V..., Elisabeth, âgée de 31 ans, d'un tempérament
' (1) Ce caa remarquable a été suivi également par l'auteur de ce traiiû].
lymphatique, entre à l'hôpital Saint-Pierre le 24 mai
Cette fille placée d'abord dans les salles des vénériennes libres, comme atteinte de syphilis constitutionnelle, et soumise au traitement antisyphilitique, contracte une affection oculaire pour laquelle elle est renvoyée dans les salles des ophthalmiques, service de M. le Dr Thiry.
En fait de commémoratifs, la malade présente, un chancre terminé par induration à la grande lèvre droite, syphilides papuleuses disséminées à la surface du corps, masque syphilitique, alopécie.
C'est l'œil gauche qui est entrepris. Les symptômes réactionnels sont assez intenses, la malade ressent des douleurs périorbitaires vives, l'épiphora, la photophobie sont très-marqués ; il existe du blépharo-spasme.
Réaction fébrile, embarras des voies digestives.
Injection de la conjonctive oculaire et palpébrale, couronne vasculaire péricoméenne très-apparente, léger trouble de l'humeur aqueuse.
L'iris gauche a ime coloration d'un jaune terreux, sale, contrastant avec la teinte grise de l'iris sain. Le bord pupillaire est déformé et présente plusiet4/rs petites tmnewrs à^wnt coloration grisâtre et qui font ime légère saillie dans l'aire de la pupille.
La vision est considérablement diminuée de ce côté.
Traitement : L'hypérémie gastrique est combattue par la diète et l'administration d'un éméto-cathartique.
Collyre au sulfate d'atropine, frictions mercuriobelladonées au pourtour de l'orbite.
Lorsque l'embarras des voies digestives est dissipé, la malade est soumise au traitement antisyphilitique,
pilules de Dupuytren, frictions mercurielles sur les membres, bains, tisane de Feltz.
Le 29 juin la malade guérie de son affection oculaire, sort du service des ophthalmiques (1).
Observation IV.
Iritis syphilitique, — Développement du syphilioma sous forme d'une tumeur volumineuse arrivant presque à toucher la cornée, — ^ Traitement mercuriel. — Guérison, (2).
Fanny X..., domestique dans un établissement de restaurateur du quartier du Palais-Royal, m'a été adressée le 2 avril 1847. Dix jours d'un traitement antiphlogistique et antisyphilitique suffirent pour le retour de la teinte normale de l'iris gauche, et la résolution complète d'un énorme bourrelet tuberculeux d'u/n jaune-rougeâtre qui, occupant les trois quarts au moins du cercle pupillaire de l'iris, touchait presque à la face postérieure de la cornée. L'iritis chez cette fille avait surgi comme accident concomitant des syphilides.
Chose remarquiable ! bien que l'intensité en fût trèsgrande, la malade n'éprouvait pas de douleur, jouissait d'un sommeil tranquille, et avait longtemps continué son service dans cet état ; elle ne l'interrompit que sur mes instances.
(1) Cette observation ainsi que la précédente, sont extraites du registre d'observations des ophthalmiques, hôpital Saint-Pierre, service de M. le D' Thirj.
(2) Gazette médicale de Paris, 1848, n° 1 ; sur les Affections syphilitiques de Vœil, par Ch. Deval.
Observation V,
Iritis syphilitique, — Développement sur le bord pupillaire du
syphilioma sous la forme d'une élévation d'un jaune-rougeâtre, — Traitement mercuriel. — Guérison (4). (Planche 2, fig. 1).
