ANATOMIE — PHYSIOLOGIE
$S 1. — Anatomie
L’iris est un diaphragme membraneux, contractile, situé entre la cornée et l’appareil cristallinien.
Son centre est percé d’une ouverture nommée pupille, régulièrement circulaire dans la majorité des cas, mais qui peut, sous linfluence d’une cause pathologique, de venir parfois légèrement ovalaire.
La pupille occupe la partie centrale de l’iris ; toutefois, des études minutièuses ont établi qu’elle est un peu plus près de la partie supérieure et interne que du centre de cette membrane. Les cas dans lesquels l'ouverture pupillaire est déviée dans une région qu’elle n’occupe pas habituellement ne sont pas fréquents, mais leur existence est hors de doute et il n’est pas d’ophtalmologiste qui
No n'ait vu des variétés de cette nature, variétés qu’on rend très évidentes chez certains sujets à l’aide de l’atropine.
Le diamètre moyen de 3 à 4 millimètres est'essentiellement variable sous l’influence de causes physiologiques et pathologiques. |
L’espace compris entre l'iris et la face postérieure de la cornée constitue la chambre antérieure remplie par l'humeur aqueuse. La présence de ce liquide jointe à la sphéricité de la cornée, donne à la face antérieure de l'iris une apparence convexe et nous fait paraître ce diaphragme plus rapproché de la cornée qu'il ne l’est réellement. L’éclairage oblique rendra compte exactement de cet état de choses.
A la face postérieure, vers la périphérie de la membrane irienne, existe un espace qui a reçu le nom de chambre postérieure.
L'iris n’adhère avec les autres membranes de l’œil que par la périphérie au moyen du ligament pectiné qui continue la membrane de Descemet et donne passage aux vaisseaux qui, sortant de la choroïde et de la sclérotique, se rendent à la membrane irienne.
La couleur de l'iris varie beaucoup avec les sujets. Nous reviendrons sur ce point quand nous étudierons cette membrane au point de vue de l’identité. Nous dirons seulement ici que la coloration foncée des iris bruns et noirs est due à la présence d’un pigment plus ou moins abondant et que la coloration bleue vient de ce que l'iris demitransparent repose sur l’uvée.
Au point de vue de la structure, on distingue trois couches dans l'iris : la première antérieure, la deuxième moyenne, et la troisième postérieure ou uvéale.
La première, chez l’adulte, est constituée par une couche de cellules épithéliales recouvrantles fibres élastiques du ligament pectiné.
La deuxième présente deux éléments, l’un conjonctif, l’autre musculaire. Les fibres conjonctives parties de la périphérie suivent les vaisseaux et s’entrecroisent au niveau de la pupille. Les fibres musculaires, très pâles, contenant du pigment dans leurs interstices, d’après Kôlliker et Krause, forment d'abord des faisceaux radiés interposés aux faisceaux conjonctifs, puis affectent, vers le bord pupillaire, une forme circulaire pour constituer le sphincter irien.
Pour Rouget et Grunhägen, la disposition circulaire serait commune à toutes les fibres musculaires.
Enfin, la couche uvéale est constituée par des cellules épithéliales arrondies, remplies de pigment et stratifiées sur deux ou trois rangées. A la surface libre de l’uvée, on observe une série de soixante-dix à quatre-vingts plis superficiels qui partent en ligne droite du bord pupillaire.
Les artères, d’après Sappey et Leber, viennent de l’ophtalmique par deux branches : les ciliaires longues et les ciliaires antérieures.
Les vaisseaux venus de ces deux sources s’anostomosent pour former le grand cercle artérielirien. De ce cercle partent des branches qui pénètrent dans l'iris et s’y anastomosent en arcade près du bord pupillaire, puis les artères qui vont aux procès ciliaires et enfin des branches récurrentes qui s’anastomosent avec les ciliaires courtes, artères de la choroïde.
Les veines, d’après Leber, ont une double et non pas triple origine comme lavait soutenu Zinn. Les premières
RS — viennent des veines ciliaires antérieures, les autres des vasa-vorticasa de la choroïde.
