‹ De l'Iris: Au point de vue médico-légalChapitre 16 sur 20 · ANT · texte numérisé non relu

ANT

enrayer le mal, rien n’a réussi, l’inflammation continuant toujours à gagner du terrain, la choroïde entière suppure. Les résultats de cette complication entraînent presque fatalement la perte de l’organe. La vue déjà compromise disparaît tout à fait. On voit survenir du chémosis des conjonctives, de l’æœdème des paupières et les douleurs péri-orbitaires sont telles à ce moment que bien des malades réclament alors eux-mêmes lénucléation. Le globe jusqu’alors tendu commence à devenir mou, au moment où la choroïde tout infiltrée de globules puru- Jents ne peut plus apporter aux autres membranes les éléments de nutrition normale, le corps vitré s’enflamme à son tour et se transforme en une masse purulente homogène.

À partir de ce moment l’iritis n’existe plus et on a affaire à une panophtalmie. Les symptômes douloureux diminuent ; mais la vision est abolie sans retour possible.

Le processus atrophique entre en scène et accomplit son œuvre de lente destruction. L’œil se ratatine, se réduit à l’état de moignon, et l’ophtalmie sympathique trouvera là, plus tard, un terrain favorable à sa naissance et à son développement, si l’énucléation n’est pas pratiquée à temps.

Le tableau que nous venons de faire de l’irido-cyclite et de l’irido-choroïdite n’est pas toujours absolument identique dans tous les cas; la marche est quelquefois lente, avec exacerbations fréquentes ou espacées et des symptômes d’hypertonie glaucomateuse peuvent se montrer. L'expert ne devra donc jamais s'endormir dans une fausse sécurité, et il ne lui sera permis de porter son diagnostic que lorsque le conjonctive elle-même sera

es revenue dans son état normal, ou que lénucléation aura été pratiquée, car les surprises ne sont pas rares dans ce genre d'affection.

Dans toutes les lésions que nous venons d'étudier successivement, nous avons volontairement laissé de côté le traitement pour ne pas sortir des limites que nous nous étions tracées ; mais nous devons signaler cependant ce fait qu’un traitement approprié et intelligent donne dans la majorité des cas d'excellents résultats. Le pronostic pouvant donc être modifié par la thérapeutique, il est évident que la responsabilité de l’auteur d’un trauma. tisme sera bien diminuée quand l’incurie du blessé aura laissé prendre au mal une extension, que des soins bien entendus auraient pu limiter.

Page 1