Le 2 avril 1834, M. H..., militaire, âgé de trente-deux ans se présente à ma clinique. Il est affecté d'iritis de l'œil gauche avec déformation de la pupille, dont la partie supérieure interne forme un angle aigu dirigé fortement en haut et en dedans. L'iris par cela même est devenu plus étroit dans sa partie supérieure et interne; à la base de l'angle formé par la pupille existe ime petite adhérence blanchâtre entre la marge pupillaire et la capsule cristalline. Tout l'iris est décoloré et a presque entièrement perdu sa texture striée, le petit cercle a pris une teinte violacée très-prononcée, tirant sur le cuivré; sur le bord pupillaire inférieur on reconnaît tme élévation rouge, jaunâtre dans quelques points, de la nature de celles que Von a appelées condylorries de F iris. La cornée, la conjonctive et la sclérotique sont saines, il n'y a pas de photophobie. Le malade a tous les soirs, depuis neuf heures jusqu'après minuit des accès très-violents de douleur dans l'arc sourciller et le front, au-dessus de l'œil malade. La vue est trouble.
Ces symptômes ne permirent pas de méconnaître une iritis syphilitique dont le diagnostic fut d'ailleurs confirmé par les commémoratifs.
(1) Cette observation, rapportée ici en résumé, est extraite de V Iconographie ophthalYnologiqv^^ du D"" Sichel, p. 186 ; planche XIU, ûg. 3 et 4.
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, qrra^ômenf : saignée ; application de vingt sangsues à l'apophyse mastoïde gauche; frictions mercurielles périorhit9»ires ; calomel à dose altérante : im centig. avec autant d'opium brut six à huit fois par jour.
Le 9 avril, c'est-à-dire sept jours après, le malade se représente au docteur Sichçl,
L'œil malade offre les syn^ptpï^es suivants : injection cçnjonctivale ; anneau rouge périkératidien ; photp^ phobie, lariaoiemçnt.
L'altération de la couleur et de la structure de î'iris a augn^enté. Le gra^d qei:*cle a pris une nuance plu^s verdâtre, le petit cercle une teinte violacée bien, toaacjiée ; leur surface a perdi;i son éclat vif et est deve^u^a terne. Exsudation fibro-albumineuse à la surface de l'iris. L'élévation existant sur le milieu du bord pupillaire inférieur persiste, elle est moins circonscrite, plus flpconneuse, d'une teinte plus rouge, jaunâtre à son sommet, et commence à ressembler plutôt à un abcès qu'à une végétation syphilitique. Déformation pupillaire ; la pupille est en partie obstruée par la tumeur ; la marge iridienne est bordée de stries blanches irrégulières, produites par l'épanchement d'une matière fibroalbumineuse sur la capsule du cristallin et à la face postérieure de l'iris»
La douleur frontale a diminué; la vue est presque nulle.
Sichel attribue l'apparition des symptômes réactionnels à un refroidissement résultant de ce que le malade se serait exposé à un courant d'air.
Traitement : Frictions mercurio-belladonées périorbi^ taires, calomel à l'intérieur et quelques jours après sublimé corrosif (5 milligrammes jusqu'à 2 à 3 centi-
grammes par jour). Tisane sudorifique de salsepareille et douce amère.
Sous l'influence de ce traitement, les symptômes ne diminuèrent que lentement. L'élévation que je présumais être u/n abcès commençant ne se rompit point, elle s'affaissa et disparut insensiblement.
Un an après, Sichel revit le malade ; il était parfaitement guéri; le bord supérieur interne de la pupille conservait seul quelques inégalités blanchâtres.
Béflexion de V auteur. Cette observation nous offre la marche caractéristique de l'iritis syphilitique. Développement lent, insidieux, presque dissimulé pour le malade, du syphilioma ; point de symptômes réactionnels si ce n'est la douleur nocturne ; un peu de trouble dans la vue. Puis apparaissent enfin les symptômes phlegmasiques, déterminés par la présence de l'altération syphilitique et qui, en peu de jours, acquièrent toute leur intensité. Cette observation nous montre aussi que la couleur jaune de la tumeur ne doit pas en imposer et la faire prendre pour im abcès.
Obsekvation VI.
Iritis syphilitique, — Développement du syphilioma — Traitement mercuriel, — Guérison (4). Planche //, fig. 2.
Le 14 janvier 1840, M. C..., étudiant, âgé de vingt ans et demi, tempérament lymphatique, est présenté à M. Sichel.