L’iris possède des nerfs moteurs, des nerfs sensitifs et des rameaux vaso-moteurs. Pappenheim et Krause avaient cru que ces nerfs se terminaient en anses. De plus, Bochdalch (1850), de Ruiter (1853) et Arnold avaient vu que de ces anses naissent de nouveaux rameaux et on était généralement porté à croire à des terminaisons en extrémités libres. C’est Arnold qui, en 1863, a donné la description la plus complète des nerfs de l'iris. Hénocque, dans sa thèse inaugurale (Paris 1870), à résumé ainsi qu'il suit les études d’Arnold : « La disposition en arcade des nerfs de l'iris rappelle tout d’abord celle des vaisseaux. Mais les modes d’anastomoses d'union et de division présentent des particularités remarquables. Tantôt les rameaux nerveux s'accolent simplement, tantôt les tubes nerveux de deux faisceaux se confondent et s’anastomosent entre eux ou bien forment un entre-croisement complexe. Arnold a décrit en outre des masses granuleuses, au milieu desquelles, serait souvent un élément cellulaire qu'il considère comme étant de nature nerveuse. »
Si pour faciliter l'étude de linnervation de l'iris, on considère cette membrane comme divisée en trois zones partant de l’orifice pupillaire et allant à la périphérie, on trouve, d’après Arnold que le réseau de la face postérieure est composé de fibres du grand sympathique ; celui des deux zones externes et de la face antérieure contiendrait des fibres sensitives et qu'enfin celui de la zone du counstricteur serait formé de fibres motrices.
Quant aux terminaisons nerveuses ce sont des cylindres d’axe qui pénètrent dans les faisceaux musculaires.
Les nerfs moteurs viennent, les uns du moteur oculaire commun, les autres du grand sympathique. Il est difficile du reste, d'affirmer ces assertions autrement que par des faits physiologiques.
La sensibilité de l'iris vient de la cinquième paire et du grand sympathique.
Les filets vaso-moteurs viennent du nasal et du grand sympathique.
$S II. — Physiologie
L’iris est destiné à modérer l’action de la lumière et à corriger dans une certaine mesure les phénomènes d’aberration, de sphéricité du cristallin, en ne laissant passer que les faisceaux lumineux qui traversent le centre de la lentille. Le diaphragme se contracte et se dilate suivant le besoin; ses mouvements sont d’un ordre réflexe et peuvent avoir leur point de départ dans l'œil ou à distance ; on les voit dépendre normalement des excitations rétiniennes, mais dans certains états pathologiques liris obéit à des excitations venues de plus loin.
Les excitations venant de l'œil sont habituellement occasionnées par la lumière et, parmi celles produites à distance, on peut citer celles qui viennent du tube digestif telles que les excitations vermineuses.
Elles suivent, les unes les branches de la cinquième paire, les autres le grand sympathique et se réfléchissent sur l’iris par les branches de la troisième paire et par les filets moteurs du grand sympathique (Panas, Leçons cliniques).
Les mouvements de dilatation sont sous la dépendance du grand sympathique, mais le rôle de ce nerf n’est pas exclusifet son action ne semble pas complètement élucidée.
Pourfour du Petit, 1722, vit le premier que la section du grand sympathique au cou amenait du rétrécissement de la pupille. Claude Bernard a démontré ensuite que si l’on excitait Le bout périphérique du nerf, il se produisait de la dilatation. Le même résultat est encore obtenu par les instillations d’atropine.
Au point de vue de l’accomodation, cette fonction si importante, mais encore si peu élucidée de l’œil, Ruete, Helmohltz et de Grœfe ont nié le rôle absolu que certains physiologistes voulaient faire jouer à liris et nous ne prendrons pas part dans la discussion soulevée à ce sujet.
Combien de temps l'iris met-il à se contracter après avoir subi l’impression qui est le point de départ de Paction réflexe, chez un sujet normal ?
Donders a vu que la durée qui existe entre l'impression produite par la lumière sur la rétine et le resserrement irien était de 0,49 de seconde. Pour le même auteur, la durée de la contraction n’est que 0,09 de seconde. De Arlt, en 1869, a obtenu des résultats à peu près analogues.
Les résultats présentent un certain intérêt à l’expert qui, en constatant la paresse de l'iris qui n’obéira que lentement à l'excitation brusque, pourra souvent conclure à un état pathologique des membranes profondes, ou des organes intérieurs, sur lesquels, par suite de cette simple observation, il devra naturellement concentrer son attention.