L'ondée sanguine disparaît sous la pression des

doigts. Cette. altération dénote un affaiblissement de l’ac- ,

tion cardiaque indépendante de tout accès fébrile propre-

ment dit (Falkson).

Cependant, dans nos observations, nous avons noté presque toujours, dans les cas graves, une élévation de température. Peut-être serait-elle due, dans cecas, à des causes inhérentes à la maladie elle-même.

Enfin, les battements du cœur, très fréquents d’abord, se ralentissent visiblement et la mort survient par paralysie du cœur et de la respiration.

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