(1) Cette observation est extraite de VIconographie ophthalmologique du docteur Sichel, p. 128, planche XIII, f . 5 et 5 a. Nous en donnons le résumé.
Au mois de juin de l'année précédente, ce malade atteint de chancre terminé par induration, a été soumis au traitement mercuriel (proto-iodure de mercure). Le traitement n'a été suivi que pendant cinq semaines. En septembre, apparition dWe éruption cutanée contre laquelle il n'est dirigé aucune médication. En décembre, le malade est pris d'une ophthalmie légère de l'œil droit qui est combattue par une application de sangsues, un purgatif; collyre astringent. Le mal ne cédantpas, le sujet vint trouver M. Sichel le 14 janvier.
Au premier coup d'œil, on aperçoit une injection légère de la conjonctive et du tissu cellulaire sousconj onctival. La pupille est tiraillée en haut et en dedans. L'iris est sain dans presque toute son étendue; son petit cercle est décoloré seulement dans sa partie interne et présente en haut et en dedans une élévation de près de trois millimètres et demi de longueur verticale sur deux millimètres de largeur horizontale. Cette petite tumeur est de forme ovalaire, d'une teinte jaunâtre purulente sur son bord externe, d'une couleur rouge cuivré et d'im aspect tomenteux sur sa partie interne et surtout inférieure ; injection zonulée périkératique.
Un traitement antiphlogistique et antisyphilitique énergique est prescrit par M. Sichel; vingt sangsues au-devant de l'oreille droite, cinq centigrammes de calomel quatre fois par jour pendant trois jours, onctions mercurielles périorbitaires ; le quatrième jour, purgatif, nouvelle application de quinze sangsues. Le cinquième jour, le malade commence l'usage des pilules de sublimé corrosif; régime sévère; repos des yeux, se tenir chaudement ; éviter la lumière. Tisane de salsepareille, douce-amère et bardane.
Six jours après le commencement du traitement présent, lequel donne lieu à quelques prodromes de salivation, M. G... voit beaucoup mieux de son œil malade. L'excroissance est affaissée ; elle a pris une teinte grisâtte. Une petite tâche pigmenteuse siège à la partie inférieure interne de la pupUle. Le trouble de la cornée et les petits points brunâtres ont encore augmenté.
24 janvier. Le malade voit de mieux en mieux. L'excroissance est encore plus affaissée; la couleur normale de l'iris se prononce de plus en plus ; la pupille est toujours un peu déformée du côté interne, mais moins qu'à la dernière visite.
31 janvier. Le malade est guéri; cependant la vue est toujours un peu trouble, la pupille encore légèrement resserrée et déformée. L'iris revient davantage à sa couleur normale. Les petits points remarqués dans la cornée persistent.
M. G... continue le traitement mercuriel et l'usage du collyre ; H cesse cependant le premier un peu plus tôt que nous ne le désirons et avant d'avoir ressenti aucun prodrome de ptyalisme. Aussi éprouve-t-il, au bout d'un mois, une rechute d'iritis syphilitique du même œil, moins fortement prononcée, qui" guérit par l'emploi des mêmes moyens continués pendant douze jours et poussés cette fois jusqu'aux signes précurseurs manifestes de la salivation. La cure est terminée par l'usage interne de l'iodure de potassium.
Observation VIL
Nous avons vu en parlant des caractères 8f)écifiquës de l'iritis syphilitique qu'ils n^appàrâisfeent pàé tdti-
jours avec le même degré de développement. Ds peuvent se dissimuler dans l'épaisseur du parenchyme kidien jusqu'à ce que l'exagération de leurs éléments les révèle à la surface de l'iris.
