‹ De l'iridotomieChapitre 10 sur 17 · L. DE WECKEH · texte numérisé non relu

L. DE WECKEH

A. Iridotomie simple.

Cette opération se pratique dans les cas suivants : les parties centrales du cristallin ou de la cornée sont le siège d’une opacité, (ou pour cette dernière membrane d’un changement de courbure) dont le résultat est que les parties périphériques de la lentille ou de la cornée présentent, au point de vue fonctionnel, des conditions meilleures que ces parties centrales au passage des rayons lumineux.

Premier temps. Après avoir placé l’écarteur à ressort et fixé le globe de l’œil près du bord cornéen et dans le prolongement du diamètre de la cornée correspondant à la nouvelle pupille à créer, on pousse le petit couteau à arrêt parallèlement à l’iris dans la chambre antérieure. La section doit avoir l’emplacement qui suit : on choisit le diamètre de la cornée qui concorde avec l’agrandissement que l’on veut donner à la pupille, on prend sur ce diamètre le rayon opposé à la pupille à créer, et l’on fait tomber verticalement la section sur le milieu de ce rayon. Si, par exemple, on veut agrandir la pupille directement en dedans, on divise verticalement par la section le rayon cornéen externe placé dans le diamètre horizontal. Il est inutile de dire qu’on se comporte pour ce couteau à arrêt comme pendant toute autre opération de pupille artificielle faite avec un couteau lancéolaire, et qu’au moment de l’écoulement de l’humeur aqueuse, en retirant l’instrument, on doit d’autant plus avoir soin d’en tourner la pointe vers la face postérieure de la cornée, qu’on se trouve vis-à-vis de l’ouverture pupillaire et que, le cristallin se projetant en avant, on est exposé à en léser aussitôt l’enveloppe. Il faut retirer avec

quer derrière la cornée, car, à part les avantages susmentionnés, ils ont celui de permettre un écart considérable des extrémités des branches, sans que la plaie étroite qui leur livre passage ait à en souffrir la moindre contusion.

DE L’miDOTOMlE.

précaution et lenteur le couteau, afin qu’une sortie violente de l’humeur aqueuse ne fasse pas prolaher l’iris. La tranquillité du malade obtenue par une^anesthésie complète est ici fort utile pour l’opérateur.

Deuxième temps. On introduit les pinces-ciseaux fermés, et l’on a soin, au moment où l’on pénètre dans la chambre antérieure, de réduire le prolapsus de l’iris qui aurait pu se produire. Arrivé au bord pupillaire qui doit être sectionné, on ouvre faiblement les branches et l’on incline légèrement l’instrument afin de faire glisser la branche inferieure des pinces-ciseaux sous l’iris. Dès que le bord pupillaire se trouve entre les branches, on ouvre les pinces davantage et Ton pousse l’extrémité des branches vers l’insertion phériphérique de l’iris.

Un seul coup rapide des ciseaux suffit alors à sectionner les fibres circulaires, et l’on retire avec précaution les pinces fermées. Après s’être assuré que l’iris n’est pas engagé dans la plaie cornéenne (ce qui nécessiterait sa réduction avec le stylet), on retire l’écarteur, on instille une goutte d’atrophine et l’on applique le bandeau compressif.

L’écartement des lèvres de la section indienne ne se fait pas instantanément, il faut qu’une certaine quantité d’humeur aqueuse se soit préalablement accumulée (1).

Les suites de cette opération sont des plus simples ; la plupart de nos opérés n’ont pas fait de séjour à la clinique et ont continué à se livrer à leurs occupations ordinaires. Il convient de se prononcer ici sur la difficulté d’exécution de cette opération. Elle est aisée et simple entre les mains d’un chirurgien exercé et habile, elle pourrait être désastreuse pratiquée par un opérateur non rompu à des

(1) Cette réflexion n’est juste qu’autant qu'il existe un cristallin; dans le cas où celui-ci est absent, on voit au contraire, aussitôt la section faite, les lèvres de la plaie s’écarter rapidement, ce qui justifie complètement l’expression ; « fly open and appear )) dont s’est servi Sharp dans sa description.

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