‹ De l'iodoformisme cutané par contact: son traitement, sa prophylaxieChapitre 21 sur 22 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Nous serons bref sur la pathogénie de cette action locale de l’iodoforme.

Il nous parait certain que c’est dans une susceptibilité spéciale, diathésique, analogue à celle que l’on constate pour tant d’autres substances, qu’il faut chercher la cause de lapparition, de la ténacité et de la reproduction des accidents. En tout cas, cette prédisposition est difficile à expliquer, elle ne semble pas héréditaire; aucune observation, y compris la nôtre, ne fait mention d’une idiosyncrasie familiale.

Nous sommes porté à voir la, avec le D' Tussau, une névrodermite réflexe localisée. La vraie maladie, comme dans toutes les éruptions artificielles, semble être, ainsi que le dit Jacquet‘, la névrose vaso-motrice, et la manifestation cutanée n’est que secondaire, elle résulte de la paralysie vasculaire.

L'action de l’iodoforme amène sur une peau, à vaso-

1 L. Jacquet, Étude des névrodermites (Semaine Médic., 1891, p. 508).

AANE TVR motricité normale, une réaction insignifiante. Que cette substance agisse sur des téguments à vaso -motricité troublée, on aura alors toute une série d’altérations cutanées variables suivant l’impressionnabilité des parois vascu laires.

Les vaisseaux paralysés, il se produit une dilatation de ceux-ci, une exsudation, une infiltration des papilles, comprimant et irritant les terminaisons nerveuses. Ainsi s'expliquent l’éruption et le prurit.

Une preuve manifeste de la réalité de cette façon d’envisager la pathogénie de l’iodoformisme nous est fournie par l’action curative des agents vaso-constricteurs, aluns, sels de fer, triomphant de la vaso-dilatation produite par l’iodoforme. Celui-ci est en effet considéré par tous comme un vaso-dilatateur.

Page 1