‹ De l'iridotomieChapitre 16 sur 17 · L. DË WËCKER · texte numérisé non relu

L. DË WËCKER

venir une tout autre explication, en disant de l’iridotomie qu’elle présente pour ainsi dire un acte sous-cornèen et | jouit de l’immunité des opérations sous-cutanées. Evidem- i ment l’iridectomie est aussi sous-cornèenne que l’iridoto- | mie, et il y a autant de raisons de revendiquer les avantages ' d’une opération sous-cutanée pour la première que pour la seconde. Nous croyons donner la véritable explication en disant que l’iridectomie (ou l’iridorliexis) vient augmenter la | traction et la distension de l’iris dans un œil souffrant déjà ] de ces états, tandis que l’iridotomie supprime ces conditions fâcheuses, tout en conduisant bien plus sûrement que les autres procédés opératoires au résultat recherché, c’est-à-dire à rétablissement d’une pupille suffisamment large et parfaitement nette.

Citons ici un exemple qui plaidera mieux que tout raisonnement : La fig . 6 représente l’œil gauche d’une femme âgée de 68 ans, qui avait été opérée par un confrère, il y a

huit mois, de cataracte suivant le procédé de deGræfe.

Des symptômes inflammatoires avaient déterminé une occlusion de la pupille; afin de rétablir la vision, qu’une première opération n’avait pu rendre à la malade, le chirurgien se décida à faire, trois mois plus tard, une pupille artificielle en bas. Cette seconde pupille se ferma comme la première, et une ligne blanchâtre verticale, divisant l’iris en deux portions symétriques était la seule trace des deux opérations pratiquées. Comme le tissu iridien avait encore bon aspect, que la perception lumineuse était satisfaisante et le champ visuel intact, la malade fut soumise à l’iridotomie double. Cette opération lui rendit une acuité visuelle de 2/3, ce que l’on trouvera certainement surprenant, si l’on considère que deux opérations préalables avaient échoué. Le prolongement en pointe que montre efi bas l’écartement des lèvres

DE l’iRIDOTOMIË.

de la fente, s’explique par le fait qu’au moment du retrait du tissu iridien, les bords agglutinés de la pupille artificielle antérieurement pratiquée en bas se sont détachés .

En regardant la fig. 6, qui a été dessinée avec le plus grand soin par mon chef de clinique, le D'’ Masselon, on a de la peine à croire, si l’on n’est pas prévenu, que deux simples incisions de l’iris ont pu ouvrir une pupille telle qu’elle semble être le résultat d’une large excision de l’iris. Aussi, lorsqu’il n’y a pas de raisons particulières de débrider largement le diaphragme iridien, est-il préférable, au point de vue optique, de faire, comme le montre la fig. 7, une fente sténopéïque parmi coup unique des pinces-ciseaux. Cet œil a été dessiné par M. Masselon, sur une malade qu’un confrère avait opérée d’après un procédé combiné, six mois avant qu’elle ne vînt à la clinique. Il existait une occlusion presque complète de la pupille, dont on apercevait seulement une petite ouverture cachée sous le leucome Fig. 7.

de l’ancienne plaie cornéenne. Gomme la malade possédait une bonne perception lumineuse, on fit une incision dans la partie opaque de la cornée, et, en introduisant une branche des pinces-ciseaux à travers la petite ouverture pupillaire, on pratiqua la fente représentée fig. 7. L’acuité visuelle rendue fut ici de 2/5.

L’absence complète de réaction après ces opérations d’iridotomie, comparée aux suites qu’offrent les iridectomies pratiquées consécutivement à des opérations de cataracte qui ont abouti à l’occlusion pupillaire, est de nature à faire disparaître jusqu’à la moindre incertitude de l’esprit du praticien. Celui-ci demeurera convaincu que l’iridotomie est, en pareil cas, le seul procédé opératoire véritablement indiqué, et que, dans ces conditions, cette pratique doit à tous égards être substituée à l’iridectomie et à l’iridorhexis.

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