CHAPITRE II MODE D'EXPLORATION — IDENTITÉ
SI — Mode d'exploration
L’examen du mode de fonctionnement de l’iris, comme l'étude de son aspect que modifient à l'infini les processus pathologiques, pouvant, comme nous venons de le voir, être utile à l'expert, comment cet examen devra -til être pratiqué ?
Pour procéder à une exploration minutieuse, on devra avoir recours à l'éclairage oblique.
Pour ce faire, on concentrera les rayons d’un foyer lumineux placé latéralement sur l'œil du patient au moyen d’une loupe tenue d’une main, tandis que de l’autre on grossira l’image avec une seconde lentille biconvexe.
Le foyer devra être assez intense et, autant que faire se pourra, émaner d’une lampe modérateur ou d’un bec de gaz, bien qu’à la rigueur on puisse se contenter de la flamme d’une bougie. L’examinateur, toujours directe-
Loi ment placé en face du malade, lui recommandera de tourner son regard dans tous les sens, et fouillera ainsi très facilement la chambre antérieure.
C’est surtout en procédant à l’examen fonctionnel, après avoir étudié l’apparence de l'iris qu'il faudra avoir présente à la mémoire la physiologie de l’organe.
Si, par exemple, l'expert a en face de lui un individu qui, sans lésion appréciable, se plaint d’une perte absolue de la vision, la première recherche à faire sera de voir si le passage brusque de la pleine lumiere à l’obscurité, ou inversement, provoquera les mouvements de contraction ou de dilatation.
C'est là. sans doute, un excellent moyen à employer; mais les résultats obtenus n'auront de valeur, que si l’expérience est faite sur chaque œil comparativement et isolément. En effet, si on se contentait d'examiner les mouvements iriens, en faisant ouvrir ou fermer les deux yeux à la fois, on constaterait des modifications pupillaires dans l’œil le plus absolument amaurotique, et par suite, d’une fausse interprétation des phénomènes, on pourrait être tenté de croire à la simulation et supposer que ces mouvements tiennent à une impression lumineuse perçue par la rétine, mais inavouée par le malade, tandis qu’au contraire, l’origine de ces mouvements est due à la synergie des deux membranes. L’œil sain quoique percevant seul l'impression lumineuse, dans ce cas, réagit sur son propreiris et lui imprime des mouvements qui se reproduisent du côté amaurotique malgré l’absence de l’excitant rétinien de ce même côté.
Quand au lieu de rechercher le fonctionnement de ce diaphragme, l'expert demandera des renseignements sur
hr — la nature d’un traumatisme, il y trouvera parfois un pré cieux témoignage et il nous suffit pour en donner idée de rappeler une observation de la thèse de M. Penet (p. 64), qui montre tout le parti qu’à su tirer M. le professeur Gayet d’un examen attentif de cette membrane. Il a pu déterminer l’heure du traumatisme, la situation récipro que de deux personnages, et deviner que le blessé devait, au moment de l'accident, porter des lunettes. Enfin nous croyons devoir rappeler ici que l’iridodo-nésis est un symptôme de grande valeur, comme signe d’une luxation du cristallin.
S 11. — Identité
L'identité, d’après l'excellente définition qu’en a donnée notre maître M. le professeur Lacassagne, consiste dans la détermination de l'individualité d’une personne.
Les jurisconsultes sont quelquefois appelés à décider si une personne est réellement la même que celle qui a disparu et que l’on cherche. Nous ne croyons pas devoir mentionner les diverses circonstances où une semblable question peut être agitée. L’examen de certains faits propres à l’éclairer, et qui sont du ressort de la médecine, doit seul nous occuper ici.
Les articles 319, 320, 321, 823, 325, 841, du code civil régissent ces questions d'identité.
La membrane irienne, par le fait de sa situation anatomique, de sa coloration presque mvariable chez le même sujet et, grâce surtout aux modifications pathologiques et congénitales qu’elle préser'* souvent, est d’un grand se-