‹ De l'iridotomieChapitre 17 sur 17 · L. DE WECKER · texte numérisé non relu

L. DE WECKER

G. Contre-indications de V iridotomie .

h'iridotomie simple se trouve naturellement contreindiquée lorsque tout le bord pupillaire est enclavé dans une cicatrice, ou masqué par un épais leucome cornéen d’une étendue telle que l’introduction d’une des branches des pinces-ciseaux sous le bord d’une pareille pupille soit rendue trop difficile. Il ne faut pas oublier en effet qu’après l’écoulement deriiumeur aqueuse, la pupille se contracte violemment et vient se placer derrière les parties centrales du leucome. L’examen latéral n’étant pas possible, si le leucome est étendu et très opaque, l’introduction des pinces destinées * à sectionner l’iris échappe alors complètement à la surveillance attentive, qui est si nécessaire pour ce temps délicat de l’opération. Cette contre-indication disparaît toutes les fois que le leucome a assez de transparence pour permettre, avant l’opération, de distinguer le bord pupillaire à travers l’opacité.

Une autre contre-indication pour l’iridotomie simple, peut résulter d’une paralysie du sphincter de l’iris. Pour pouvoir jouir du bénéfice de l’iridotomie, il est nécessaire qu’après l’incision des fibres circulaires, celles-ci se rétractent et procurent ainsi l’écartement des lèvres delà plaie.

Nous avons pu nous rendre compte de l’impossibilité i d’obtenir une pupille satisfaisante pour la vision, dans le cas suivant : Il s’agissait d’un jeune missionnaire, âgé de 22 ans, chez lequel un violent coup sur l’œil gauche avait eu pour effet de luxer le cristallin en haut et en dehors, de façon ■ que le bord de la pupille, dilatée comme dans un cas de paralysie de la troisième paire, touchait en bas et en dedans le bord du cristallin luxé. Ce dernier était trouble dans toute l’étendue de ses masses corticales postérieures. Nous avions espéré qu’ên incisant l’iris en dedans et en bas jusqu’à son insertion périphérique, nous obtiendrions une pupille ayant !

les avantages de celle que nous avions autrefois conseillé de pratiquer au moyen du déplacement pupillaire (par iridencléïsis) dans des cas analogues. L’opération se passa sans la moindre difficulté, l’iris fut nettement incisé jusqu’à son insertion ciliaire, mais les lèvres de la plaie indienne refusèrent de s’écarter, à cause de la paralysie complète du sphincter, et le résultat optique resta nul.

U iridotomie double sera contre-indiquée dans tous les cas où, sur un œil atteint d’occlusion pupillaire complète, on n’aura pas la certitude que le cristallin n’existe plus derrière le diaphragme iridien, car inévitablement le couteau à arrêt le léserait après avoir traversé la cornée et l’iris. En cas de cataracte traumatique, on n’aura recours à l’iridotomie qu’à la condition d’avoir des raisons sérieuses d’admettre que l’absorption du cristallin est complètement ou presque complètement terminée.

Quand le cristallin a été chassé de l’œil par une cause quelconque, que l’iris tremblotte très fortement dans toute son étendue, et que, loin d’être poussé en avant, il se trouve enfoncé et renversé en arrière, dénotant par cette position qu’il n’est le siège d’aucune distension marquée ; lorsqu’on a enfin des motifs de penser que le traumatisme a pu paralyser les éléments musculaires de l’iris, il y a lieu de craindre que la simple incision ne soit pas suivie d’un écart suffisant des lèvres de la plaie; dans ces cas, il faudra préférer l’excision de l’iris à sa simple iacision.

Ayant à cœur de bien préciser le rang que l’iridotomie a le droit de reprendre dans la chirurgie oculaire, nous avons, sans arrière-pensée, exposé franchement ce que la pratique et une observation suivie et attentive nous ont enseigné. Nous nous sommes strictement tenu aux faits, persuadé que la vérité n’a pas besoin d’être embellie et qu’elle s’impose naturellement et d’elle-même.

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