En effet lorsque l'iritis est à sa pr^nière période, elle ne se trahit quelquefois par d'autres phénom^es que les symptômes réactiounels déterminés par le développement dans un ou plusieurs points du parenchyme iridien, des éléments histologiques de la diathèse. L'iris se d^orme, son hord libre plus épais semble renversé en dedans; il n'y a que peu ou point de douletti^. Bientôt les modifications de texture de l'iris, provoquent une réaction locale plus ou moins vive et parfois générale. Les vaisseaux périkératidiens s'injectent ; la circulation veineuse est ralentie ; de là coagestion^ surtout dans les vaisseaux veineux. Le liquide de la chambre antérieure se trouble; la vision est moins nette. Le malade ressent une céphalalgie périorbitaire plus ou moins intense, subissant quelquefois des exac^bations le soir et la nuit.
Or, le mal peut se borner à ces phénomènes ; c'est ce qui arrive lorsqu'on dirige un traitement énergique contre la syphilis dès son début; ces manifestations peuvent être enrayées dans l'iris pendant qu'elles sont combattues dans toute la constitution. Maie si la médication est insuffisante, mal observée par le malade, ou bien enfin s'il n'y en a point, la syphilis poursuit ses ravages dans toute l'économie. et ses manifestations apparaissent alors dans l'iris, avec les caractères que nous avons spécifiés.
Il résulte de ces considérations que pour diagnostiquer une iritis syphilitique, il ne faut pas toujours invoquer la présence du syphilicana sous forme de tumeur ;
il suffit que son existence se révèle par des troubles qui attestent son influence irritative, l'efficacité du traitement spécifique ne tardera pas d'ailleurs à confirmer la diagnostic.
A l'appui de ces considérations nous rapporterons l'observation suivante :
Le nommé V , André, âgé de 40 ans, tempérament
lympliatico-sanguin, d'une constitution assez robuste, entre à l'hôpital St-Pierre le l^r mars 4871 .
Ce sujet est atteint de syphilis constitutionnelle; il présente dans la rainure glando-préputiale l'induration vérolique initiale dure, volumineuse, parfaitement caractérisée. La peau (notamment celle du front) est recouverte de petites élevures dures et solides, peu saillantes au-dessus du niveau de la peau, d'un rouge sombre, constituées par le fibro-plasme spécifique. EUes représentent cette manifestation cutanée de la syphilis qui est désignée sous le nom de Lichen syphilitique. — Développement des ganglions inguinaux et cervicaux.
Le malade fut immédiatement soumis au traitement antisyphilitique; on lui prescrivit matin et soir ime cuillerée à bouche de la liqueur de Van Swieten (chaque cuillerée représente environ 1 5 milligrammes de sublimé corrosif).
Vers la fin du mois de mars, une certaine amélioration s'était déclarée chez ce sujet; les manifestations syphilitiques commençaient à s'affaisser ; l'état général devenait meilleur, lorsque le malade se plaignit im matin d'un sentiment de gêne dans l'œil droit; la lumière lui faisait mal. Bref, il ne tarda pas à présenter tous les symptômes d'une iritis. Quelques jours après, l'œil gauche s'entreprenait à son tour, et le 9 avril, jour où je dus à l'obligeance de M. Thiry de pouvoir
examiner ce malade, je constatai les symptômes suivants :
lo État général.
Les éy^Mlides papuleuses ont disparu en partie de la surface du corps, laissant à leur place des maculatures brunâtres; elles existent encore au front, mais sont affaissées; leur couleur d'un rouge sombre persisté. L'iùduratioû a diminué de volume, mais est toujours parfaitement appréciable; elle a le volume d'une petite noisette; les ganglions inguinaux et cervicaux sont encore durs et assez développés.
2o Etat des organes de la vision.
A. — (Eil droit; c'ert celui qui a été primitivement atteint.
Symptômes subjectifs. — Céphalalgie sus-or bitaire intense, s'irradiant sur le trajet des nerfs frontaux et sus-orbitaires ; la pression sur le nerf sus-orbitaire est particulièrement douloureuse; les douleurs se font sentir d'ailleurs dans toute la partie de la face correspondante, jusques dans les gencives.
Ces symptômes s'exagèrent le soir et la nuit et privent le malade de sommeil. Le soir il est pris de frissons qui sont suivis de sueurs assez abondantes; vers le matin, le calme revient en grande partie.
Sentiment de chaleur, de pesanteur dans l'œil; la photophobie et le larmoiement sont intenses ; la vision est considérablement diminuée.
Symptômes objectifs. — La conjonctive est injectée;
^rV^fSÊtm u lu i
elle présente une coloration d'un rouge violacé ; elle est légèrement boursoufflée.
L'injection scléroticale est prononcée; l'anneau périkératidien très-bien marqué, présente les deux plans de vaisseaux que nous avons signalés.
L'iris est terne; sa coloration est altérée surtout vers le bord interne ; le petit cercle présente une teinte rouillée fort bien marquée et due à de nombreux vaisseaux très-apparents. La surface de l'iris est lisse ; elle présente seulement par-ci par-là quelques petites tâches jaunâtres.
Le parenchyme iridien, pénétré des éléments histologiques provenant de l'induration, est augmenté en épaisseur. L'iris a perdu en grande partie sa mobilité; la pupille considérablement déformée, est fortement contractée, à peine sensible à l'action de la lumière et de l'atropine.
La petite circonférence est plus épaisse; elle semble renversée en dedans.
La face postérieure de la cornée a perdu de sa transparence; l'humeur aqueuse est légèrement trouble; le champ pupillaire est nuageux.
B. — Œil gauche. L'iritis s'est déclarée depuis cinq jours, huit jours après l'œil droit.
lo Les symptômes subjectifs sont moins intenses qu'à droite ; il n'y a presque point de douleurs ; le larmoiement, la photophobie sont beaucoup moindres; la vision est en revanche fort diminuée.
2o Symptômes objectifs. L'iris présente à peu près les mêmes caractères qu'à droite. La pupille est plus déformée par suite des dépôts plastiques qui se sont formés dans le parenchyme iridien et au rebord pupillaire; ce rebord est épaissi, surtout au côté externe où cet épais-
sissement est bien visible sous forme d'un petit point faisant saillie.
Comme à droite l'humeur aqueuse est légèrement trouble; le champ pupillaire un peu nuageux.
Ces phénomènes oculaires sont accompagnés d'une réaction générale que nous avons signalée; le malade est pris le soir de frissons qui sont suivis de sueurs abondantes et d'exacerbation dans les symptômes douloureux; le sommeil est presque nul; embarras des voies digestives.
Les fonctions visuelles sont considérablement affaiblies, aa point que le malade se plaiat d'y voir à peine pour se conduire.
Se basant sur les considérations que nous avons énoncées en tête de cette observation, M. Thiry avait diagnostiqué une iritis syphilitique ayant successivement envahi les deux yeux. Le traitement antisyphilitique, quoique institué près d'un mois avant l'époque de l'apparition de l'iritis, n'avait pas empêché celle-ci d'éclater, mais à la date où le malade nous était présenté, c'est-à-dire douze jours environ après le début de la maladie, la médication n'avait pas encore permis, aux éléments histologiqùes provenant de l'induration, d'apparaître dans l'iris avec leur aspect caractéristique.
D'un autre côté, il n'était pas impossible qu'ime cause secondaire fût ici intervenue, ce qui n'est pas rare aiasi que nous l'avons signalé dans l'étiologie de l'iritis syphilitique. Or, la température froide et humide que nous subissions dans ce moment et à laquelle le malade s'était très-probablement exposé dans les corridors ou les cours de l'hôpital, pouvait fort bien avoir été l'origine du mal dont tla syphilis s'était immédiatement emparée, mais
(jlfl^ïjb Içp iïi9J^;f|efitatpn? se trouvaient eiirayé^s par 1^ traitement institué depuis près d'un mois. Cq qui rendait pettp hypothèse fort probable , c'était l'intensité des symptômes phlegmasiques qui avait même du retentissement sur l'écononaie.
Quoiqu'il ejx fat, dès l'apparition de la phlegmasie ACttl^'ire le tr^itemeut antisyphilitique avait été augmçfîité en énergie. Outre r^dministratipn de la liqueur d,ç Vjan Swieten, des frictions mercurielles sont pratiquées à la partie interne des membres et alternent avec m3^î]B(^; de^ ojactions merçurio-belladonées périorbitairçs soj^t faites matin et soir ; quatre fois par jour on instille du collyre au sulfate neutre d'atropine. Poijit d'évacuations sanguines, point de révulsifs ni de dérivatifs.
A h date du 19 avpl^ voici l'état dans lequel je trouvg,is le malade (10 jours après le 1er examen). • Amélioration considérable des symptômes objectifs et subjectifs desdeip: yeux; cette amélioration coïncide a^vec celle des manifestations cutanées de la syphilis qui ont encoye npt^-blement diminué et qui à la face, où ejdp» peiiTBistaient en dernier lieu, ne se trahissent plus çme paj: quelques tâches d'un rouge sombre. Les douleurs ont complètement disparu; le malade a récupéré le sommeil et l'appétit.
Il n'y a plus de photophobie ni d'épiphora. L'injection conjonctivale n'existe presque plus; l'anneau périkératique est beaucoup moins apparent. L'iris droit a ^repr js quelque peu son aspect luisant ; son petit cercle présjBnte encore mais à un degré moindre, la coloration yppiiléç que nous avons signalée ; les vaisseaux qui le parcourent sont maintenant bien distincts; autour du
petit cercle, on aperçoit même des points rougeâtres formés par du sang épanché.
La pupille est tQujours fortement contractée; elle est déformée et présente une forme ovalaire. Le champ pupillaire est plus net; la vision meilleure.
L'œil gauche qui s'est entrepris le dernier, présente une injectiou conjonctivale et scléroticale plus prononcée qu'à droite. Du reste, mêmes symptômes objectifs que de ce côté ; pupille ovalaire, contractée.
21 Avril. — Œil droit : Faimeau péricornéen est très-peu apparent; plus ij'injection conjonctivale. La coloration rouillée du petit cercle indien a pâli, el\e ept d'un jaune-orange. La pupille encore légèrement déformée, est plus mobile.
Œil gaicche : L'injection cQnjonctiyale Qt sclérotipale est un peu plus prononcée ; même décoloration du petit cercle et même déformation pupillaire.
La vision est encore trouble, mais s'est encore améliorée depuis la date du 19.
Plus de traces de photophobie; la santé du malade est excellente
1er Mai. — Les symptômes réactionnels ont disparu des deux côtés.
L'œil gauche a repris en apparence son aspect normal; l'iris a récupéré presque toute sa mobihté; la pupille est de forme circulaire.
La vision est bonne.
A droite^ l'iris est mobile aussi, mais présente encore une légère déformation. Chose remarquable, on aperçoit manifestement et émergeant du bord pupillaire, à sa partie externe, trois petites élévations de forme triangulaire, à sommet dirigé vers le centre pupillaire^
et dont la coloration brunâtre, sombre, ressort dans le champ noir de la pupille.
La vision est moins bonne de ce côté.
L'état général du malade se maintient dans des conditions favorables.
8 Juin, — L'iris a repris son aspect et sa coloration normale des deux côtés. Les pupilles sont encore légèrement déformées ; elles sont dilatées par l'atropine. Le champ pupillaire apparaît sous son aspect d'un noir velouté; seulement il reste encore quelques traces des prolongements brunâtres que nous avons observés à droite le 1er Mai. Plus (Je symptômes réactionnels.
La vision est excellente, au dire du malade.
n accuse un peu de larmoiement par l'action brusque d'une lumière très- vive.
fLessyphilides cutanées ont disparu; l'induration seule persiste dans la rainure glando-préputiale, mais a considérablement diminué de volume.
L'état général est bon.
Le sujet continue le traitement.
Observation VIII.
Nous avons vu que les différentes parties de l'iris peuvent devenir le siège du développement du syphilioma; nous avons cité en premier lieu les couches superficielles de la membrane indienne, et nous avons dit qu'il s'y manifestait sous l'aspect de tâches d'une coloration qui varie du gris au jaune (1). Nous rapportons comme exemple de cette localisation particulière de l'élément
(1) La figure 3, planche II, montre un exemple de cette forme de la manifestation syphilitique; elle est extraite de Touvrage de Wharton Jones,
histologîque de la syphilis, l'observation suivante que nous devons à l'obligeance de M. le professeur Thiry.
Le nommé X...., âgé de 32 ans, d'une constitution robuste a été infecté, il y a cinq mois de chancre uréthral ^ siégeant au méat urinaire ; ce chancre s'est terminé
par induration.
Après avoir suivi différents traitements, irrégulièrement observés, qui n'eurent guère d'influence sur les accidents syphilitiques qui se manifestèrent dans ce laps de temps, le malade fut atteint d'une affection oculaire pour laquelle il recourut le 3 mai aux soins d'un médecin. Or, celui-ci méconnut la syphilis ; aucun traitement général ne fut institué, quelques moyens thérapeutiques furent seuls dirigés contre l'affection oculaire. Voici d'ailleurs l'état dans lequel se trouvait le malade le 15 mai, jour où il vint me voir pour la première fois.
Au méat urinaire je constatai l'induration par laquelle le chancre s'était terminé ; syphUides papuleuses disséminées sur la surface du corps ; développement manifeste des gangUons inguinaux et cervicaux.
Iritis syphilitique bien caractérisé de l'œil gat^he, et dont voici les symptômes.
Les symptômes subjectifs sont peu marqués, peu de douleiu* etd'épiphora; légère photophobie.
Les symptômes objectifs, outre l'injection conjonctivale et le cercle vasculaire périkératique bien dessiné, étaient surtout remarquables par l'existence à la surface de l'iris d'exsvdats formant des tâches d'une coloration jaunâtre de la largeur d'un grain de millet, parfaitement apparentes, occupant la partie inférieure de l'iris et provenant du dépôt en ces points des éléments histologiques de la syphilis. La pupille était dé-
formée, dilatée par l'usage de l'atropine. Le liquide de la chambre antérieure, avait perdu de sa limpidité, et par suite le champ pupillaire apparaissait sous un aspect trouble, sale. Les fonctions visuelles étaient altérées du côté malade.
Le doute n'était pas possible sur la nature de l'aifection. Le malade atteint de syphilis, présentait dans l'iris la manifestation parfaitement caractéristique . de la diathèse.
J'avertissai immédiatement le malade des dangers sérieux que courait l'organe visuel s'il persistait dans sa négligence à se traiter et outre la médication spécifique consistant dans les pilules de sublimé opiacées, les ôictions mercurielles à la partie interne des membres alternant avec les bains, je prescrivis la continuation du ôoUyre au sulfate neutred'atropine et les frictions périorbitaires mercurio-belladonées, en recommandant le repos complet de l'œil affecté.
Le malade vint me revoir le 26 mai, et je constatai une amélioration considérable non-seulement dans les manifestations constitutionnelles, mais aussi dans les symptômes oculaires.
Les accidents syphilitiques cutanés avaient notablement diminué.
Les manifestations syphilitiques indiennes caractérisées par les tâches jaunâtres si apparentes dix jours auparavant, sont en voie dé résolution.
La petite circonférence de l'iris est presque régulière. La pupille est très dilatée par l'action de la belladone ; l'humeur aqueuse a repris de sa limpidité et par suite la cornée est plus transparente, et le champ pupillaire tout-à-fait libre, reparaît en partie sous son aspect d'un noir velouté.
Les fonctions visuelles sont également améliorées. En somme, l'affection oculaire a éprouvé ime amélioration qui est en rapport avec celle de l'état général. Le malade nous affirme avoir suivi rigoureusement le traitement.
Vu le succès obtenu, je persiste dans les mêmes moyens thérapeutiques qui, tout le fait augurer, doivent conduire à la guérison.